dimanche 15 août 2010

HOMOGENIC


HOMOGENIC

Björk (1997)

1. Hunter (Björk) 04:15
2. Jóga (Björk, Sjón) 05:05
3. Unravel (Björk, Guy Sigworth) 03:21
4. Bachelorette (Björk, Sjón) 05:12
5. All neon like (Björk) 05:53
6. 5 years (Björk) 04:29
7. Immature (Björk) 03:06
8. Alarm call (Björk) 04:19
9. Pluto (Björk, Mark Bell) 03:19
10. All is full of love (Björk) 04:33

De l’Islande, cette ile lointaine mais n’en faisant pas moins partie de l’Europe, que sait on en général? Et bien, tout d’abord, certains vous parlerons de ces paysages désolés, de ces volcans, d’autres, des vikings, bien entendu, quelques uns, amateurs de football d’un certain âge, pourront vous citer quelques clubs islandais, comme le Valur Reykjavik par exemple, mais de cela, il en reste de moins en moins puisque cela fait longtemps, réforme des coupes d’Europe au cours des années 90 oblige, les « gros » ne rencontrent plus les « petits », d’autres, ayant suivis l’actualité récente, se souviendront probablement que l’ile fut en récession il y a quelques années, mais depuis, tant d’autres l’on suivit que cela est peut être sorti des esprits… mais au final, ce qui est sur, c’est qu’en fait, l’Islande est un pays mal connu, ce qui est dommage d’ailleurs, ne serais ce que pour ses somptueux paysages. Mais il existe une autre raison de connaître cette ile, et pas des moindres ; cette part de notoriété, l’Islande la doit a une curieuse petite chanteuse qui, depuis une vingtaine d’années, a su se faire connaître bien au-delà de ses frontières et qui accessoirement, a permis a bon nombre de ses fans de savoir situer cette ile sur un planisphère. Cette chanteuse, vous l’avez deviné, c’est Björk.

Je ne vais pas revenir sur la fructueuse carrière de l’islandaise, excentrique pour certains, « exotique » pour d’autres, mais au talent certain, que ce soit a ses débuts ou encore maintenant. Ce qui est certain, c’est qu’avec cet Homogenic, son troisième album en solo, paru en 1997 (hum, comme le temps passe vite, j’ai encore l’impression que c’était hier), Björk a probablement livrer son opus le plus abouti, pour beaucoup, et j’en fais parti, son meilleur, mais quoi qu’il en soit, le plus expérimental et celui qui, fort d’un incroyable succès a l’époque, finie par asseoir une bonne fois pour toute la musicienne islandaise au firmament des auteurs compositeurs des années 90. Car Homogenic est un cas a part presque dans la production musicale de l’époque, mais aussi de celle qui suivit : en quelques sorte, il est tout bonnement parfait, de bout en bout.

J’ai depuis fort longtemps l’habitude de dire, et je pense ne pas me tromper, que la principale différence entre les albums des années 60/70 et ceux qui suivirent, en particulier 90/2000, c’est que dans les premiers cas, l’on avait droit, sur un disque de, disons, 12 chansons par exemple, 9 bonnes ou excellentes, 2 moyennes et, parfois, une mauvaise. Or, depuis quelques années, c’est un peu le contraire, si l’on met les mauvaises de coté, l’on a plutôt un hit incontestable, voir dans le meilleur des cas, deux, tandis que le reste et bien trop souvent plus que passable. A cela s’ajoutant le fait, celui là objectif est parfaitement vérifiable, qu’autrefois, les groupes, chanteurs etc. sortaient un ou deux disques par an alors que de nos jours, bien souvent, il faut attendre quelques années entre deux opus. Bon, bien évidement, l’on me rétorquera que je fais indéniablement parti de ces fameux indécrottables qui ne cessent de se lamenter en chantant l’air que « c’était mieux avant » et que forcement, bloqué que je suis dans les sixties, je ne suis pas objectif. Or, je pense être ouvert et je sais apprécier des groupes modernes, ainsi que reconnaître la valeur quand je la rencontre, ce qui est bien évidement le cas de cet Homogenic, mais ce n’est pas le seul. Mais bon, comme tout cela est après tout une affaire de gouts personnels, il n’est peut être pas nécessaire de se lancer dans un débat sans fin mais plutôt de revenir a nos moutons.

Quoi qu’il en soit, Homogenic est un sacré bon disque, que dis-je, un excellent album, inoubliable et tout bonnement parfait. Avec celui-ci, il est évidant que Björk atteint là des sommets jusque là insoupçonnés, alors qu’elle avait déjà mis la barre plutôt haut auparavant, et qu’elle n’atteindra plus par la suite, même si le niveau, rassurez vous, restera plutôt bon. Mais cela est compréhensible dans la mesure où l’on peut dire sans exagération aucune qu’Homogenic est le chef d’œuvre de Björk, faisant parti de ses fameux albums où il n’y a décidément rien à jeter : que cela soit la pochette, où la diva apparaît transformé en une espèce de froide geisha sous la houlette styliste d’Alexander McQueen, au contenu, où, de Hunter à All is full of love, l’on plonge dans un univers où se croisent accordéons, cordes, clavecins et harpes, le tout matinée de musique électronique du plus bel effet, avec, bien évidement, dominant le tout, la voix inimitable et reconnaissable entre mille de Björk, qui se mêle à merveille à l’ensemble. Avec Homogenic, la diva islandaise souhaitait en quelque sorte « créer » ce que pourrait être la musique de son pays, et c’est donc a un formidable voyage onirique et merveilleux, qu’elle nous entraine, dans les paysages désolés d’une Islande sublime, où se mêle tradition et modernisme, l’exemple parfait étant, à mes yeux, le formidable Jóga.

Je dois avouer que je ne suis pas spécialement fan des chanteuses, tous genres confondus. Pour quelle raison, je n’en sais fichtre rien à vrai dire, probablement une affaire de gouts. Mais malgré tout, j’éprouve une affection particulière pour certaines d’entre elles comme Deborah Harry, Nico et, bien évidement, Björk. Et avec Homogenic, c’est toujours, même au bout de treize ans, le même plaisir que je ressens lors de chaque écoute, un peu comme si c’était la première fois. Probablement est ce la marque des très grands albums, tout simplement.

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