dimanche 31 octobre 2010

MALHORNE : LE TRAIT D’UNION DES MONDES


MALHORNE : LE TRAIT D’UNION DES MONDES

Tout commence lorsque l’ethnologue Franklin Adamov découvre, au fin fond de l’Amazonie, une statue du XVe siècle représentant un homme de type européen, assis, armé d’une épée; sur la garde de l’épée est inscrit un mot : Malhorne. C’est impossible... Peu après, Franklin est contacté par une fondation appartenant à un riche financier, qui lui offre des moyens illimités pour résoudre cette énigme, d’autant qu’une deuxième statue, absolument identique, est mise au jour… Qui a laissé ces signes, et pourquoi ? Alors débute une traque haletante, une quête initiatique à travers l’Histoire, les cultures et les religions du monde entier, dont l’enjeu est rien moins que l’éternité.

Deux ans et des poussières. Ce fut le temps qui me fallut pour, enfin, me plonger dans la lecture du premier tome de la tétralogie de Jérôme Camut, Malhorne. Le temps d’attendre que les autres volumes paraissent en livre de poche (je fais parti de cette espèce radicale qui, quand elle débute un cycle quelconque, qu’il soit en deux ou en trente volumes, lit tout d’un bloc), le temps aussi de finir d’autres romans, d’autres cycles, le temps, bref, d’être finalement prêt. Deux ans et des poussières donc, mais deux ans où je n’ai jamais oublié totalement ce fameux Malhorne, et encore moins le synopsis de celui-ci : cette fameuse histoire où un homme traverse les époques, se réincarnant au fil du temps et se souvenant a chaque fois de ses vies passées. Pourquoi ? Dans quel but ? Eternelles questions qui m’ont longtemps hanté, et qui me hantent encore d’ailleurs, étant actuellement plongé en plein tome 2, et dont j’ai hâte de savoir le dénouement et les explications a tous ces mystères, mais pour cela, j’ai encore le temps.

Car indéniablement, et sans exagération aucune, mon attente aura été récompensée car a mes yeux, et pour ce que j’en ai lu jusqu’à maintenant, Malhorne est l’un des bouquins les plus captivants qu’il m’ai été donné de découvrir depuis belle lurette ; cette fois ci, pas de grand cycle connu de tous, pas de monument de la SF ou de la Fantasy style Elric ou Fondation, non, dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui, un auteur, Jérôme Camut donc, français de son état, et un cycle certes connu des amateurs du genre mais pas plus que ca non plus. Et puis, pour ce qui est de la SF et la Fantasy, mettons les choses au point tout de suite : ni vaisseaux spatiaux, ni dragons, ni magie quant aux trous noirs, oubliez-les, dans Malhorne, place au monde réel, ou supposé tel, et au Fantastique, genre que j’ai un peu trop délaissé ces dernières années… mais qu’importent les genres finalement ? L’important, c’est le contenu, et franchement, je n’ai pas été déçu une seule seconde.

Le trait d’union des mondes, premier tome de Malhorne, est donc mon gros coup de cœur de cet automne, et sincèrement, j’en avais besoin surtout après ma grosse déception a l’issu de la lecture de La lune et le Roi Soleil il y a quelques semaines. Bien évidement, je n’étais pas entièrement en terrain inconnu, je connaissais le gros de l’histoire, je m’étais renseigner un peu sur le net, lu quelques critiques enthousiastes et même fait un tour sur le site de l’auteur, histoire de. Et mon intérêt pour ce roman, qui était déjà grand a la base, ne fut qu’en augmentant au fil de la lecture des pages de ce premier tome de la tétralogie. Bien évidement, les éléments traités dans ce roman y sont pour beaucoup : mystères relatifs au passé avec ces fameuses statues retrouvées au quatre coins du monde, mystère de la survivance de Malhorne, forcement puisque lui-même n’y comprend fichtrement rien, un petit coté « Indiana Jones », même de loin, puisque bon nombre des protagonistes sont des savants, une fondation aux moyens illimités qui mène l’enquête et dont on se doute que les relations entre ces membres et les personnages principaux ne seront pas toujours roses, un petit peu d’ésotérisme, quelques questions sur la survivance de l’âme humaine etc. bref, tout un condensé servi sur un plateau et qui était fait pour me plaire. Mais là où un Bernard Werber, dont je ne peux m’empêcher de comparer certaines œuvres, me laisse froid neuf fois sur dix, là, avec Malhorne, cela fonctionne du premier coup, quasiment des les toutes premières pages, et c’est comme cela jusqu'à la fin !

Car indéniablement, si l’on accroche à l’histoire, il est du coup tout bonnement impossible de lâcher ce premier tome tant qu’on ne l’a pas achever et l’on se surprend alors à suivre les pas de Franklin Adamov et de la Fondation, partant aux quatre coins du monde, a la recherche des fameuses statues de Malhorne, essayant avec eux de comprendre qui les a sculptées et dans quel but, essayant toutes les méthodes, réfléchissant a toutes les hypothèses possibles et inimaginables avant que la solution du problème, le fameux Malhorne, s’offre a eux. Et là, le roman qui jusque la oscillait plus du coté polar scientifique bascule ouvertement dans la quête ésotérique pur et dur avec le récit de Malhorne, où plutôt les récits de ses diverses vies au fil des siècles. Et on aborde là quasiment un deuxième roman, tout aussi passionnant et si l’on comprend plus rapidement que les membres de la Fondation que tout cela est bel et bien la vérité (bah, c’est un peu le but du roman non ?), cela n’empêche pas de partager parfois leurs doutes, leurs interrogations et ce, jusqu’à que l’inévitable soit établi : Malhorne dit la vérité.

Alors tout n’est pas parfait et cela doit être souligné : le portugais d’origine que je suis a apprécier grandement qu’une courte partie de l’intrigue ait eu lieu au Portugal, cependant, il serait bon de rappeler a Jérôme Camut que Pedro Alvares Cabral n’est nullement mort au cour d’un naufrage prêt des cotes brésiliennes. Dommage de commettre une telle boulette dans un récit fortement lié a l’Histoire. Ensuite, si les premiers récits des différentes vies de Malhorne sont captivants au possible, ce n’est pas vraiment le cas pour les derniers, vite faits expédiés par un auteur peut être pressé de finir ? Et autre bémol que l’on ne peut nier : les personnages féminins dans Le trait d’union des mondes sont tout sauf inoubliables, surtout qu’il n’y en a guère, de même, les stéréotypes de certains me semblent parfois un peu trop marqués. Mais bon, ce n’est qu’un début et ces quelques défauts sont loin de nuire à la qualité intrinsèque d’un ensemble indéniablement excellant.

Bref, a mes yeux et malgré quelques petits point de détail, Le trait d’union des mondes est un excellant premier tome, captivant de bout en bout, avec un univers et une intrigue comme je les aime et qui ne donne qu’une seule et unique envie : découvrir la suite de la saga Malhorne qui, je l’espère, sera aussi bonne.

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