dimanche 4 avril 2010

LE GRAND JEU : LA TERRE CREUSE


LE GRAND JEU : LA TERRE CREUSE

Le jour pâle se lève sur la banquise. Prisonnier de ce paysage de glace, Nestor Serge est à l'aube de découvrir le secret de la Zone : une base nazie qui expérimente les soucoupes volantes. Mais pour l'heure, le journaliste doit penser à son évasion. Il tente un rapprochement avec sa compagne de cellule, sans succès. La libération viendra de son ami Bergier et du sous-marin « Octobre rouge »... Jean Pierre Pécau (Histoire Secrète, Empire) vous révèle les grandes théories conspirationnistes développées autour d’une histoire occulte Nazie. Un bel hommage à Jacques Bergier, le maître du réalisme fantastique (Le Matin des magiciens) !

Il m’aura fallut plusieurs mois pour finalement me procurer le troisième tome qui clôt le premier cycle du Grand Jeu, énième création du fort productif Jean Pierre Pécau, scénariste qui revient souvent sur ce blog. Hum, j’ai bien dit « premier cycle » ? Et oui, car une fois de plus, le lecteur qui aurait put croire que pour une fois, il allait se contenter d’une histoire répartie sur trois petits volumes va devoir une fois de plus se taper une nouvelle série en x tomes puisque, sur la couverture, un quatrième tome est prévu. Enfin, bien évidement, pour ce qui est de l’obligation, cela reste relatif puisque personne ne nous oblige à le faire mais bon, personnellement, lorsque je débute une série, j’aime bien aller au bout des choses et une nouvelle fois, je vais devoir faire des économies pour me procurer les tomes à venir. Maintenant, le problème est le suivant, Le grand jeu méritait-il vraiment que d’autres tomes ? En fait, oui et non comme je vais vous l’expliquer.

Indéniablement, comme cela avait été dit pour les deux premiers volumes de la série, le lecteur ne se trouve pas là devant une grande série, loin de là. Pour ce qui est de Pécau, il est évidant que celui-ci à déjà fait beaucoup mieux et si vous deviez faire des choix, ne serais ce que pour des raisons économiques (qui sont encore les meilleures a bien y réfléchir), autant en rester à L’histoire secrète ou mieux, Empire (pour ce qui est de Keltos qui promet beaucoup, attendons la suite pour en juger). Maintenant, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas… euh, dit (désolé pour la répétition) : Le grand jeu n’est pas un étron quelconque sans aucun intérêt, loin de là une telle idée. Disons plutôt que cette BD, au demeurant sympathique et au concept de départ, la victoire rapide des démocraties occidentales sur le Reich des 1940 (concept qui, il me semble, n’a jamais été utilisé ?), fort original, pèche énormément par une habitude de Pécau qui peut vite devenir une tare, son habitude de nous abreuver d’une dizaines de références par page, ce qui fait qu’au bout d’un album, le lecteur, qu’il les connaisse ou pas, frôle l’indigestion. Et dans Le grand jeu, on n’y échappe pas et tout y passe : croyances occultes des nazis, divisions tibétaines SS, mythe de la Terre creuse, de l’Atlantide et de… Cthulhu (sic !), loups garous, super héros fascistes, armes secrètes nazis, soucoupes volantes nazis et… autres, anciennes civilisations, extraterrestres, etc. etc. etc. Ouf ! J’en passe et des meilleurs ! Bien évidement, tout cela a une raison, ou plutôt une origine : Le matin des magiciens, de Powells et Bergier, celui-ci jouant un rôle important dans la trilogie, ce qui plaira certes aux amateurs de cet inimitable et original personnage, mais laissera les autres indifférents. Car avant tout, voila ce qu’est Le grand jeu, un hommage à Jacques Bergier. Alors, forcement, ceux qui le connaissent seront aux anges et surtout, ne seront pas dépaysés au milieu de tout ce fouillis, pour ce qui est des autres, bien plus nombreux, c’est un tout autre problème et ceux-ci risquent vite de se lasser. Et d’ailleurs, pour eux, peu sont ceux qui auront tenus jusqu'à ce fameux tome trois.

Et pourtant, c’est dommage. Car cette Terre creuse, finalement, dans la lignée de ces prédécesseurs, possède néanmoins des qualités qui, à défaut d’en faire une grande BD inoubliable, n’en reste pas moins agréable, conclut bien la série, telle qu’elle était jusque là, et j’y aie pris un plaisir certain à la lire. Alors bien sur, les personnages sont un peu trop stéréotypés pour être honnêtes, et manquent franchement de charisme, c’est une certitude, certains raccourcis sont un peu faciles quant aux dialogues, on ne peut pas dire que ceux-ci volent véritablement bien haut. Pourtant, comme l’on peut se plaire, parfois, à regarder un nanard cinématographique, l’on lit Le grand jeu comme une bonne petite série B, comme un agréable passe temps, sans prise de tête. Une idée de départ très originale, un univers intéressant, un hommage qui fera plaisir aux amateurs de Bergier et des dessins, car il faut savoir rendre hommage à l’artiste, de Pilipovic qui mettent le tout en valeur, sans atteindre, il faut le reconnaître, des sommets dans le genre. En fait, le véritable problème qui se pose, c’est ce que je vous disais en préambule de cette critique, Le grand jeu méritait il d’avoir d’autres tomes ? Il est temps de répondre à cette question.

Tel qu’il nous est proposé, franchement, non. Personnellement, il me semble évidant que les auteurs auraient mieux fait d’en rester là, après tout, que vont-ils bien pouvoir ajouter à l’intrigue a part créer une autre histoire dans un autre lieu du monde (en Indochine comme le laisse supposer la fin ?). Ceci serait loin d’être indispensable. Par contre, et là, je touche a l’un des plus gros défauts de l’œuvre dans son ensemble, le tout est si vite expédié, les références sont si nombreuses et finalement, a peine abordées, que l’on arrive aux dernières pages de la Terre creuse avec un sentiment de manque, d’inachevé, en se disant que si Jean Pierre Pécau s’était un peu plus investit, il aurait put nous créer une œuvre d’un tout autre acabit. Car il est indéniable que toute cette intrigue aurait méritée d’être plus approfondie, et là, l’on aurait justifié d’autres tomes. Au lieu de quoi, pour faire une comparaison cinématographique, on a l’impression de se retrouver devant un film où se bousculent milles idées en une heure vingt, alors qu’il y avait de la place pour deux heures, deux heures et demi. Dommage, car tant ce troisième tome, La Terre creuse, que la série en général, ne m’a pas laisser totalement indifférent. Peut être est ce dut au fait que je suis un habitué des « croyances Bergiennes », probablement même, mais cet arrière gout d’inachevé m’a laisser sur ma faim. Attendons désormais ce que sera la suite de ce Grand jeu, sans une grande impatience, certes, mais avec une certaine curiosité.

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