samedi 17 avril 2010

NAUSICAÄ DE LA VALLÉE DU VENT


NAUSICAÄ DE LA VALLÉE DU VENT

À force de puiser les ressources souterraines et de polluer la vie, la civilisation industrielle, vieille de mille ans, vit sa chute lors des « sept jours de feu ». Cette guerre fut d'une rare violence et les dégâts infligés terribles. Le savoir et la vie furent presque anéantis. Mille ans de cette ère crépusculaire ont passé et l’humanité survit tant bien que mal, atteignant l'âge de la céramique. Entre un vaste désert et la « Mer de la Décomposition » (腐海, fukai, gigantesque forêt produisant des spores toxiques qui propagent et répandent ainsi cet écosystème), quelques îlots de vie accueillent différentes communautés humaines. La fukai est protégée par des insectes géants, qui se sont adaptés à cet environnement pollué. Les « Ômus » (王蟲, Oomu, litt. « insecte-roi ») en sont les principaux représentants, par leur taille et leur sensibilité. La Vallée du vent est une zone protégée des spores par les vents marins, habitée par quelques centaines de personnes. De par une ancienne alliance, elle se retrouve impliquée dans une guerre entre les royaumes de Pejite et de Tolmèque qui se disputent une des armes utilisées durant les « sept jours de feu ». La fille du roi Jill de la vallée du vent se retrouve au cœur de ces affrontements. Guidée par son amour de tous les êtres vivants, Nausicaä va progressivement devenir une figure majeure de ce conflit et tentera par tous les moyens d’interrompre les combats.

Je ne remercierais jamais Arte d’avoir proposer, ces jours ci, un cycle sur Hayao Miyazaki, le célèbre dessinateur et réalisateur japonais, ce qui m’aura permis de passer deux excellentes soirées, tout d’abord, avec Le château ambulant, où malheureusement, je me suis endormis vers la fin (ce qui explique l’absence de critique de ce long métrage d’animation sur ce blog) après que j’ai raté le début, et, ce jeudi, avec le sublime Nausicaä de la vallée du vent, chef d’œuvre absolu, qui m’aura entrainer très loin, m’émerveillant comme rarement je l’ai été ces derniers temps, et me faisant découvrir un univers, des personnages et une intrigue que je souhaiterais approfondir davantage, par le biais du manga éponyme, d’où le film est tiré. Ca ne sera probablement pas pour toute suite, mais une chose est claire, cette saga est sur mes tablettes. Je ne remercierais donc jamais assez Arte, donc, depuis longtemps ma chaine préférée, pour m’avoir permis de découvrir cette œuvre, que je connaissais plus ou moins par le titre, par l’héroïne qui ne m’étais pas totalement inconnue, mais que, comme bien souvent avec moi, je n’avais jamais eu l’occasion de voir jusqu’à maintenant. Par certains cotés, il n’est pas plus mal que je n’ai jamais vu la première version internationale, amputée d’une bonne partie et tout bonnement tronquée ; mais bon, celle-ci, fidèle à l’œuvre originale, est disponible depuis un certain temps et il est dommage, une fois de plus, que j’ai attendu aussi longtemps pour la découvrir. Enfin bon, rien de grave a cela : dans le fond, mieux vaut tard que jamais et il est évidant que ce Nausicaä est un incontournable qui se doit d’être vu.

