lundi 3 mai 2010

TROIS CŒURS, TROIS LIONS


TROIS CŒURS, TROIS LIONS
Suivi de DEUX REGRETS

Holger Carlsen, Danois vivant aux États-Unis, décide de rejoindre sa terre natale pendant la Deuxième Guerre mondiale. Alors qu'il est impliqué dans des actions de résistance, sur le point de mourir, il se réveille dans un monde étrange, médiéval, peuplé de nains et de sorcières… Dans cet univers, la Loi et le Chaos se livrent une lutte sans merci et il semble que Holger ait un rôle essentiel à jouer dans ce combat. Mais qui est réellement Holger Carlsen, héros malgré lui ?

Trois Cœurs, trois lions est un roman au souffle épique, précurseur de la Fantasy contemporaine, qui comblera tous les amateurs du genre. Il est ici accompagné de deux nouvelles s'inscrivant dans le même cycle.

Depuis septembre dernier, j’étais plongé dans l’œuvre de Moorcock, la lisant presque dans son intégralité (il me manque deux, trois petits « trucs » mais je ressentais le besoin de souffler et il sera toujours temps, dans l’avenir, de revenir dessus) et, je m’étais alors dit, alors que j’achevais les dernières pages de Gloriana, que la meilleur transition possible pour un autre auteur serait de faire un petit tour du coté de Poul Anderson et plus particulièrement, son célèbre Trois cœurs, trois lions que l’amateur de Fantasy ne peut ignorer (par contre, pour ce qui est de le lire, c’est une autre affaire). Mais alors, pourquoi ce livre plus qu’un autre en fait ? Tout simplement pour ses nombreux points communs avec le Cycle du Champion Eternel de Moorcock : lute entre la Loi et le Chaos, mondes parallèles, une espèce de Champion sur de multiples plans d’existence, visiblement, le lecteur fan d’Elric et consorts se trouve en terrain connu même si les différences existent néanmoins. Ici, c’est la lute entre le Ciel (la Loi) et l’Enfer (le Chaos) qui est mis au premier plan ; quant aux mondes parallèles, ils existent, incontestablement, mais l’auteur ne les approfondis pas spécialement. Et pour ce qui est du héros, Holger Carlsen, on pourrait en faire un avatar correct du Champion Eternel ne serais-ce son, euh, comment dire, manque de charisme flagrant ?! Car oui, je dois reconnaître qu’après coup, je suis loin d’avoir garder un souvenir impérissable de ce Trois cœurs, trois lions.

Tout d’abord, un petit aparté sur les deux nouvelles qui concluent le récit principal (et oui, pour une fois, commençons par la fin). Celles-ci n’ont leur place dans cet ouvrage que par le fait que l’auteur, a deux reprises, soit revenu sur cet univers particulier où une auberge, donnant sur une multitude de mondes parallèles, voit la rencontre, chaque soir et chaque nuit, entre diverses figures historiques. Le postulat de base est d’ailleurs, sur ce point, fort intéressant et bien trouvé, rappelant la tour qui voyageait à travers les plans dans Elric et Corum. Cependant, si la première nouvelle, L’auberge hors du temps, est assez intéressante par le fait que ses rencontres, aussi incroyables soient-elles, n’en restent pas moins frustrantes pour leurs protagonistes, la seconde, La ballade des perdants est franchement, de mon point de vu, quelconque.

Trois cœurs, trois lions, le texte principal, lui, est décevant au final, et ce, malgré de bonnes idées, comme donc, ces mondes parallèles et cette lutte entre Loi et Chaos. Mais tout cela, il est évidant que Moorcock fera bien mieux par la suite et il est incontestable que, cette œuvre de Poul Anderson, auteur américain d’origine danoise pour la petite histoire, pèche beaucoup trop par son âge et ce qui en ressort, au final, est que ce roman a bien mal vieilli. Franchement, des les premiers chapitres, j’avais compris que j’allais être déçu, et surtout, a cause de ce héros, Holger Carlsen qui était peut être bien en phase avec son époque, mais qui au jour d’aujourd’hui, apparaît comme niais, sans saveur, voir même détestable : un type comme lui pouvait me plaire lorsque j’avais 12 ou 13 ans, de même, cela aurait été le cas avec cette l’histoire en elle-même, pleine de grands sentiments, de vierge effarouchée, d’amour souvent niais, de méchants vraiment méchants et de gentils tout beaux tout propres. Mais là, franchement, après des décennies de lecture, de films, de jeux etc. Comment cela peut-il passer sans être un peu ridicule sur les bords ? J’ai pourtant le sentiment qu’à la base, Trois cœurs, trois lions est loin d’être mauvais, qu’il fourmille de bonnes idées, un peu comme l’univers utilisé, le Carolingien, qui nous change largement du celtique, utilisé 9 fois sur 10, voir plus, et nous offre du coup, une bouffée d’oxygène. Et puis, par certains cotés, cette candeur que je critique possède parfois un petit coté attachant, et quelques moments de l’intrigue sont loin d’être déplaisants. Mais à chaque fois, il faut qu’un dialogue niais, ou un comportement que l’on ne croyait plus voir chez un personnage digne de ce nom refait surface et vient gâcher l’ensemble. Alors bien sur, cette œuvre est parue il y a 50 ans. Mais quand même, ceci n’excuse pas tout.

J’ai peut être été trop dur avec ce livre, cependant, c’est un fait, malgré ces qualités que je n’occulte pas, Trois cœurs, trois lions m’a déçu, indéniablement. Cependant, vu qu’il n’est pas très long, il mérite que l’on s’y attarde, ne serais ce que pour se faire sa propre idée de la chose, mais aussi, pour voir d’où Moorcock a put tirer quelques petites idées. Dommage simplement qu’il ait si mal vieilli…

3 commentaires:

Lord Orkan Von Deck a dit…

et résultat, que vas tu lire dorénavant ?

Feanor a dit…

En fait, c’est à une relecture que je me suis attaqué, celle du cycle de l’Age de la déraison, de Greg Keyes. Je l’avais déjà lu il y a un peu plus de trois ans il me semble et à l’époque, je l’avais bien aimé. Et comme l’envie de m’y replonger me trottait dans la tête depuis quelques temps déjà…
Il sera toujours temps de m’attaquer (ou pas) a d’autres « nouveautés » par la suite.
Et toi, tu es sur quoi actuellement ?

Lord Orkan Von Deck a dit…

Plus que jamais dans le steampunk ! Je compte faire découvrir ce genre par le biais d'un challenge ouverts à tous les blogueurs et internautes, donc il faut que je sois un peu au point ! Donc ça veut dire que j'essaye d'éviter les cycles de fantasy (même si on ne peut jamais vraiment leur tourner le dos ^^) et que je me consacre à plein de one-shot

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