dimanche 28 novembre 2010

MALHORNE : LA MATIÈRE DES SONGES


MALHORNE : LA MATIÈRE DES SONGES

Tout a commencé avec la découverte, par l'ethnologue Franklin Adamov, d'une statue en Amazonie. Puis, la rencontre inoubliable avec Malhorne, l'horreur de sa disparition, le retour d'Ilis et la révélation d'Anasdahala, la reine sumérienne aux deux visages. Eternels, ils perpétuent le souvenir d'un secret enfoui depuis près de quarante mille ans : l'Aratta, le pouvoir des eaux du monde, la matière des songes. Un trésor inestimable dont ils ont oublié jusqu'aux origines. Car de l'évolution des espèces à la naissance des religions, de l'extinction des hommes de Neandertal aux civilisations disparues, des mystères de l'univers aux arcanes de l'inconscient collectif, toutes ces énigmes trouvent leur réponse dans l'Aratta. A présent, Franklin et ses compagnons n'ont jamais été aussi proches de l'ultime vérité. Mais un homme veille. Un meurtrier sanguinaire qui n'a pas intérêt à ce que l'Aratta soit révélée à la multitude. Un monstre capable de semer la terreur et la mort aux quatre coins de la planète. Alors, pour tenter de donner une dernière chance à l'humanité, Franklin Adamov devra faire des choix, fuir ou se battre, tuer et peut-être même mourir...

Et voilà, comme dirait l’autre, « toutes les bonnes choses ont une fin », et avec ce quatrième tome, j’ai finalement mis fin a la lecture de cet excellant cycle qu’est Malhorne, un cycle qui m’aura occupé bon nombre de soirées, mais aussi de journées, qui m’aura accompagner dans les transports, au travail même et qui m’aura parfois laisser sur les rotules, un cycle qui aura marquer les mois d’octobre et de novembre, bref, cette fin d’année qui n’en a plus pour très longtemps et un cycle qui pourrait très bien être le meilleur qu’il m’aurait été donné de découvrir en 2010 ; sur ce point, c’est loin d’être gagner car la « concurrence » fut rude, un peu comme d’habitude, mais incontestablement, la tétralogie de Malhorne aura été au-delà de mes espérances. Cela est un fait net et précis sur lequel je ne reviendrais pas, mais cela, les habitués du blog l’auront compris. Cependant, même si j’ai l’air de débuter par la conclusion, je ne ferais pas l’impasse d’une petite critique de cet ultime tome, La matière des songes.

Il en aura fallut du temps pour arriver a cette conclusion tant attendue, du temps et un sacré nombre de pages puisque chaque tome comprenait environ près de sept cents pages, ce qui est notable (même s’il existe plus long, j’en conviens). Mais le plaisir, et il fut grand, ressentit tout au long de la lecture de ce cycle, déjà présent au cours des trois premiers tomes aura une fois de plus été au rendez vous de ce final qui marquera incontestablement les esprits de tous ceux qui auront apprécié l’œuvre mystico-fantastique de Jérôme Camut. Bien évidement, qui dit dernier tome, dit forcement réponses a toutes les questions en cours, a toutes les intrigues, mais aussi, ne l’oublions, qu’adviendra t’il des protagonistes, et ils sont légions, que l’on suit depuis les débuts ou qui sont apparus en cours de route. Et forcement, pour ne pas déroger a la règle, je vous rassure tout de suite, Jérôme Camut va au bout des choses et le lecteur, sur ce point, sera amplement satisfait : s’il cherchait des réponses, cette fois ci, il les aura, toutes, ou presque, ce qui nous change de certaines œuvres au final plus ou moins obscur qui nous laisse un peu sur notre faim ; avec Malhorne, aucun soucis a l’horizon (car je part du principe qu’un individu normalement constitué, s’il n’apprécie pas un cycle n’ira normalement pas jusqu’au bout, a moins d’être limite « maso », mais bon, les cas existent), vous allez en avoir pour votre argent et ce quatrième tome vous comblera au moins sur ce point.

