vendredi 4 juin 2010

L’ÂGE DE LA DÉRAISON : L’ALGÈBRE DES ANGES


L’ÂGE DE LA DÉRAISON : L’ALGÈBRE DES ANGES

1722 : deux ans ont passé depuis que les alchimistes de Louis XIV ont précipité une comète sur Londres, dévastant une grande partie de l'Europe. Les véritables instigateurs de cette catastrophe ne sont cependant pas les Français, mais de mystérieuses sortes d'anges dont le but est d'anéantir l'humanité. Dernier espoir pour l'Homme : mettre au point une algèbre angélique afin de lutter contre ses ennemis immatériels. C'est à cette tâche que vont s'atteler Isaac Newton et son apprenti, le jeune Benjamin Franklin, réfugiés à Prague à la cour du Saint-Empereur romain germanique. C'est aussi à quoi s'efforce l'ancienne favorite de Louis XIV, Adrienne de Montchevreuil, luttant pour sa survie dans une France livrée aux brigands, avec son nourrisson et son impénétrable protectrice, Véronique de Crécy. De même, bien que d'une manière moins « scientifique », Red Shoes, un chaman choctaw, tente d'apporter sa pierre à l'édifice en traversant l'Atlantique avec une délégation de colons américains, parmi lesquels le puritain Cotton Mather et le pirate Barbe-Noire, inquiets du sort de l'Ancien Monde. Leurs aventures respectives vont les rassembler à Venise, sous domination turque où doivent s'affronter les forces de Pierre le Grand de Russie et de Charles XII de Suède...

Nous voila donc avec le deuxième tome du cycle de Greg Keyes, L’âge de la déraison, cet Algèbre des Anges où le lecteur suit, une fois de plus, les péripéties du jeune Benjamin Franklin et de la belle Adrienne de Montchevreuil (chacun de son coté, cela va de soit) dans une Europe dévastée par la chute d’une comète sur Londres, provoquée par les alchimistes de Louis XIV, et littéralement en proie au chaos et a la guerre, tandis que de nouvelles menaces se font jour, du coté de la Russie plus précisément. Bien évidement, le lecteur qui aura aimé le premier tome retrouvera avec plaisir des personnages qu’il a appris a connaître et qui lui sont désormais familiers, de même qu’une intrigue qui petit a petit, tout en se complexifiant, commence a dévoiler quelques réponses (oh, mais juste un chouïa, c’est qu’il y a quatre tomes en tout) aux questions que l’on pouvait se poser au sujet de ces mystérieux et inquiétants Malakims, dont on comprend bien qu’ils ne veulent pas le plus grand bien à l’espèce humaine.

Mais pour ce qui est du lecteur, même s’il a aimé Les démons du Roi-Soleil et que ce fut avec une impatience certaine qu’il attendait de se plonger dans sa suite, il faut qu’il sache que l’on lui souhaite bien du courage ; prenez les protagonistes par exemple, déjà, dans le premier tome, ceux-ci étaient fort nombreux, et si l’on pouvait s’attendre a que de nouvelles têtes viennent remplacer fort justement ceux qui sont tombés au champ d’honneur, il était difficile d’imaginer que celles-ci seraient aussi nombreuses, et pas des moindres d’ailleurs puisqu’un troisième personnage principal fait son apparition des les premières pages, Red Shoes, un indien un petit peu (beaucoup) sorcier sur les bords et qui prend rapidement une importance qui le place a égalité avec Franklin et Adrienne, rien que ca. Sur ce point, il est intéressant il me semble de revenir sur ce personnage. Personnellement, je n’ai jamais été attiré plus que cela par les indiens d’Amérique du nord et leur culture, certes, je ne suis pas novice sur celle-ci mais bon, disons que ce n’est pas véritablement ma tasse de thé. Par contre, ce Red Shoes donne immédiatement envie que l’on s’y intéresse (enfin, pour moi, c’est le cas), du moins autant aux légendes évoquées qu’a ces curieux « enfants de l’ombre ». Mais l’arrivée d’un indien, avec tout le folklore qui l’accompagne (dans le sens noble du terme) dans le récit est à mon avis une excellente trouvaille, ne serais ce que pour faire le parallèle entre les différentes façons dont les diverses cultures humaines « voient » les Malakims. Ceci étant dit, d’autres nouveaux font leur apparition, comme le Tsar Pierre bien évidement, Lenka qui aura un important rôle à jouer, Hercule d’Argenson et surtout le mystérieux Capitaine Frisk, personnage a la classe évidente et qui vous révélera bien des surprises. D’ailleurs, il est incroyable de voir a quel point l’auteur a sut créer ou utiliser des protagonistes hauts en couleurs pour la plupart, qu’il les aient inventer comme pour Crécy (quoi que, on devine les sources d’inspiration) ou qu’ils aient véritablement exister, au point que bien souvent, le lecteur ne peut que regretter que chacun n’ait pas la place qu’il mérite au vu de son charisme évidant et que d’autres soient a peine utiliser voir oublier. Surtout qu’entre les habituels, les nouveaux et les « revenants » qui viennent faire un petit coucou, il y a de quoi faire.

