dimanche 18 avril 2010

LA PETITE TAISEUSE


LA PETITE TAISEUSE

C’est l’histoire d’un Village, d’une petite fille silencieuse et d’un meunier... La vieille dame qui apportait chaque jour de la nourriture au meunier venait de mourir. Qui allait la remplacer ? s’inquiétait le Village. Le meunier avait l’air si étrange, personne ne souhaitait le rencontrer... Mais il y en avait une autre qui avait l’air étrange, c’était cette petite fille qui ne disait jamais, jamais rien. On l’appelait la «petite taiseuse». Eh bien c’était tout trouvé, c’est elle qui remplacerait la vieille! Les jours passèrent, la petite s’acquittait de sa tâche, toujours silencieuse, sans jamais répondre aux questions du Village que la curiosité rongeait. Il aurait tant voulu savoir ce qui se passait au moulin. La Vent se moqua de la rage du Village et lui fit honte: il suffisait juste de savoir tendre l’oreille! Aussi, quelle ne fut pas la surprise du Village, lorsqu’écoutant les conseils du Vent, il finit par entendre les bribes d’une conversation entre la petite fille et le meunier. Comme ils semblaient heureux de se parler, et aussi de s’écouter ! Le Village tendit encore l’oreille et les mots portés par le Vent lui apprirent qu’il avait eu tort de se méfier de la petite taiseuse et de son meunier… Les illustrations délicates accompagnent harmonieusement ce conte qui aborde avec simplicité et poésie la difficulté de certains êtres à communiquer, le poids du silence ou des secrets, la souffrance de se sentir différent, le regard ou l’incompréhension des autres qui parfois isolent du reste du monde...

Avant toute chose, je me dois d’être honnête avec vous, mes lecteurs. En effet, un élément important est à prendre en compte pour la critique de ce magnifique (ca y est, je commence) livre pour enfants : je connais une partie de la famille proche de l’illustratrice, puisque celle-ci est la sœur de l’une de mes amis. Alors, même si je n’ai jamais rencontré personnellement Marianne Ratier, vous vous doutez bien qu’il me sera très difficile d’être totalement objectif (même si je vais essayer de l’être de mon mieux) en écrivant la critique qui suit. D’ailleurs, ne nous leurrons pas, sans ce lien de famille, cet article n’existerait probablement pas, et je n’aurais surement jamais lu cet album, ce qui, au demeurant, aurait été dommage : en effet, La petite taiseuse mérite amplement le détour, comme je vais essayer de vous l’expliquer ci-dessous.

Tout d’abord, commençons par les illustrations, celles-ci ayant forcement leurs importances dans un album destiné aux plus jeunes d’entre nous ; en toute franchise, je les ai vraiment apprécié. Utilisant très peu les couleurs, qui, sans être totalement absentes n’en sont pas moins atténuées, Marianne Ratier possède vraiment un style ma fois intéressant, que je qualifierais d’enchanteur ; sans grands détails, les protagonistes de cette petite histoire sont assez attachants, que cela soit la fameuse petite taiseuse, cette jeune fille qui ne parle jamais, le meunier voir le chat, dont on remarquera qu’il n’a pas d’yeux (est ce fait exprès, et dans quel but ? Il faudra que je pose la question). De même, les décors, sans regorger de détails sur lesquels ont pourraient s’attarder, retranscrivent assez bien l’ambiance générale de l’intrigue et sont assez agréables. On est loin d’un style typiquement minimaliste, non, c’est autre chose qui pourrait paraître, de prime abord, simple, alors que l’on sent le travail derrière chaque protagoniste, chaque décor champêtre etc. Bref, vous l’avez compris, ce style me plait, éveillant mon intention et d’ailleurs, des mon prochain post, je vous fournirais un lien vers le site de l’illustratrice.

Mais quid du scénario ? Bon, avant tout, il est bon de rappeler que nous avons à faire à un livre pour les jeunes. Mais en disant cela, ne vous mettez pas dans l’esprit que La petite taiseuse est à ranger dans la même catégorie que les Petits ours brun par exemple. Loin de là d’ailleurs. En mettant en avant des valeurs simples, comme l’écoute de l’autre, mais aussi et surtout les préjugés de tout à chacun comme la méfiance envers ceux qui sont ou ont un comportement différents de la norme, la scénariste nous offre là une belle histoire, destiné avant tout aux plus jeunes, mais qui ne laissera pas indifférent les plus âgés. De plus, j’ai véritablement apprécier le fait que les habitants du village aient été, de part leur comportement et leurs préjugés communs, unis en un seul « personnage », cette personnification du village, étant quasiment un être vivant, comme le vent, autre protagoniste de l’histoire, une excellente trouvaille. Bref, vous l’avez compris, même si vous pouvez penser que j’ai depuis longtemps passé l’âge de lire des contes pour enfants, ce qui n’est peut être pas faux (et encore), j’ai véritablement passé un bon moment en lisant cette Petite taiseuse, tant pour son intrigue, peut être emplie de bons sentiments mais qui nous touchera par ses « vérités », que par les illustrations d’une Marianne Ratier, qui, incontestablement, méritent le détour. Alors, si vous aussi, de temps en temps, un « livre pour enfant » ne vous « effraie » pas, laissez donc vous tenter par cette agréable Petite taiseuse.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Le chat n'a effectivement pas d'yeux et c'est fait exprès. L'illustratrice a voulu montrer qu'on n'a pas besoin d'yeux pour "voir" ou inversement, on peut être aveugle ou sourd (comme le Village) en ayant des yeux et des oreilles. De même, la petite taiseuse ne parle pas et pourtant, elle a beaucoup à dire à celui qui veut bien l'écouter !
Bonne continuation pour ce blog très sympa... A bientôt donc !

Feanor a dit…

Hum, je me demande si je n’ai pas une petite idée de l’identité de « Anonyme » ?
Quoi qu’il en soit, merci pour les infos.

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