lundi 3 mai 2010

JOUR J – LES RUSSES SUR LA LUNE !


JOUR J : LES RUSSES SUR LA LUNE !

Et si l'Histoire avait pris un cap différent de celui que nous connaissons? Et si les Russes avaient réussi à marcher sur la Lune avant les Américains? Et si l'épicentre de la guerre froide s'était trouvé à Paris et non à Berlin? Et si l'attentat de Dallas avait eu lieu en 1973 et non en 1963? Et si l'Allemagne avait gagné la Première Guerre mondiale? Et si l'imagination avait pris le pouvoir en mai 68? Et si les anarchistes avaient renversé le tsar Nicolas II en 1917? Tous ces récits, fondés sur des faits historiques et des hypothèses réalistes, nous amènent à découvrir les conséquences de ce jour où tout a basculé: le Jour J.
21 juillet 1969. Quelques minutes avant son alunissage, la mission Apollo 11 est détruite par une micrométéorite. Quelques mois plus tard, les Soviétiques sont les premiers à se poser sur la Lune. A Washington, le président Nixon donne carte blanche à la NASA pour que l'Amérique devienne la première nation à établir une base lunaire permanente. Dix ans plus tard, alors que la tension monte entre les USA et l'URSS, la Lune est en passe de devenir le théâtre inédit d'un nouvel épisode de la guerre froide. Sasha Nicolavitch Joukov. Pilote d'essai dans l'armée rouge, Sasha Nicolavitch Joukov ne vit que pour échapper à l'attraction terrestre et battre le record d'altitude de Chuck Yeager. Il occupe son temps libre à se remettre de ses cuites légendaires et à trouver de l'argent pour honorer ses dettes de jeu. A deux doigts de la cour martiale, de l'exécution sommaire ou d'un aller simple pour les étendues glacées du goulag, il se voit offrir une mission de la dernière chance vers la Lune où la base soviétique Galaktika ne répond plus...

Enième production du Label Série B, des éditions Delcourt, Jour J est une nouvelle série qui nous entraine dans la plus pure tradition de l’Uchronie, avec ces fameux points divergeant qui ont, ou plutôt auraient fait basculer l’Histoire, dans le cas présent, celle du vingtième siècle. De ce point de vu, rien de bien nouveau sous le soleil, il faut le reconnaître : une fois de plus, l’on retrouve ce style maintes fois utiliser dans la SF, et qui plus est, plutôt que de s’intéresser a de multiples périodes de l’Histoire humaine, les auteurs se sont bornés au siècle passé, ce qui est loin d’être original, convenons en. Cependant, mettons les choses au clair tout de suite : ce n’est pas parce qu’une œuvre manque d’originalité que celle-ci se doit de manquer de qualité, bien au contraire. De plus, le choix du vingtième siècle permet au moins à ceux qui ne connaissent pas forcement bien l’Histoire, avec un H majuscule, de se trouver plus ou moins en terrain connu. Ainsi, les choix retenus par les auteurs pour les divers albums me semblent, sans être extraordinaires, non seulement assez judicieux pour le novice en la matière mais en plus, bien plus pertinents que l’on pourrait le penser de prime abord : L’Allemagne qui gagne la première guerre mondiale (et pas la seconde, ca nous change), les russes qui gagnent la conquête de la Lune (pas mal comme idée), les russes, encore eux, qui auraient pousser jusqu’à Paris lors de la seconde guerre mondiale, tout cela me semble assez intéressant et il faut dire que lorsque j’ai découvert ce premier album, et la série qui en découlait, mon sang n’a fait qu’un tour et forcement, une fois de plus, je me suis dit que cette série (une de plus) serait sur mes tablettes.

Mais si l’emballage est alléchant, que vaut le contenu ? Bien souvent, mais cela ne sera une surprise pour personne, un fort jolie paquet cadeau cache en fait une grosse déception (oui, je sais, c’est du vécu), et avec une idée ma fois, fort prometteuse, les russes premiers sur la Lune, un duo d’auteurs que l’on connaît bien, Jean Pierre Pécau (Histoire secrète, Empire etc. un habituer de ce blog) et Fred Duval (Hauteville House), habitués de l’Uchronie et une couverture somptueuse, que vaut donc ce premier volume de Jour J ? Et bien ma fois, je dois reconnaître que je suis assez partagé au final. Car, vous l’avez compris, les meilleures idées et les plus grandes intentions ne sont pas toujours a la hauteur de nos espérances. Et, sur ce point, peut être ais-je mis la barre un peu trop pour ce premier tome de Jour J ? En fait, pour être tout a fait clair, je m’attendais probablement a un gros truc, alors qu’en fait, cette BD, avec ses qualités et ses défauts, n’est juste qu’une agréable Série B, comme le nom du label, qui se lit ma foi assez bien, mais qui n’a rien de bien transcendant. Pourtant, cela commençait assez bien : l’échec dramatique de la mission Apollo, l’arriver des Russes, quelques semaines plus tard sur notre satellite, tout cela laissait présager du meilleur. De même, la suite est assez judicieuse et plus que probable : les américains, vexés d’avoir échoué, possédant eux les moyens de continuer la course a l’espace, repartent de plus belle et du coup, les deux super puissances de la Guerre froide de se retrouver avec des stations lunaires. Jusque là, tout va bien et cela reste crédible, comme le fait que russes et américains sympathisent et s’entraident sur la Lune, en cachette. Cela peut paraître un peu niais pour certains mais cela aurait été plausible. Mais le problème, c’est qu’ensuite, cela se gâte un peu, voir beaucoup : des fanatiques des deux camps sont envoyés au même moment sur notre satellite, mettant du coup fin a toute cette belle harmonie, il y a l’histoire du bébé et du symbole qu’il représente, un symbole si fort qu’il permet aux foules pacifistes de mettre fin à la Guerre froide près de dix ans avant que le Mur ne tombe. Bon, tout cela me semble peut être un peu trop optimiste, surtout que l’on peut être dubitatif quand au pouvoir réel des foules, mais bon, ce happy-end post soixante-huitard (ou pré-bobo) avalé, comme la grosse couleuvre que fut la production de vodka et de haschich lunaire, on aurait presque envie d’y croire, et se dire que, finalement, on a passé un bon moment. Bon, après, on redescend sur Terre et l’on se souvient des quelques défauts mais au final, sans être transcendant, ce premier volume de Jour J restera comme un bon petit moment sympathique. Néanmoins, j’espère que la suite sera d’un tout autre acabit, sinon, je pourrais commencer à parler de… déception ?!

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