Datant des années 80 et tirer d’un manga de Miyazaki, Nausicaä de la vallée du vent, tant le film que la BD (mais surtout celle-ci) est une œuvre tout bonnement culte au pays du soleil levant. Et cela se comprend des les premières minutes de ce long métrage d’animations, tant par les graphismes, enchanteurs, la musique, envoutante, et l’intrigue, captivante a souhait : dans un monde dévaster par l’apocalypse, provoquer par les hommes près de mille ans auparavant, le spectateur découvre petit à petit de rares survivants humains aux prises avec une faune et une flore plus qu’hostiles ; insectes géants, plantes toxiques, l’air même est irrespirable et dangereux sauf en de rares points du globe. Dans cette Terre post-apocalyptique, l’avenir de l’Homme apparaît comme bien sombre, même si certains, comme le peuple de Nausicaä, tentent tant bien que mal de vivre leur vie, paisiblement, ce qui n’est pas le cas de tout le monde : des royaumes militaristes sont prêts a tout pour parvenir a leur fin, y compris utiliser les manières les plus violentes et horribles vis-à-vis de leurs adversaires, même si leur buts a tous, et on le comprend assez rapidement, est plus ou moins le même : détruire toutes ces plantes toxiques qui petit a petit, menacent la survie de l’humanité. Bien évidement, c’est à deux visions totalement différentes que l’on a à faire : la rapide, brutale, violente, et qui pourrait provoquer les mêmes dommages qu’auparavant et la patiente, bien plus pacifique, en adéquation avec la nature. Car vous l’aurez compris, Nausicaä de la vallée du vent, curieuse œuvre de SF, dans un monde post-apocalyptique où se mêlent des éléments moyenâgeux a d’autres plus modernes, donnant parfois des allures quasi Steampunk (c'est fou ce que les RPG japonais ont pompés dessus), porte avant tout en elle un formidable message écologiste, a une époque donc, les années 80, ou celle-ci (la sauvegarde de la nature, le danger de l’impact humain sur l’avenir de la planète etc.) où celui-ci n’avait pas la même importance que de nos jours. Certes, on le connaissait, on en parlait, mais si peu encore. Bien évidement, au Japon, et cela a beaucoup a voir avec le fait que ce pays ait subit deux bombardements atomiques, ces questions écologistes, ce concept de fin du monde par la responsabilité humaine, ce message que l’on voit dans Nausicaä, est plus ancien, et l’on le retrouve dans bon nombre d’œuvres diverses. Mais de façon aussi magistrale, franchement, c’est une toute autre chose.

Car oui, je l’ai déjà dit, mais je vais me répéter : Nausicaä de la vallée du vent est tout bonnement un chef d’œuvre. L’on pourrait se dire que dans le fond, l’idée de base est loin d’être d’une originalité époustouflante, que Nausicaä (l’héroïne, pas le titre) écrase les autres protagonistes de par son charisme époustouflant, ce qui serait exact, et que le message proposé par Miyazaki, il vaut mieux collaborer avec la nature que la détruire, est un peu naïf. Et alors, après tout, celui-ci n’est pas si absurde que cela. Alors, autant être naïf. Quand aux personnages, si tous ne sont pas a la hauteur de Nausicaä, mais celle-ci mais la barre vraiment haut, ils sont a la fois attachants voir assez charismatiques pour certains (je pense en particulier a la princesse Kushana). Et comme je le disais en préambule, les dessins, atteignant parfois le sublime, surtout sur les décors, et la musique, présente quand il faut, mais toujours a propos, c'est-à-dire en phase avec la scène, a la fois envoutante dans les moments les plus calmes, ou dramatique, rehaussent encore l’ensemble, tout comme l’intrigue, captivante a souhait, qui fait que le spectateur, une fois rentré dans l’histoire, n’en perd pas une miette, et ce, jusqu’à la fin, regrettant celle-ci, forcement, tant il aurait aimer prolonger son expérience dans ce monde si merveilleux de Nausicaä, monde qu’il ne peut, du coup, quitter qu’a regrets.

Nausicaä de la vallée du vent mérite largement le détour, tant il fourmille de qualités, et sincèrement, je suis bien contant de l’avoir vu pour la première cette semaine ; la découverte de ce véritable petit bijou de Miyazaki fut pour moi un véritable plaisir. J’espère que ceux qui ne l’ont pas encore vu, et qui comptent un jour le voir, ressentiront la même satisfaction que moi… Faudra vraiment que je me lance dans la BD, bien sur, et que je me procure le DVD car je n’ai envie que d’une chose, revoir Nausicaä le plus rapidement possible !

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