dimanche 14 novembre 2010

ELLE S’APPELAIT SARAH


ELLE S’APPELAIT SARAH

Julia Jarmond, journaliste américaine installée en France depuis 20 ans, enquête sur l'épisode douloureux du Vel d'Hiv. En remontant les faits, son chemin croise celui de Sarah, une petite fille qui avait 10 ans en juillet 1942. Ce qui n'était que le sujet d'un article devient alors, pour Julia, un enjeu personnel, dévoilant un mystère familial. Comment deux destins, à 60 ans de distance, vont-ils se mêler pour révéler un secret qui bouleversera à jamais la vie de Julia et de ses proches ? La vérité issue du passé a parfois un prix dans le présent...

Avant tout autre chose, c'est-à-dire, avant de me plonger dans la critique de l’adaptation cinématographique du roman éponyme de Tatiana de Rosnay, il me semble impossible de ne pas faire le lien avec une autre œuvre traitant dans les grandes lignes (car dans Elle s’appelait Sarah, ce n’est qu’un épisode, certes important j’en conviens) du même sujet, c'est-à-dire de la responsabilité française, longtemps ignorée car on n’en parlais pas, de la déportation et de la mort de milliers de juifs pendant la seconde guerre mondiale, je veux bien évidement parler de La rafle, film vu il y a quelques semaines et dont pouvez retrouvez la critique sur le lien ci-dessous :

http://feanor-journal.blogspot.com/2010/10/la-rafle-1942.html

Bien évidement, et ceux qui ont lu la critique de La rafle auront compris, j’avais été très dur envers ce téléfilm, euh pardon, ce film sensé nous émouvoir au possible sur la terrible rafle du Vél’d’Hiv’ en 1942 par les autorités françaises et sur le sort des déportés juifs, et qui m’avait, premièrement, laisser froid, mais qui par-dessus le marché, s’avérait être assez médiocre dans l’ensemble. Rassurez vous, dans Elle s’appelait Sarah, la qualité est tout autre, cependant, ce n’est pas, selon moi, une raison de sauter au plafond de joie non plus, mais je vais tenter de m’expliquer au mieux sur mon ressenti.

Tout d’abord, je connaissais par avance les grandes lignes de l’intrigue : ma femme ayant lu le bouquin cet été et me l’ayant maintes fois vanté, ce fut donc en connaisseur de la chose que je l’ai accompagné au cinéma aujourd’hui. Bien évidement, le fait de connaître certains éléments de l’histoire est un fait qui peut être a double tranchant : parfois, cela ne gène pas du tout mais cela peut être le contraire ; ainsi, l’élément le plus dramatique de l’histoire personnelle de Sarah, et lié a la mort de son frère dont elle est forcement responsable malgré elle, celui qui marquera sa vie future, sa personnalité, bref, l’élément le plus important en quelque sorte, je le connaissais a l’avance, ce qui, dans le cas présent, m’a desservi. Quelque part, j’aurais souhaité ne rien savoir à l’ avance car pour ce qui est de l’effet de surprise, on repassera… et plus j’y réfléchis, quelques heures a peine après avoir vu ce film, et plus je pense que c’est cela qui est responsable de mon ressenti final.

Car indéniablement, soyons clair : autant La rafle était médiocre, autant Elle s’appelait Sarah est un bon film, cela, je ne peux le nier. Mais quelque part, la comparaison est facile au vu du peu d’intérêt du premier citer. Cependant, comment ne pas reconnaître les qualités intrinsèques d’une intrigue captivante, émouvante, comment ne pas s’intéresser pour la quête du personnage principal, la journaliste (interprété par une Kristin Scott Thomas plus que correcte) empêtrer dans des secrets familiaux aussi lourds, comment ne pas éprouver de la compassion pour le personnage de Sarah qui, en croyant sauver son petit frère, est responsable de sa perte, comment ne pas comprendre son mal être futur, sa volonté de refouler son judaïsme au plus profond d’elle-même (et accessoirement, ce fait n’est pas inventer, cela arriva a beaucoup a l’issu de la Shoa), bref, comment ne pas se dire, en voyant cette œuvre, que oui, indéniablement, Elle s’appelait Sarah est un bon film ? De même, comment ne pas constater que les quelques minutes où l’action se déroule dans le Vélodrome d’Hiver de triste mémoire marquent bien plus les esprits que la demi-heure ou les trois quarts d’heures auxquels on eut droit dans La rafle ? De plus, comment ne pas applaudir des deux mains avec la scène où l’ancien Président, Jacques Chirac, fait son fameux discours au sujet de rafle du Vél’d’Hiv’ (bah oui, avant lui, on n’en parlait pas trop de cette sombre page de l’Histoire de France dans nos vertes contrées), et surtout, lors de la discussion entre les journalistes américains, quand l’un d’eux répondit a la judicieuse question « mais qu’aurez tu fais ? » : « et bien, j’aurais vu ca a la télé comme les morts de civils en Irak ou en Afghanistan ». Bah oui, comme quoi, de simples répliques marquent bien plus les esprits que tout un film, sensé lui nous émouvoir (sinon, on est des nazis, inutile de le citer encore une fois, vous savez de quoi je parle).

Alors, malgré toutes ces qualités que je mets en avant, pourquoi ma relative déception ? En fait, et si je mets de coté la très grosse aberration de ce film (au sujet de la fille de la journaliste, quand on l’a voit, elle a l’air d’avoir dans les 15 ans, puis, deux ans plus tard, son père nous dit qu’elle en a 14… hum, franchement, faudrait faire gaffe parfois avec le choix des acteurs) qui me fit bondir, disons que en quelque sorte, je m’attendais a un truc énorme, qui allais m’émouvoir au possible et qu’au final, bah, ce fut loin d’être le cas. De même, si certains éléments m’ont intéressé, d’autres, comme les problèmes de couple entre Kristin Scott Thomas et son mari, l’histoire du bébé que celui-ci ne désire pas etc. m’a laissé plutôt froid… Elle s’appelait Sarah est un bon film, cela est évidant, mais ce n’est pas non plus le film de l’année, bien au contraire. Je conseillerais aux amateurs du genre d’aller le voir en toute confiance, cependant, dans mon cas, je m’étais un peu trop monté la tète avant coup, d’où ma relative déception. Et comme en plus, j’avais un peu trop bien manger juste avant et que je rêvais de me mettre a l’aise au lit (au lieu de quoi, j’eu droit a une superbe minuscule salle inconfortable au possible), peut être que je n’étais pas non plus dans les meilleures conditions pour apprécier a sa juste valeur ce film… mais ceci est une autre histoire.

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