dimanche 21 novembre 2010

MALHORNE : ANASDAHALA


MALHORNE : ANASDAHALA

Londres : le corps d’un homme assassiné est découvert dans les bas-fonds de la ville. La communauté scientifique est stupéfaite. Il s’agit d’un néandertalien, une race humaine éteinte depuis près de 40 000 ans ! Quel est ce prodige ? Europe continentale : des milliers d’hommes et de femmes disparaissent mystérieusement, rayés de la surface de la Terre. Certains d’entre eux sont retrouvés morts ou à moitié fous, une croix solaire tatouée sur le ventre. Existe-t-il un lien avec le massacre des cathares par l’Inquisition au XIIIe siècle ? Alors qu’Ilis, Franklin et leurs compagnons se sont volatilisés dans le désert turc, la quête initiée par Malhorne continue, menée simultanément par la fondation Prométhée, la police européenne et des émissaires du Vatican. Et un mot, un mythe, une réalité extraordinaire, revient sans cesse : l’Aratta. Dans ces lieux où se mêlent tous les possibles, où rôdent tous les dangers, Ilis va s’approcher de la vérité et découvrir les plus anciens secrets de l’humanité...

Indéniablement, ce qui marquera le plus les esprits dans ce troisième tome de l’excellente saga de Jérôme Camut qu’est Malhorne, restera la surprise. En effet, comment le lecteur, déjà abasourdis par les innombrables bouleversements narratifs du second volume, par tous les nouveaux protagonistes ainsi que par les révélations, mais aussi, ne l’oublions pas, tout les nouveaux mystères qui en découlent, ne pourra ne pas être totalement perdu par la première partie de cet Anasdahala au point d’y perdre quasiment tous ces repères déjà bien mis à mal jusque là. Car les faits sont là, incontestables : il m’est rarement arrivé, au cours de mes lectures, d’être a ce point balloté dans tous les sens au cours d’une saga, quel quelle soit, et pourtant, au cours de ma vie, je peux estimer en avoir lu un sacré bon nombre non négligeable. Cela montre selon moi les qualités narratives incontestables de Jérôme Camut, dont j’avais apprécié le style et les idées depuis les débuts de Malhorne mais l’on voit également que l’auteur aime complexifier au maximum son intrigue, noyant son lecteur parmi ses protagonistes innombrables (et dire qu’il y en a encore des nouveaux !), envoyant gentiment son intrigue principale dans des chemins tout bonnement insoupçonnés au départ et renouvelant sans arrêt les moult coups de théâtre tout en mélangeant les genres avec brio ; personnellement, je suis conquis, cependant, je reconnais que cette façon de faire peut en repousser plus d’un, effrayés par tant de changements ou tout bonnement perdus voir perplexes devant un énième changement de direction.

Car pour approfondir un peu ce troisième tome de Malhorne, comment ne pas revenir sur cette première partie dont je vous ai parlé plus haut ? Jusque là, nous avions, au cour de la saga eut droit a, pèle mêle : un individu non pas immortel mais eternel qui se réincarnait depuis des siècles dans différents corps tout en se souvenant de ses vies passées et qui c’était amusé a laisser, aux quatre coins du monde sept statues énigmatiques qui mirent la puce a l’oreille a une Fondation scientifique appartenant à un milliardaire américain décidé a mettre tous ses moyens dans la résolution de cette énigme, ensuite, le fameux Malhorne suicidé, celui-ci se réincarna curieusement dans le corps d’une fille, enlevée à la naissance par un sociologue (Franklin Adamov) et ses compagnons (en vrac, une journaliste, un prêtre, un moine tibétain etc.) qui partirent en vadrouille en pleine foret amazonienne avant que la Fondation ne les rattrape, ne fasse un massacre et laisse l’incarnation de Malhorne pour mort ; ensuite, un petit bon dans le temps et l’on se retrouve dans un monde digne de Big Brother, où chaque habitant de la planète se voit porter une puce cutanée, où un curieux hurluberlu fait le buzz sur le net en décriant les méfaits de l’humanité sur l’environnement et que le fils d’une ancienne adepte d’une secte de Malhorne retrouve, mais pas par hasard, celui-ci, bel et bien vivant, dans sa nouvelle identité, Ilis et ne la fasse échapper des mains de la Fondation. Et là, on comprend que Malhorne n’était qu’une face d’une personnalité bien plus ancienne, du nom d’Ethen Ur Aratta, vieille de près de dix mille ans, et qui avait fondé une civilisation près de l’ancienne Mésopotamie avant que celle-ci ne soit détruite, ce qui donna lieu à la légende du déluge universel. Et le récit, déjà complexe a la base, de partir dans tous les sens avec une organisation secrète existant depuis la nuit des temps, l’Aratta, dont on ne comprend pas bien s’il s’agit d’une personne, d’un lieu, d’une énergie quelconque, mais aussi, ne l’oublions surtout pas, le mystérieux Zagul, dont on entend parler depuis le premier tome, et qui vivait en pleine préhistoire.

