mardi 12 octobre 2010

LA RAFLE


LA RAFLE

1942. Joseph a onze ans. Et ce matin de juin, il doit aller à l'école, une étoile Jaune cousue sur sa poitrine... Il reçoit les encouragements d'un voisin brocanteur. Les railleries d'une boulangère. Entre bienveillance et mépris, Jo, ses copains juifs comme lui, leurs familles, apprennent la vie dans un Paris occupé, sur la Butte Montmartre, où ils ont trouvé refuge. Du moins le croient-ils, jusqu'à ce matin de 16 juillet 1942, ou leur fragile bonheur bascule... Du Vélodrome d'Hiver, où 13 000 raflés sont entassés, au camp de Beaune-la-Rolande, de Vichy à la terrasse du Berghof, La Rafle suit les destins réels des victimes et des bourreaux. De ceux qui ont orchestré. De ceux qui ont eu confiance. De ceux qui ont fui. De ceux qui se sont opposés. Tous les personnages du film ont existé. Tous les évènements, même les plus extrêmes, ont eu lieu cet été 1942.

« Je me méfie de toute personne qui ne pleure pas en voyant le film, Il lui manque un gène : celui de la compassion (…) On pleure pendant La Rafle parce que… on ne peut que pleurer. Sauf si on est un « enfant gâté » de l’époque, sauf si on se délecte du cynisme au cinéma, sauf si on considère que les émotions humaines sont une abomination ou une faiblesse. C’est du reste ce que pensait Hitler : que les émotions sont de la sensiblerie. Il est intéressant de voir que ces pisse-froid rejoignent Hitler en esprit, non ? En tout cas, s’il y a une guerre, je n’aimerais pas être dans la même tranchée que ceux qui trouvent qu’il y a « trop » d’émotion dans La Rafle ».
Ainsi donc, je suis un Nazi !? A quelques jours de mon trente-sixième anniversaire, j’aurais donc appris la terrible vérité. Bigre, je ne m’en serais jamais douté pourtant ? Voyez donc un épileptique (faut-il rappelez ce que la doctrine nazi réservait à ceux-ci ?), mariée à une juive ashkénaze, avec trois enfants a moitiés juifs donc, et dont certains membres de la famille, originaire d’Europe de l’est (Hongrie, Roumanie, Pologne) connurent les camps de concentration, s’avère donc être un Nazi ! Et, accessoirement, ma femme aussi par-dessus le marché. Vous voyez l’absurdité de la chose ? Oui, bien évidement, mais selon Roselyne Bosch, la réalisatrice de La rafle, cela nous empêche pas d’être des nazis ! On croirait rêver et pourtant, ce n’est pas le cas. Mais au fait, pourquoi une telle affirmation, pour ne pas dire une telle accusation ? Tout simplement parce que ni moi, ni ma femme, n’avons pleuré a l’issu de ce film ! Ubuesque ? Ridicule ? Oui, c’est le cas et sincèrement, au vu des propos de cette dame, qui a sur le coup perdu une belle occasion de se taire, il m’était impossible de ne pas débuter la critique de La rafle par ce coup de gueule. Surtout que son œuvre, est loin, très loin de mériter que l’on verse la moindre larme dessus.

Tout cela n’est pas une question de sensibilité, loin de là ; je n’ai pas honte de vous avouer (et vu les films dont je vous ai parler sur ce blog au fil des ans, les plus anciens l’auront probablement remarquer) qu’il peut m’arriver de verser une petite larme, ou d’être ému par un film ; attention, je ne suis pas non plus un sentimentaliste qui s’en va pleurnicher devant tout et n’importe quoi, cela m’est déjà arriver, oui, je l’admet sans honte, mais cela est rarissime. Mais pour en revenir a La rafle, et ben non, ce ne fut pas le cas. Et arriver a ce moment précis, je ne peux m’empêcher de faire la comparaison avec La liste de Schindler : que l’on aime ou pas ce film, mettre les deux œuvres cotes a cotes, c’est un peu comme comparer Dieu avec un ver de terre, bref, ce n’est pas la même catégorie. Mais dans le long métrage de Spielberg, il y a toujours une scène, malgré le nombre de fois où j’ai put le voir, où, à défaut de m’écrouler en pleurs, je suis suffisamment ému pour verser une petite larme, celle où Oskar Schindler regrette de ne pas avoir put sauver plus de juifs. Mais comme je l’ai dit plus haut, il y a des choses qui ne sont pas comparables, et là, malgré tout le cirque fait autour de La rafle, il faut bien avouer que celui-ci ne tient absolument pas la comparaison.

Déjà, histoire de renvoyer tout de suite Roselyne Bosch dans les cordes, a aucun moment du film, et malgré la gravité du sujet abordé, mais aussi sa véracité, je n’ai été ému où n’ai ressenti de l’empathie pour les protagonistes, même si on annonce des le départ que ceux-ci ont bel et bien existé. Et déjà, c’est un gros problème selon moi : un film comme La rafle était nécessaire, comme il est indispensable également de ne pas occulter une partie de l’histoire de France, celle qui collabora, celle qui fut antisémite, celle qui alla jusqu'à étonner Hitler de part son enthousiasme à se débarrasser de ce quelle considéra comme des « indésirables », mais si un reportage sur le sujet m’aurai vivement intéresser, et même ému, ce ne fut pas le cas, mais alors pas du tout dans le cas présent, et ce, tout simplement parce que La rafle n’est pas un bon film.

