vendredi 13 août 2010

PEARL HARBOR


PEARL HARBOR

Amis depuis la plus tendre enfance, Rafe McCawley et Danny Walker sont deux brillants pilotes de l'armée de l'air américaine. La Seconde Guerre mondiale a commencé, mais les Etats-Unis n'ont pas encore engagé les hostilités. Rafe succombe bientôt au charme d'Evelyn Johnson, une jeune infirmière. C'est le coup de foudre. Mais ce dernier part combattre aux côtés des Britanniques. Evelyn et Danny sont, quant à eux, transférés sur la base américaine de Pearl Harbor. La paisible existence de ces deux jeunes gens bascule lorsqu'ils apprennent la mort de Rafe. Evelyn partage son chagrin avec Danny et un amour naît de leurs confidences. Rafe est pourtant vivant. En cette journée du 7 décembre 1941, les retrouvailles et les explications vont devoir être reportées à plus tard : au même moment, près de 200 bombardiers japonais surgissent dans le ciel d’Hawaï pour une attaque surprise.

Je n’y crois pas ! J’ai osé ! Oui, tout en ayant parfaitement conscience que je risquais tout simplement ma santé mentale, tout en sachant pertinemment ce qui m’attendais, et même, malgré mes promesses faites depuis des années comme quoi jamais je n’oserais visionner ce long métrage, je l’ai fais. En mon âme et conscience, sans que l’on m’oblige, sans menaces, et sans en tirer aucune satisfaction particulière (mais comment cela aurait été possible, non mais vraiment…), oui, ce film, Pearl Harbor, était diffusé à la télé hier soir, et oui, mille fois oui, j’ai osé le regarder. Je savais ce que c’étais, je n’ai pas eu peur et, bien évidement, celui-ci a été largement conforme a ce que j’attendais de lui. Car non, je ne m’étais pas tromper a son sujet, loin de là, bien au contraire ; déjà, lors de sa sortie, la bande annonce avait suffi a ce que je me fasse une opinion, et hier, au bout d’une longue soirée, j’en ai eu, le plus naturellement du monde, la confirmation de celle-ci : car oui, encore mille fois oui, Pearl Harbor est ce que l’on appelle communément un NAVET !

Attention, ne vous méprenez pas sur les termes employés ! J’ai bien dit un navet et en aucune façon, un nanard. Ce n’est pas la même chose, bien au contraire. Et bien souvent, le non spécialiste peu éventuellement confondre les deux, ce qui est, ma fois, fort regrettable. Mais alors, quelles sont les différences entre un nanard et un navet ? Et bien, ce n’est pas bien compliqué : les premiers sont drôles, a leurs dépens, certes, mais drôles quand même, les seconds, et bien, pas du tout ! Oui, l’on peut rigoler d’un nanard, que cela soit de ses faiblesses scénaristique, de ses décors en carton pate, de ses acteurs mauvais comme un sou (et dont certains sont devenus cultes) ou, par exemple, de ses titres a la mord moi le nœud etc. Les navets, eux, sont bien souvent des œuvres (hum…) qui a la base, possèdent les moyens nécessaires pour, au pire, en faire un film potable, mais qui, pour de multiples raisons (scénario mille fois vu et revu, folie des grandeurs du metteur en scène, sujets a « risque » comme l’habituel patriotisme américain ce que l’on retrouve dans le cas qui nous préoccupe ici), loin d’être le soit disant « chef d’œuvre » annoncé, le fameux « gros truc de la mort qui tue », n’est finalement qu’un truc pompeux, dénué du moindre intérêt. Alors oui, je l’affirme haut et fort, je préfère donc mille fois revoir pour la énième fois un péplum à la Maciste que ce fameux Pearl Harbor, n’en déplaise a beaucoup qui ne comprendront pas forcement un tel choix.

