dimanche 4 juillet 2010

JOUR J – PARIS, SECTEUR SOVIÉTIQUE


JOUR J : PARIS, SECTEUR SOVIÉTIQUE

Et si l'Histoire avait pris un cap différent de celui que nous connaissons? Et si les Russes avaient réussi à marcher sur la Lune avant les Américains? Et si l'épicentre de la guerre froide s'était trouvé à Paris et non à Berlin? Et si l'attentat de Dallas avait eu lieu en 1973 et non en 1963? Et si l'Allemagne avait gagné la Première Guerre mondiale? Et si l'imagination avait pris le pouvoir en mai 68? Et si les anarchistes avaient renversé le tsar Nicolas II en 1917? Tous ces récits, fondés sur des faits historiques et des hypothèses réalistes, nous amènent à découvrir les conséquences de ce jour où tout a basculé: le Jour J.
6 juin 1944. Le débarquement allié en Normandie est un échec. L'offensive contre l'Allemagne est lancée en Provence, mais les Alliés s'enlisent autour de Lyon, laissant à l'Armée rouge l'opportunité de traverser le Rhin et de libérer Paris. Après la capitulation du Reich, la France est coupée en deux à hauteur de la Seine et Paris divisé en deux blocs... La guerre des espions y aura bientôt lieu.

En toute franchise, je commence vraiment à avoir très peur de cette série. Mes craintes, fort nombreuses après la lecture du premier volume de Jour J, Les russes sur la lune, qui m’avaient laisser fortement dubitatif quand à la qualité future d’une énième saga de la collection Série B des éditions Delcourt, s’en sont trouvées, a mon grand regret, parfaitement justifiées avec ce deuxième volume. Car non seulement, toutes les promesses que l’on était parfaitement en droit d’attendre au vu du postulat de base de la série n’ont pas le moins du monde été tenues, mais qui plus est, là où le tome un était fort moyen, le deuxième, lui, est franchement médiocre. Et je pèse mes mots.

De bonnes idées suffisent elles à nous donner une bonne série ? Si certains en doutaient encore, les deux premiers tomes de Jour J nous démontrent de la plus flagrante des façons que la réponse est non. Mais alors là, un grand non, écrit en majuscules, histoire qu’on le voit de loin, car je n’irais pas par quatre chemins : évitez cette BD ! De toute urgence ! Je ne prends aucun plaisir a descendre en règle cette série, ni à vous la déconseiller, croyez moi, ce n’est pas vraiment le genre de la maison ; certes, je râle souvent et je m’emballe dans un sens comme un autre bien souvent, mais là, trop c’est trop. Et j’ai beau chercher, je ne trouve aucune raison valable de vous conseiller l’achat de cette chose. Quoi que, si, il y en a peut être deux : les couvertures, tout simplement superbes, et l’idée générale (l’Uchronie). Mais voilà le problème, c’est tout. Et là, doit-on dépenser près de 13 euros pour une jolie couverture ? Hum, je ne crois pas. Quand a l’idée générale de départ, aussi bonne soit elle, encore faut il que le reste soit à la hauteur, ce qui n’est absolument pas le cas. On l’avait remarqué dans le premier tome, c’est encore pire dans ce Paris, secteur soviétique, au point d’en être tout bonnement affligeant. Un comble !

Bon, tout d’abord, certains, d’on j’en fais parti, pourront tiquer quand au fait que, si le débarquement allié aurait échoué, les russes auraient été jusqu’à Paris. Peut être, peut être pas, je laisse les discussions de clochés aux experts de la chose ; idem quand a un deuxième débarquement en province. Tout cela peut être discutable, mais à la rigueur, pourquoi pas après tout. Le soucis, et il me semble de taille, c’est qu’une fois ce fait uchronique établit, et bien, quelque part, il est oublié, tout simplement passé au second, voir au troisième plan d’une intrigue qui n’a plus rien a voir. Déjà, celle-ci n’a rien de bien enthousiasmant, une vulgaire enquête de meurtres, matinée d’espionnage a la « guerre froide », mais pour couronner le tout, voilà qu’on lui ajoute une pathétique histoire de meurtres a la « Jack l’éventreur », complètement hors sujet, évitable, et le pire, c’est quand le lecteur découvre l’identité du ou des meurtriers (mais je laisse le « plaisir » de la découverte pour ceux qui aiment souffrir). Mais le pire, car avec Jour J, il y a toujours un pire, malheureusement, c’est que, une fois arrivé a la dernière page, la seule question que l’on se pose est la suivante : mais au fait, avait on besoin de nous pondre une Uchronie pour ca ? Et la réponse est claire, net et précise : NON ! Transposé l’intrigue, les protagonistes (charismatiques comme un pou) à Berlin, et vous aurez la même chose, une série B d’espionnage, mais sans la prétention et l’attente que le lecteur est en droit d’attendre d’une Uchronie.

Jour J est pour le moment, avec ces deux premiers volumes, une immense déception. Les auteurs, Jean Pierre Pécau et Fred Duval nous ayant par-dessus le marché habitué à bien mieux par ailleurs, surtout que les deux hommes se plaisent à nous abreuver, parfois avec succès, parfois un peu moins, avec moult séries dites uchroniques. Mais si j’ai conscience que l’on ne peut pas toujours réussir son coup, là, franchement, c’est trop médiocre pour être honnête, surtout que l’attente était grande (punaise, l’idée de départ était géniale pourtant !). Peut être que les volumes suivants de Jour J relèveront un peu le niveau, mais croyez moi, j’en doute très fortement.

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