Le cinéma, ce n’est pas uniquement prendre un sujet fort qui a lui seul fera la publicité du film, des acteurs connus et ensuite, espérer que la sauce prenne comme par magie, puis, devant les critiques, justifiées, se prendre pour je ne sais qui et s’en aller traiter les spectateurs de nazis. Non, le cinéma, c’est autre chose que cela : un bon sujet ne fait pas forcement un bon scénario, des acteurs connus ne sont pas nécessaires, surtout quand ceux-ci sont loin, très loin d’être inspirés, et puis, il est toujours bon d’éviter de partir dans tous les sens, d’aller nous montrer des scènes qui ne servent a rien l’ensemble, et si, pour finir, on peut éviter un petit happy end miraculeux et peu crédible, ce n’est pas plus mal. Or, dans La rafle, tous ces défauts sont présents, et déjà qu’a la base, on n’était pas émus pour un sous (ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais non), on en vient, assez rapidement, a ne plus noter que tous les défauts d’une œuvre décidément pas vernie, comme on peut le voir ci-dessous :

Si je ne suis pas contre l’intervention de personnages historiques et si celle de Pétain et de Laval se justifiait, mais qu’est-il donc passer dans la tête de la réalisatrice pour nous avoir sortit un Hitler plus proche d’un film comique que d’autre chose ; tenez, sa première apparition est un must du jeu d’acteur raté : en le voyant discourir devant un micro, ma première réaction fut de rigoler (un comble), puis, je me suis dit que cela devait être un personnage de théâtre, un imitateur, et ce, jusqu’à que je m’aperçoive que non, c’était bel et bien Adolf, qui au passage, s’envoie un petit shoot de je ne sais quoi comme un vulgaire junkie de bas étage ! Et le plus marrant, ou le pire, c’est que ma femme a eu la même réaction que moi, croyant que c’était un faux. Bah non, c’était sensé être le vrai, sauf que l’on n’y croit pas une seule seconde… et par charité chrétienne, on passera sur Himmler, encore pire… Mais non seulement, Adolf n’est pas crédible pour un sou, mais par dessus le marché, à quoi servent donc ces multiples apparitions ? Franchement, a rien vu que scénaristiquement, elles n’apportent rien a l’intrigue, et comme en plus, Chaplin dans Le Dictateur faisait plus peur que cet Hitler de carnaval, cela en devient tout bonnement risible… et on s’étonne ensuite que l’on ait du mal à verser une larme ?

Mais ce n’est pas tout, il y a aussi le problème des têtes d’affiche, et là, c’est encore pire ! Bon, à la base, je n’aime pas du tout Jean Reno, ce qui fait que c’était bien mal barré. Sauf que, agréable surprise, celui-ci est plus sobre que d’habitude, ce qui aurait put être un excellent point sauf que, malheureusement, sa sobriété est telle que celui-ci a l’air de dormir a chacune de ses apparitions et que, une fois de plus, a force de trop en faire, et ben, on n’y croit toujours pas. Mais il y a pire, car on trouve toujours pire, Gad Elmaleh ! Franchement, qu’il retourne a son registre de comique (enfin, encore faut-il aimer) car là, c’est une catastrophe ambulante : visiblement, celui-ci a dut trop regarder Roberto Benigni dans La vie est belle, sauf que, problème majeur, n’est pas Benigni qui veut et là, le père Elmaleh nous montre qu’il en est a des années lumières, et son personnage se retrouve du coup creux, pas très crédible, pour ne pas dire chiant. Bref, une catastrophe auquel il faut ajouté le reste, c'est-à-dire, une Mélanie Laurent qui surjoue au possible et des enfants pas émouvants du tout qui en deviennent même parfois agaçant… Mais toutes ces performances visiblement peu réussies sont elle dut aux talents des comédiens ou d’un scénario et d’une réalisation franchement ratée ? Vaste débat, un peu des deux, un peu beaucoup trop même mais n’accusons pas les acteurs d’aberrations dont ils ne sont pas responsables comme la scène où un enfant, dans le wagon perd son doudou qui tombe sur les rails et qui est retrouver miraculeusement, dans la scène suivante, comme si de rien n’était, en plein milieu du quai de la gare !!! Mais je suis mesquin (en plus d’être un nazi, souvenons nous), le doudou a dut ramper jusque là…

Alors oui, pour moi, La rafle est une catastrophe : scénario très loin d’être touchant (pourtant, avec un tel sujet, l’exploit, c’est qu’il ne le soit pas), acteurs peu concernés ou qui en font des tonnes, un Hitler inutile et plus proche de Papy fait de la résistance que de La liste de Schindler, raccourcis facile, personnages stéréotypés pour la plupart, quelques pompages sur d’autres œuvres, plus réussies elles, plus le coup du doudou voyageur (ne l’oublions pas celui la !) et celui de l’happy end absurde, coup de poignard final qui vient enfoncer encore davantage le clou. Oui madame Bosch (On évitera les jeux de mots), vous pouvez traiter de nazis tous ceux qui n’ont pas pleuré en regardant votre film, mais pour cela, encore aurait il fallu le réussir, ce qui, selon moi, fut très loin d’être le cas. Pourtant, c’est dommage car le sujet, important et trop longtemps occulté dans notre histoire mérite que l’on s’y attarde (j’espère que le film Elle s'appelait Sarah qui sort demain sera d’un autre calibre). Mais après tout, pour cela, heureusement que l’on a Arte !

1 commentaire:

Céline a dit…

J'ai refusé de voir ce film parce que je me refuse à sombrer dans le sentimentalisme.
Je pleure au cinéma ou en lisant, très souvent, voire très très très souvent. Mais qu'on fasse un film uniquement compassionnel sur un sujet comme celui là me débecte.
Et les propos de cette dame sont totalement fascistes. Donc avant de donner des leçons aux autres, qu'elle balaie devant sa porte...

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