dimanche 26 septembre 2010

FROM HELL


FROM HELL

En 1888, à Londres, dans les rues mal famées du quartier de Whitechapel, un tueur en série, surnommé Jack l'Eventreur, rôde. D'une étonnante précision, ce mystérieux personnage éventre, la nuit tombée, des prostituées. C'est ici qu'entre en scène l'inspecteur Fred Abberline. Cet agent de Scotland Yard comprend rapidement que ces crimes procèdent d'une mise en scène élaborée et supposent un « doigté » d'artiste, un sang-froid à toute épreuve et de solides connaissances en anatomie. Le policier, intuitif et visionnaire, dresse patiemment le profil de ce meurtrier hors normes et parvient à gagner la confiance de Mary Kelly, une jeune prostituée. Celle-ci va l'aider à résoudre cette périlleuse enquête.

Je dois reconnaître, avant de me lancer dans le vif du sujet que From Hell est peut être l’un des films, que dis-je, à coup sur le film que j’ai le plus visionner au cours de ces dix dernières années. Et paradoxalement, je n’avais jamais eu l’occasion d’en écrire sa critique et ce, même si depuis que ce blog existe, fin janvier 2008, j’aurais put le faire deux fois avant aujourd’hui. Mais bon, dans les débuts du Journal de Feanor, je me contentais, pour ce qui est du cinéma, des films vus sur grand écran (pourquoi ? Allez donc savoir, moi-même je ne me comprends pas toujours…). C’est donc pour ces deux raisons, que quelque part, la critique de ce film manquait indéniablement sur ce blog ; après tout, sans que ce soit le film de la décennie écoulée, loin de là une telle idée, quand on le regarde, et toujours avec le même plaisir, détail de prime importance et plutôt rare, au moins six ou sept fois, c’est que, quelque part, celui-ci a un petit quelque chose de marquant, et cela, je ne peux le nier.

From Hell, avant toute chose, n’est en fait que l’adaptation de la bande dessinée du célèbre auteur britannique Alan Moore. Ceci étant dit, je dois reconnaître deux choses qui a mon avis ont son importance dans la critique qui suit : tout d’abord, lorsque le film est sortit dans le déjà fort lointain mois de janvier 2002, je n’en savais rien et accessoirement, je n’appris ce fait que bien plus tard. A cela s’ajoute le fait que, en plus d’avoir découvert cette histoire par le biais du film, je n’ai jamais eu l’occasion de lire la BD, d’où le manque de repères non négligeables entre les deux œuvres. Ainsi, pour ce qui est de la critique, je me contenterais du matériel cinématographique et que les fans de la bande dessinée me pardonnent par avance mon manque de connaissance quant à celle-ci ; d’ailleurs, au passage, il me faudrait bien qu’un de ces jours, je m’y mette. Mais même sans l’avoir lu, je ne peux néanmoins en faire une totale abstraction, ne serais ce que connaissant le talent indéniable de son auteur, le génialissime Alan Moore.

A première vue, From Hell, pour les néophytes purs et durs, ne serait qu’une énième œuvre sur le célèbre Jack l’éventreur, ce tueur en série qui resta dans l’histoire pour ses meurtres rituels de prostituées dans les taudis du Londres de la fin du dix neuvième siècle. Un tueur qui, au demeurant, encore aujourd’hui, voit son identité être l’enjeu d’une multitudes d’experts de la chose plus ou moins sérieux et où naissent des hypothèses parfois fort pertinentes et troublantes, mais aussi complètement rocambolesques. Celle qui nous intéresse dans ce film, où plutôt, celle duquel Alan Moore s’inspira pour écrire son histoire (on va y arriver) et l’une des plus connues du grand public et selon son auteur, Stephen Knight, Jack l’éventreur ne serait en fait qu’un certain Sir William Gull, Médecin Royal de son état et qui aurait agis par vengeance suite a la liaison du petit fils de la Reine Victoria avec une prostituée, liaison d’où serait née une enfant. Sans rentrer dans les détails (je vous invite a la rigueur, si vous ne connaissez pas cette hypothèse, a vous renseigner sur le net, il existe tout un tas de sites sur le sujet), je me contenterais de dire que celle-ci, de part ses implications a souvent les faveurs du public (toujours friand, et je m’y inclus) de complots en tout genres, mais qu’elle n’en est pas moins fort décriée par les experts. Mais bon, comme de toute façon, il est quasiment certain que l’on ne connaitra jamais la véritable identité de ce fameux Jack l’éventreur, cela n’a pas une grande importance, surtout qu’au moins, cette hypothèse à donner un excellent scénario à Alan Moore, et donc, par ricochet, au film qui nous intéresse aujourd’hui.

