dimanche 3 octobre 2010

LA LUNE ET LE ROI SOLEIL


LA LUNE ET LE ROI SOLEIL

En 1693, le père jésuite Yves de La Croix, féru de philosophie naturelle et de science moderne, explorateur au service du Roi Louis XIV, ramène à Versailles un couple de créatures marines capturées dans les mers sauvages du Nouveau Monde. Aidé de sa jeune sœur qui, loin des intrigues de la cour, se voue à l'étude des sciences naturelles, protégé par le Roi qui espère découvrir le secret de l'immortalité, il cherche à percer les mystères du chant de ces sirènes vivantes. Mais revendiquer l'intelligence de la créature est un grave défi à l'obscurantisme chrétien. Il s'agit alors, pour Yves et sa sœur, de défendre l'impensable, le merveilleux et la difformité, en deux mots la liberté et la tolérance, au nom de la fondation de l'esprit scientifique naturaliste. Conte tragique où vérité historique et rêves mythologiques se côtoient, où le merveilleux le dispute à l'exactitude des sources, une belle Uchronie, lauréate du prestigieux Prix Nébula en 1998.

Il n’est jamais évidant avant de le lire, de savoir ce que va donner un roman. Dit ainsi, cela semble être d’une telle évidence que c’en est presque superflu de l’écrire, pourtant, l’on peut presque diviser les livres, mais cela pourrait être valable pour n’importe quelle œuvre en plusieurs catégories : il y a tout d’abord les valeurs surs, connues de toutes et de tous et que l’on aborde avec une certaine confiance ; alors certes, ce n’est pas pour cela que celles-ci nous plairont, mais au moins, on s’en où on met les pieds. Ensuite, il y a les œuvres sur lesquelles, pour x raisons, on place moult espoirs, dont en attends monts et merveilles et qui, finalement, ne répondent pas tout le temps à nos attentes. A l’opposé, les bonnes surprises : on en attendait pas grand-chose et puis finalement, on ressort éblouis, tant par la qualité générale de l’œuvre que par le sentiment de surprise que l’on n’attendait pas. Bref, on ne commence pas toujours la lecture d’un nouveau roman de la même façon, ce qui est normal : avec Fondation, je savais où je mettais les pieds, avec La Lune et le Roi Soleil, c’était une tout autre histoire ; entre un monument de la SF ultra connu et reconnu depuis des décennies et un obscur roman d’une non moins obscur écrivain, Vonda McIntyre, qui dans sa profession, est surtout reconnue pour ses romans sur Star Trek (non, ce n’est pas une blague), il y a bien entendu plus qu’un monde. Pourtant, je dois reconnaître que cela faisait une bonne petite poignée de mois que j’avais noter sur mes tablettes ce fameux La Lune et le Roi Soleil et que ce fut donc avec un enthousiasme certain que je me lançais dans les premières pages.

Bon, pour cela, forcement, il fallait que je sois attiré par quelque chose de concret, et dans le cas présent, le synopsis portait en lui suffisamment d’éléments propres à éveiller mon intérêt. Tout d’abord, le mot Uchronie, accolé à l’œuvre même si, comme je m’en doutais au départ, celui-ci ne se justifiait nullement. Ensuite, l’époque et le lieu, la fin du dix septième siècle, à Versailles, sous Louis XIV, le fameux Roi Soleil. Rien que pour cela, je ne pouvais ne pas lire cette Lune et le Roi Soleil pour la simple et bonne raison que dans le petit monde de la SF, il est rarissime que cette époque soit abordée : jusqu’à maintenant, et en comptant le présent ouvrage, ce n’est que la seconde fois, la première, et ceux qui suivent ce blog depuis longtemps s’en souviendront, étant la quadrilogie de L’âge de la déraison dont le premier tome se déroulait en partie à Versailles et dont les points communs, après coup, me sont apparus pour ce qui est de certains protagonistes. Restait pour finir l’idée de l’auteur d’inclure une sirène dans son intrigue et l’idée, ma fois, qui pourrait paraître saugrenue a certains, ne me déplaisait pas vraiment vu que j’étais curieux de voir ce que cela pouvait donner quand au déroulement du récit. Certes, il est bon, arrivé a ce point, de remettre un peu les pendules a l’heure : même ainsi, je n’attendais nullement monts et merveilles de ce livre, estimant avant coup que j’allais néanmoins passer de bons moments et, qui sait, avec un peu de chance, de tomber sur une bonne surprise.