Pour l’intrigue, ou plutôt devrais-je dire « les intrigues », nous nous retrouvons dans la lignée du tome un et celle-ci (celles-ci) est (sont) toujours aussi passionnante (s) : que cela soit du point de vu de Franklin, d’Adrienne ou de Red Shoes, le lecteur a droit a un magnifique voyage, parcourant milles lieux, moult citées, allant de rebondissements en coups de théâtre (certes parfois un peu trop faciles voir tirer par les cheveux, hélas) et découvrant des cultures et des légendes aussi variées que celle du Golem a Prague, d’un certain voyage dans la Lune qui emprunte un peu à Cyrano de Bergerac mais qui pourra également, si l’on soit un temps soit peu curieux de nature, a s’intéresser a la rivalité entre Pierre et Charles XII de Suède (figure historique que je ne connaissais pas alors que celui-ci mérite le détour), aux Janissaires etc. Bref, c’est un univers riche, crédible que nous propose Greg Keyes, et ce, malgré le fait que l’on nage incontestablement en pleine Fantasy (sans oublier les petits cotés Steampunk et uchroniques, forcement) : croyez vous donc qu’il existe une si grande différence, de prime abord, entre une Adrienne de Montchevreuil et un magicien d’Heroic Fantasy (et je ne parle même pas de Red Shoes qui lui est ouvertement un sorcier) ? Apparemment, non, sauf que dans le premier cas, tout est explicable scientifiquement parlant (enfin, en fait… mais chut, les révélations, ce n’est pas pour tout de suite), dans l’autre, ce n’est que de la magie.

Pour des raisons personnelles, L’algèbre des Anges est probablement mon volume préféré de la saga, mais comment ne pouvait-il en être autrement lorsqu’une bonne part de l’action se déroule dans la magnifique ville de Prague ? De plus, la première fois que je l’avais lu, je venais tout juste de visiter cette ville, ce qui fut un élément de plus à porter a son crédit à mes yeux. Bien évidement, trois ans plus tard, l’émerveillement et le plaisir de la découverte n’est plus la, ce qui est compréhensible lors d’une relecture mais même ainsi, une fois de plus, je pris énormément de plaisir à le redécouvrir et a suivre les pas de Benjamin Franklin dans les enchanteresses rues Pragoises. Un véritable régal, sans aucun doute.

2 commentaires:

Lord Orkan Von Deck a dit…

Cette critique me donne limite plus envie que celle du premier. Mais on ressent une certaine complexité tout de même qui peut être assez effrayante

Feanor a dit…

Oui, effectivement, ce cycle est complexe, mais moins par exemple qu’un autre que j’ai lu, que dis-je dévoré, l’année dernière, Le livre de Cendres (là, il faut vraiment s’accrocher). Nul besoin, si l’on est à fond dans l’intrigue, d’être rapidement emporté par celle-ci au point de ne plus la lâcher.
Par contre, tout n’est pas forcement parfait, mais bon, je reviendrais sur les quelques petits bémols dans la critique du tome 3 d’ici quelques temps…

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