mardi 22 juin 2010

L’ÂGE DE LA DÉRAISON : LES OMBRES DE DIEU


L’ÂGE DE LA DÉRAISON : LES OMBRES DE DIEU

Benjamin Franklin, en compagnie de ses amis de la Junte, arrive en Louisiane, à New Paris, contraint de rallier Philippe d’Orléans à sa cause pour sauver l’ébauche de démocratie qu’il a eu tant de mal à mettre en place. C’est là que les vestiges de France subsistent encore mais pour combien de temps… Adrienne de Montchevreuil rejoint elle aussi la Louisiane : elle est sur le point de retrouver son enfant devenu, malgré lui, le prophète de l’armée qui déferle sur le Nouveau Monde. New Paris sera le lieu de la dernière chance : tous devront s’allier s’ils veulent avoir une chance contre leur seul véritable ennemi, les Malakims, dans la formidable bataille qui les attend...

La première chose que je souhaitais dire, même s’il me semble que ce n’est pas la première fois que je procède ainsi, c’est qu’il m’ais, personnellement, toujours difficile d’achever un cycle, que celui-ci soit court ou long. En fait, comme dirait l’autre, ce n’est pas la taille qui compte dans ces cas la mais la qualité ; après tout, un bon roman vaut plus qu’un cycle moyen en vingt volumes. Mais ce que je souhaitais souligner, c’est qu’il ne m’ais jamais facile de devoir quitter une histoire qui m’a plu, qui a su me transporter très loin de mes préoccupations quotidiennes, qui m’aura fait vibrer, qui m’aura scotché tout autant, ne l’oublions pas, qu’il est difficile de devoir quitter des personnages auxquels l’on s’ait attaché et qui, d’une façon ou d’une autre, nous manquerons même s’ils resteront dans nos mémoires pour longtemps. Car bien entendu, et vous l’avez compris, je viens d’achever la lecture du dernier tome de cet excellent cycle qu’est L’âge de la déraison, et comme la première fois que je l’avais lu, j’en ressors diablement satisfait.

Ma précédente critique du troisième tome, L’empire de la déraison, avait put paraître assez dure et effectivement, après coup, je m’en étais fait moi-même la remarque, constatant que ma critique avait été plutôt « a charge ». Cependant, selon moi, cela ne remet absolument pas en question, comme je l’avais précisé, la qualité intrinsèque de cette œuvre, qui, et je vais me répéter mérite amplement que l’on la découvre, mais il me semblait nécessaire qu’a un moment donné, je pointe du doigt les faiblesses de celui-ci. Et pour cela, le moment me semblait plus judicieux lors du tome trois pour deux raisons : tout d’abord, je n’avais plus qu’a abordé les points positifs pour finir mais aussi, de vous parler de mon ressenti de l’intégralité de l’œuvre ; deuxièmement, vu que les deux derniers tomes pourraient parfaitement n’en faire qu’un seul, tant ils sont liés, quelque part, une critique commune pourrait presque se faire, d’où mon choix.

Car ce qui ressort de prime abord des les premières pages des Ombres de Dieu, c’est que l’on a l’impression immédiate de poursuivre la lecture du tome précédant, puisque sans aucune transition, sans aucun saut dans le temps comme il y en avait eu dans les autres volumes, cette fois ci, l’intrigue reprend exactement là où on l’avait laissé et de plus, les coups de théâtre et rebondissements a foisons sur lesquels s’était achevé L’empire de la déraison se prolongeront tout au long de ce quatrième tome, donnant un peu l’impression que celui-ci n’est que la conclusion de son prédécesseur qui se prolongerait encore et encore sur près de quatre cents pages. Du coup, forcement, ceux qui n’auraient pas apprécié cette surenchère trouveront une fois de plus à redire, et quelque part, il ne serait pas foncièrement faux d’affirmer que Greg Keyes, dans son style narratif, s’est un peu loupé, en faisant un peu trop. Cependant, et même, devrais-je dire heureusement, tout cela est largement compensé par une intrigue tout bonnement excellente, qui, des premières pages du tome un au toutes dernières de celui-ci, aura sut captiver l’attention du lecteur. Car si celui-ci tombe sous le charme (on peut ne pas aimer, après tout, les gouts et les couleurs ne se discutent pas dis t’on) des péripéties de Benjamin Franklin et d’Adrienne de Montchevreuil, ainsi que de cette formidable lute entre l’espèce humaine et les Malakims, ces mystérieux anges, fées, esprits, fantômes de nos légendes depuis la nuit des temps, ce cycle sera une véritable jouissance pour lui, incontestablement.

Alors bien sur, Les ombres de Dieu sont le parfait exemple de ce qu’est une fin de cycle (d’ailleurs, qu’elle soit réussie ou non, mais dans le cas présent, ca va) puisque forcement est venu le temps des réponses a toutes les questions que l’on se posait, que l’on connaît enfin le sort de la bataille contre les Malakims (a votre avis, nos héros vont-ils s’en sortir ? Franchement, vous en doutez ?) mais aussi, et surtout, celui des très nombreux protagonistes de cette longue histoire et là, attention, nous allons avoir droit a un massacre et pas mal de têtes vont tomber (du coup, en en tremblerait presque pour certains). Après coup, cette relecture du final m’a même davantage plu que lors de la première fois, il y a environ trois ans mais je pense que j’avais du, la fois précédente, finir en pleine nuit, a toute vitesse et ivre de sommeil. Cependant, ce qui n’a pas changé, et cela, je le regrette, c’est que cette fin, correcte dans l’ensemble, manque un peu, malgré le panache de la bataille finale, d’une certaine cohérence et aurait gagnée a être un peu développée : Greg Keyes, a force de nous avoir pondu je ne sais plus combien de protagonistes, en a tout bonnement oublié un bon nombre a la fin et du coup, le lecteur ne pourra que s’interroger sur le sort de pas mal de personnages plus ou moins importants, ce qui est tout de même dommage et viens un peu gâcher le plaisir.

Enfin bon, malgré toutes les petites critiques que j’ai put emmètre tout au long des quatre tomes, vous l’avez compris, je considère le cycle de L’âge de la déraison comme l’une des plus belle, et intéressante, réussite de ces dernières années, incontestablement. Tant par ces excellentes idées, son originalité étonnante de part les temps qui courent, ses personnages (certains historiques, d’autres imaginaires, a vous de trouver qui est qui) et son mélange des genres réussie (pour rappel, entre roman de cape et épée, Uchronie, Steampunk, Fantasy etc.), Greg Keyes a réussi une œuvre majeure, dont je ne nie ni n’occulte les défauts de style ou narratifs, mais qui restera dans les annales de la littérature fantastique de ce début de millénaire. Une œuvre à découvrir de toute urgence.

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