Bref, comme vous pouvez le constater, les deux premiers tomes de Malhorne étaient déjà plutôt bien fournis, mais ce n’était que le début puisque, des les premières pages de cet Anasdahala, le lecteur se prend en pleine face des néanderthaliens qui vivraient encore, des humains qui semblent venir d’un autre monde, de mystérieuses disparitions qui reviendraient sans cesse de part le monde et auxquels seraient liées les… Cathares (sic !) tandis que le Vatican, lui, en saurait beaucoup plus sur le sujet que l’on pourrait le penser de prime abord. Et tout cela, c’est en gros la première partie de ce troisième tome, où l’on suit la Fondation Prométhée qui tente de résoudre tous ses mystères qui lui tombent sur le nez, mais où de nouveaux personnages font, encore, leur apparition, comme l’envoyé du Vatican où les policiers enquêtant sur les disparitions. Et là, je voue l’avoue en toute franchise, il faut s’accrocher car ce n’est pas toujours évidant à suivre, mais si l’on pouvait être dubitatif quand aux tenants et aboutissements de cette intrigue, je vous rassure tout de suite : Jérôme Camut, des la deuxième partie du roman, en ramenant sur le devant de la scène Ilis, Adamov, Milos et les autres fait le lien, et de superbe manière il faut le préciser, avec le reste de la saga, et le lecteur se surprend, une fois de plus, a ne plus pouvoir décrocher tant les révélations se font jour : vous vous demandiez ce qu’était l’Aratta ? Rassurez-vous, vous allez en avoir pour votre argent. Vous vous demandiez ce que venaient faire les Cathares la dedans, d’où pouvaient bien sortir les néanderthaliens ? Tout sera expliquer… ou presque, car toutes ces réponses, ces révélations vont tout simplement entrainer le lecteur a la recherche de nouvelles questions, encore plus primordiales que les précédentes. Et oui, il reste encore un tome !

Anasdahala est donc un excellant troisième tome et maintient dont, malgré une première partie pas évidente et tout un tas de nouveaux mystères la saga de Malhorne a un très haut niveau ; personnellement, cela faisait bien longtemps que je ne lisais pas une œuvre aussi passionnante et qui fourmille d’idées aussi intéressantes que variées ; car Jérôme Camut va loin, très loin même, et le lecteur doit s’attendre, en plus de tout ce que j’ai put décrire précédemment, a entendre parler d’inconscient collectif, de mondes parallèles, mais aussi a remettre en cause toutes les religions, sans distinction aucune tandis qu’il saura enfin ce qu’est véritablement le trait d’union des mondes. Mais tout cela n’est pas fini, loin de là, et franchement, vivement la fin du dernier tome que j’ai enfin les réponses, toutes les réponses que j’attends depuis si longtemps.

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