Oui, sur ce point car il y a tout de même un mais. Bien évidement, chacun peut se faire une idée selon ses propres gouts et aspirations à espérer une fin qui le comblera plus qu’une autre, bien évidement, cela n’arrive pas forcement toujours et ce fait ne peut remettre en cause la qualité intrinsèque d’une œuvre, que quelle soit. Cependant, dans le cas présent, je ne peux m’empêcher de souligner quelques points qui, a défaut de me faire changer d’avis quand a mon ressentit final, m’auront tout de même chagriné : tout d’abord, j’ai trouvé regrettable que, alors que Camut nous ait inventé tellement de protagonistes au fil des différents tomes (et en plus, il se permet le luxe d’en sortir d’autres, au demeurant pas franchement utiles, au contraire, dans ce dernier tome), ceux-ci soient expédiés ad-patres en quelques lignes au fil des pages ; si certains ont droit a un traitement de faveur quand a leur mort, pour d’autres, dont certains d’une importance non négligeable et ce depuis le début, ce n’est absolument pas le cas et l’on ne peut qu’en ressentir une déception certaine devant ce fait. D’autres, apparus au fil des tomes n’auront finalement eu qu’un intérêt relatif, où n’auront guère été développés, ce qui est selon moi dommageable. Bon, cela n’enlève en rien a la qualité finale de l’ensemble et l’on peut toujours se dire que la mort est ainsi, brutale, frappant sans prévenir et n’importe qui mais mon opinion restera que l’auteur aura par ce biais chercher la solution de facilité. Autre point négatif selon moi, certains coups de théâtre, certaines révélations ne m’auront pas franchement semblé utiles, en particulier quant à la « trahison » d’un personnage de premier ordre vu que cela n’apporte rien au récit en lui même. Mais sur ce point, je n’en dirais pas plus pour éviter de trop spoiler. Et pour finir, encore et encore : Non, mille fois non, Pedro Alvares Cabral ne s’appelle pas Pablo ! Comment faire une telle erreur et persister !?

Enfin bon, j’ai l’air de trouver tous les défauts du monde et de chipoter sur cette Matière des songes mais cela est également dut au fait que jusque là, j’avais un peu occulté les quelques points faibles de la série et que je tenais à me rattraper ; de plus, mettons les choses au point tout de suite : ces quelques défauts, au final, n’en sont pas moins mineurs et ce dernier tome est tout aussi bon que ses prédécesseurs, concluant magistralement une saga qui marquera indéniablement tous ceux qui auront pris la peine de la lire de bout en bout. Car les faits sont là, bruts et incontestables : Malhorne est une sacrée bonne série, comme on n’en fait rarement et qui mérite amplement que l’on y plonge. Jérôme Camut a vraiment réussi un fort joli coup, un beau mélange des genres où l’on retrouve pèle mêle tant d’éléments passionnants comme la vie après la mort, les dimensions parallèles, les secrets sur les religions, l’existence ou non de divinités, d’autres mondes, des sociétés secrètes, un brin de polar, de SF, de romance, d’Histoire, bref, un beau mélange des genres qui aurait put parfaitement foiré mais qui fonctionne de la plus belle des manières et qui tient en haleine le lecteur du début a la fin.

Alors, La matière des songes nous apportera finalement toutes les réponses que l’on attendait, il faudra dire adieu a bon nombre de personnages que l’on avait apprécié, et avec des coups de théâtre en pagaïe, dont un, tout bonnement exceptionnel et qui me laissa coït sur le coup, il faudra s’attendre au retour d’une vieille connaissance, un certain Malhorne qui n’aurait pas encore dit son dernier mot. Le final, surprenant de part ses implications et son déroulement en déroutera probablement plus d’un mais après coup, je l’aurais trouvé excellant, de même que les dernières pages qui nous laissent entendre que malgré tout, l’Histoire n’est qu’un eternel recommencement. Bref, que ceux qui hésiteraient à se plonger dans la lecture de Malhorne ne perdent plus une minute, cette tétralogie vaut largement le coup. Et le plus incroyable, et cela sera ma conclusion, c’est que Jérôme Camut, dans son œuvre, nous aura finalement proposé une théorie, si l’on met un peu de coté Zagul, le Dieu/Dragon (quoi que) et les civilisations parallèles, pas si stupide que cela au final : cette Aratta, cette eau source de vie, ces morts qui quelque part, seraient en nous ou tout recommence, où rien ne se perd, recommence, et ben, je ne sais pas mais cela ne m’a pas laissé indifférent, bien au contraire.

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