Mais enfin, Pearl Harbor a ses inconditionnels, je n’en doute pas, et je suppose que si l’un d’eux tombe sur cette critique, il va surement faire des bonds, cependant, j’assume mes propos : oui, il s’agit d’un navet, et d’un gros par-dessus le marché. Pourquoi ? Oh, ce n’est pas bien difficile en fait, d’ailleurs, les éléments négatifs sont en si grand nombre que ce film peut presque devenir un cas d’école ; tout d’abord, l’ensemble des travers des productions de l’Oncle Sam sont là : cette « reconstitution » soit disant historique de l’attaque japonaise sur Pearl Harbor, qui décida l’opinion publique américaine a rentrer dans la seconde guerre mondiale se retrouve entaché, histoire d’intéresser un temps soit peu la ménagère de moins de 50 ans (contre qui je n’ai rien de personnel, je tenais à le préciser), d’un petit tringle amoureux du pauvre, une jeune femme venant semer légèrement la zizanie au beau milieu d’un jolie petit « couple » d’amis, qui, tout de même, sauront outrepassé leurs rivalités amoureuses afin de luter contre l’envahisseur nippon. Bien évidement, l’un devra mourir, accessoirement, le moins beau gosse des deux et si tout cela sent a pleins nez le réchauffé, rassurez vous, ce n’est pas du tout une impression. Ensuite, qui dit film de guerre, dit bien souvent, hélas, grand guignolesque, surtout lorsque le film est d’origine US : oh, qu’ils sont vaillants ces deux braves petits gars qui échappent aux tirs fourbes et cruels des japonais, qui ont le temps de monter dans des avions et qui, a eux seuls, se lancent a l’assaut de l’escadrille nippone, en descendant je ne sais combien d’entre eux au passage ; mais c’est normal, voyez vous, ce sont des américains, et comme dirait l’autre dans le générique d’un dessin animé de ma jeunesse (trouvez lequel) : « il n’a peur de rien parce qu’il est américain » ! Car entre le courage hors du commun, la quasi invulnérabilité devant les balles et la supériorité évidente face a l’ennemi, on aurait presque put croire, en regardant ce Pearl Harbor, que si les deux protagonistes principaux étaient prêts au combat avant l’attaque japonaise, celle-ci aurait échouée ! Mais ce n’est pas tout : qui dit film américain, dit bien entendu drapeau ! Ah, la bannière étoilée en veux tu en voila ; sous l’eau, suite a l’attaque, fièrement dressée au vent, pour la revanche, et sur un cercueil, a la fin : quelque part, dans le cinéma hollywoodien, l’on peut dire sans exagérer que le drapeau US est un acteur a part entière, en tout cas, celui qui a tourner dans le plus grand nombre de films ! Et puis, la preuve finale des travers de nos amis américains : le film s’intitule Pearl Harbor il me semble, alors pourquoi donc le prolonger jusqu’à la riposte US sur le Japon ? Volonté de ne pas finir sur une note défaitiste (pourtant, au bout de soixante ans, on connaît un temps soit peu la suite de l’histoire…) avec une humiliante déroute américaine ? Je ne vois que cela comme explication.

Alors, certains me diront que Pearl Harbor n’en reste pas moins un film spectaculaire, que les scènes de l’attaque nippone sont à couper le souffle, etc. etc. Mouais, je l’avoue, celles-ci ont de la gueule, un peu comme celle du débarquement dans Il faut sauver le soldat Ryan (un autre navet ? Oh, je n’oserais pas… quoi que ?), mais en toute franchise, ouvrez un peu les yeux : évidement qu’elles sont spectaculaires, nous sommes en l’an 2000 tout de même ; ce qui aurait été grave, c’est qu’elles ne le soient pas ! Après tout, la technologie aidant, et avec un budget conséquent, la moindre des choses est qu’au moins, les scènes de combats en jettent. Mais même ainsi, est ce suffisant pour sauver le film du naufrage ? Non, a mes yeux, pas le moins du monde : un film, ce n’est pas seulement de l’esbroufe, il faut un contenu, une âme et pas uniquement des paillettes et des cascades spectaculaires, et sur ce point, Pearl Harbor est plus proche du vidéo-clip que du long métrage.

C’est donc pour toutes ces raisons, qu’incontestablement, pour moi, Pearl Harbor est un magnifique navet. Je sais pertinemment que la frontière entre navet et nanard est parfois bien mince, mais dans le cas présent, il n’y a pas de doutes à avoir. D’ailleurs, une seule scène nous le prouve : celle où un Roosevelt, excédé devant la pleutrerie de ces conseillers et de son Etat majors, dans un grand moment d’émotion se lève (sic !!!) de son fauteuil roulant et se met debout, en disant un truc dans le genre « si je peux le faire, vous pouvez le faire »… enfin à peu près ca. Personnellement, il faut le voir pour le croire tellement c’est ridicule, mais bon, depuis un certain Independance Day (Le navet par excellence) où un Président des USA montait a bord de son chasseur a réaction pour aller affronter les envahisseurs extraterrestres, plus rien ne m’étonnes dans le cinéma. Alors, pendant que l’on laisse ce pauvre Roosevelt se retourner dans sa tombe, une seule chose me vient à l’esprit alors que je conclue cette critique : « et le pire, c’est que ca marche ! ». Oui, c’est cela le pire…

Aucun commentaire:

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...