Mais ce film, justement, quant en est-il ? A la lecture de multiples critiques sur le net, j’ai put constater que les avis sont multiples mais assez radicaux, dans les deux sens : certains on adorés, d’autres, tout simplement détestés. Et il est amusant de noter qu’une bonne partie de ceux-ci ont, justement, lu la BD avant de voir le film. Et moi, quel est mon avis ? Forcement, vous vous doutez bien que si, au fil de cette décennie écoulée, j’ai visionné From Hell a de multiples reprises, c’est que celui-ci m’a plut… ou alors, c’est que je suis complètement maso, mais je vous rassure, ce n’est pas le cas. Alors certes, nous sommes loin de nous trouver devant un chef d’œuvre impérissable, et je me doute bien que le format cinématographique et le calibrage hollywoodien a dut agacer les amateurs de l’œuvre originale. De même, personnellement, j’ai déjà vu notre sympathique et indémodable Johnny Depp dans des rôles plus marquants. Mais même ainsi, il y a tout un tas de petites raisons qui ont fait que, des la première fois que j’ai vu ce film, et cela continue encore maintenant, je ne peux pas m’en lasser et que le plaisir ressentit est toujours égal : tout d’abord, oui, Johnny Depp a déjà eut des rôles plus marquants dans sa carrière, mais j’adore cet acteur et je trouve que, sans être transcendant, son rôle d’inspecteur désabusé par les drames de la vie qui se perd petit a petit dans la drogue et qui utilise ses curieuses visions pour ses enquêtes lui va a ravir. Un autre que lui aurait été ridicule dans la peau de l’inspecteur Abberline, lui, on le croirait fait pour lui. Mais les autres acteurs ne sont en reste, en commençant par la charmante Heather Graham et sa rousseur enchanteresse mais aussi et surtout le sombre et nettement déranger Docteur Gull (Ian Holm) que l’on trouve tout a fait charmant au début mais que l’on voit, scènes après scènes, sombrer de l’autre coté. Et puis, il y a l’ambiance, cette Angleterre Victorienne, cette ville, Londres, avec son coté glorieux (la Reine, la noblesse, les bourgeois, les francs mâcons) et son coté obscur, que l’on dissimule mais qui n’en est pas moins majoritaire et réel : les taudis, l’extrême pauvreté pour ne pas dire la misère, le mépris des étrangers (forcement, un tel meurtrier ne peut être un anglais voyons !), celui des femmes, les prostituées que l’on ne nomme pas mais qui n’en existent pas moins. Et c’est ce Londres là que l’on parcourt tout au long du film, avec quelques incursions ponctuelles de l’autre coté du miroir, dans ce monde de gentlemans ou l’on exhibe des soit disant monstres de foires (Joseph Merrick) et où œuvrent des sociétés secrètes, ce Londres sombre, sale, dangereux, ou la mort rode de multiples façons, ce monde où des femmes sont massacrées, mais ce ne sont que des prostituées, ou les étrangers sont accusés, mais ce ne sont que des juifs, ce monde qui semble presque être en permanence sous une nuit perpétuelle.

Alors oui, certains pourraient trouver à redire sur certains points du film, sur certaines scènes, visiblement surjouées, et sur les différences avec l’œuvre originale, mais cela, je ne pourrais en juger. Mais quoi qu’il en soit, a mon avis, From Hell n’en reste pas moins un très bon divertissement, qui saura vous captiver de bout en bout, vous faire trembler tel un excellent polar avec ce petit coté dépaysant qu’est le Londres de l’époque victorienne, presque un personnage a lui tout seul tant l’ambiance de la ville sur ses habitants est pesante et omniprésente. Alors, n’allez pas non plus chercher la vérité absolue quant à l’identité de Jack l’éventreur dans ce film et contentez vous de prendre From Hell pour ce qu’il est avant tout : un excellent divertissement, ce qui, par ailleurs, est déjà pas mal.

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