jeudi 29 juillet 2010

LE CYCLE DE FONDATION : FONDATION FOUDROYÉE


LE CYCLE DE FONDATION : FONDATION FOUDROYÉE

Prévoyant l'effondrement prochain de l'Empire galactique, le psychohistorien Hari Seldon a jadis créé deux Fondations, l'une officielle, l'autre occulte, afin de préserver la civilisation d'une interminable période de chaos. Pourtant, cinq siècles après leur établissement, alors même que la Première Fondation n'a jamais été aussi puissante, un nouveau protagoniste semble entrer en jeu, œuvrant dans l'ombre à l'insu de tous. Peut-être tient-il entre ses mains le devenir de l'humanité toute entière...

Comme je l’avais dit dans la critique précédente, celle du tome trois pour les deux ou trois dans la salle qui ne suivent pas, le cycle de Fondation se composait à la base de trois volumes. Pendant des décennies, Isaac Asimov c’était refuser, contre vents et marées et malgré les demandes incessantes de ses fidèles lecteurs, à écrire une suite a son œuvre la plus connue (avec les robots) ; cependant, au tout début des années 80, un peu contraint et forcé d’après ses propres dires, par son éditeur, l’auteur d’origine russe, se décida finalement a reprendre le récit qui lors de sa création, devait narrer la chute d’un Empire Galactique, et qui avait donner au final, l’œuvre que l’on connaît. Bien évidement, lorsque l’on se trouve devant un cycle dont une partie fut écrite dans les années 50 et l’autre trente ans plus tard, la première chose que l’on s’attend a trouver, c’est un changement de style. Cela, chacun en avait conscience et cela ne posait pas, a priori, aucun problème majeur. Cependant, et là, c’était une autre paire de manches, Asimov lui-même allait-il être, après tants d’années, aussi inspirer sur une série devenue entretemps cultissime dans le monde entier ? Par comparaison, qu’aurait on penser de Tolkien s’il avait un jour écrit une suite au Seigneur des anneaux (bon, bien évidement, ce n’est pas vraiment comparable puisque Fondation n’était pas véritablement finie à la suite de Seconde Fondation, mais bon) ? Probablement, pas mal de craintes.

Inutile de tourner autour du pot trop longtemps ni de faire des mystères : oui, malgré le temps écoulé entre le début de cycle et ce quatrième tome et le style qui évolua considérablement, Fondation foudroyée est une suite qui s’intègre plutôt bien dans la saga et qui n’a pas forcement à rougir de la comparaison avec ses glorieux ainés. Certes, ceux-ci restent et encore pour longtemps d’une espèce d’aura de magnificence dont probablement les deux derniers tomes n’atteindront jamais, mais même ainsi, une fois de plus devrais-je ajouter, Asimov a réussi à nous offrir, a nous pauvres lecteurs avides de ce cycle si passionnant, un excellent roman qui brille a la fois par ses différences et ses points communs avec le reste de l’œuvre. Mais… j’ai dit « roman » ? Oui, car cette fois ci, ce n’est plus a un assemblage de nouvelles auquel l’on a droit mais à un véritable roman (en fait deux avec le tome 5 mais je m’égare), beaucoup plus long et dans la tradition des productions plus modernes, ce qui n’est pas forcement ni illogique, ni une mauvaise idée.

Car Fondation foudroyée fonctionne du feu de Dieu ! Certes, les temps de personnages comme les premiers Maires ou des personnages ultra charismatiques comme Bel Riose ou le Mulet sont plus que révolus, mais Asimov, en complexifiant son œuvre, réussit le tour de force de nous faire douter des trois premiers volumes de la saga des les premières pages de ce quatrième tome et ce, en utilisant deux protagonistes, l’un de la Fondation, l’autre de la seconde Fondation, qui chacun de son coté, mettent en doute l’existence même du Plan Seldon. Celui-ci ne serait-il qu’une imposture ? Le lecteur, déstabiliser par ces doutes initiaux va alors, en compagnie d’un parlementaire intuitif de la Fondation, d’un vieil érudit en quête de la planète des origines, la Terre, d’un orateur exceptionnellement doué de la seconde Fondation accompagné d’une naïve paysanne de l’ancienne capitale impériale, Trantor, a la recherche de la vérité, le tout sous de sombres complots où personne ne sait plus où commence la vérité et où finie le mensonge, que, de façon surprenante, voilà que l’on nous parle de robots et où les deux fondations jouent au chat et a la sourie pour la main mise de l’avenir que certains voudraient voir arriver plus vite que prévue, tandis qu’une troisième « force », apparemment, agirais dans l’ombre mettant en péril le plan Seldon et les deux Fondations pour son propre profit. Apparemment car une fois de plus, entre fuyants et faux semblants, révélations et explications qui se succèdent, la vérité se perd en conjonctures tandis que les coups de théâtre et les traitrises se font jour, et ce, jusqu'à la dernière page, entrainant le lecteur dans une folle sarabande au point de ne plus savoir où en donner de la tête. Et tandis que toute cette quête s’oriente de plus en plus vers la fameuse planète des origines, la Terre, voilà que l’on découvre Gaïa et qu’une décision, une seule, de la part d’un seul homme, change l’avenir de la Galaxie.

J’ai particulièrement apprécié ce Fondation foudroyée qui d’ailleurs, porte bien son nom (mais cela, vous verrez pourquoi dans les dernières pages). Dans un style différent, Isaac Asimov a réussi son pari d’écrire une suite crédible à son œuvre culte et à la rendre aussi captivante que ses prédécesseurs. Certes, je garde une préférence pour les premiers volumes mais incontestablement, celui-ci m’a suffisamment captivé et tenu en haleine pour que je le hisse presque (et oui, presque) au même niveau que ceux-ci. De plus, les coups de théâtre sont parfois tellement inattendus, surtout vers la fin, et la quête de la Terre, si passionnante, que j’aurais pris un grand plaisir a le lire et je ne saurais que trop vous le conseiller si vous avez lu le début de la saga et que vous hésitiez encore sur l’intérêt de cette suite.

1 commentaire:

Tigger Lilly a dit…

Tout à fait d'accord avec toi, j'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de Fondation foudroyée.

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