Or, ce fut loin d’être le cas, au point que je peux vous avouer des maintenant que la déception fut au rendez vous. Ainsi, quelques furent les idées de départ de La Lune et le Roi Soleil, que je jugeais, et que je juge encore maintenant, tout bonnement excellentes, ou, du moins, propices a nous offrir une œuvre captivante, la mayonnaise ne prie jamais, ou plutôt, cela s’aggravait au fur et a mesure de la lecture. Tout d’abord, comme je le disais un peu plus tôt dans cette critique, ici, et malgré les promesses, aucune Uchronie n’est au rendez vous puisque aucun élément ne vient bouleverser l’Histoire dite normale pour nous faire basculer dans une histoire parallèle. A la place, nous nous retrouvons devant un récit se déroulant a la Cour de Louis XIV, ce qui n’a rien de déshonorant en soit (surtout que cela est tellement rare que cela en vaut le coup) mais qu’il y ait tromperie sur la marchandise, cela est un fait que l’on ne peut nier. Ensuite, si les protagonistes du récit sont convenables, l’on a du mal a accrocher véritablement, non pas parce qu’ils sont inintéressants (sur ce point, Lucien est une belle réussite), mais plus par le traitement qu’en fait l’auteur, tant avec les protagonistes réels que ceux qu’il a inventer : la plupart semblent ne faire partie que du décor, ne réagissent que ponctuellement au récit, et encore, de façon plutôt médiocre, ou sans rapport avec l’intrigue principale. Pourtant, j’aime bien les Uchronies et les récits historiques ou pseudo historiques justement pour le plaisir de voir évoluer des personnages connus dans une version romancée, et d’en découvrir d’autres ; mais le problème dans La Lune et le Roi Soleil, c’est que bon nombre d’entre eux sont assez fades, ou bien n’ont pas un grand intérêt comme Mademoiselle, la nièce du Roi, l’esclave de l’héroïne qui change de nom en cour de route et dont on se moque complètement de son sort voir même parfois des personnages plus importants comme le Père Yves de la Croix assez rapidement éclipsé par sa sœur, et qui ne cesse de tomber de bourdes en bourdes au point d’en devenir presque haïssable tant il en est inintéressant. Et si Louis XIV semble fidèle a lui-même, le Pape est un exemple de ratage monumental, peu crédible pour un sous. Certes, un personnage comme le Comte Lucien rattrape tout le reste (même s'il nous faut par la faute de l'auteur je ne sais combien de pages avant que l'on se rende compte qu'il s'agit d'un Nain !), mais le problème, c’est qu’il ne peut a lui tout seul quasiment, tenir sur ses frêles épaules tout l’édifice sur laquelle repose l’intrigue, et comme en plus, ce n’est pas lui le personnage principal, vous vous doutez que quelque chose ne va pas dans cette œuvre. Mais au fait, justement, quand en est il de l’héroïne, la sœur du prêtre ? Et bien, sans être méchant, disons qu’elle fait partie des personnages les plus soulants que l’on peut trouver dans la littérature en général : niaise des choses de la vie, inconsciente, toujours a pleurnicher pour sa copine la sirène, on en viendrait presque a un moment, exaspérer a un degré rarement atteint, a souhaiter que celle-ci finisse en plat principal du repas royal (la sirène, pas l’héroïne), ce qui, et je ne pense pas faire un gros spoiler, n’arrivera malheureusement pas. Dommage, car peut être qu’un fin triste aurait relevé la chose, mais même pas, on subits contraints et forcés un détestable happy end.

Car ce qui ressort finalement de cette Lune et le Roi Soleil, c’est un formidable gâchis, un roman niais selon moi, dont le potentiel de départ était excellant, mais qui c’est perdu dans des travers que je n’aurais cru trouver que dans de la littérature pour jeunes adolescents… mais bigre, peut être est ce cela le problème : étant trop vieux et encore moins une midinette de douze ans qui rêve encore du Prince charmant, ce roman n’était tout simplement pas fait pour moi ! Pourtant, quel dommage, l’idée de départ n’était pas inintéressante, comme quoi, les bonnes idées ne suffisent pas toujours…

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