mercredi 24 février 2010

L’ÉCHANGE


L’ÉCHANGE

Los Angeles, 1928 : un samedi matin, dans une banlieue ouvrière, Christine dit au revoir à son fils Walter et part au travail. Quand elle rentre à la maison, Walter a disparu. Une recherche effrénée s’ensuit et, quelques mois plus tard, un garçon de neuf ans affirmant être Walter lui est restitué. Désorientée par l’avalanche de policiers et de reporters et par ses propres émotions, Christine ramène le garçon à la maison. Mais au fond de son coeur elle sait qu’il n’est pas son fils. Alors qu’elle essaie de convaincre les autorités de continuer à chercher, elle réalise que dans le contexte d’un Los Angeles en pleine prohibition, il n’est pas question pour une femme de remettre en cause le système et se faire entendre. Accusée d’être délirante et irresponsable, Christine s’allie au très engagé Révérend Briegleb qui l’aide à combattre les autorités de la ville et à chercher son fils disparu. Tiré de faits réels qui ont ébranlé le système judiciaire californien, le film raconte la quête d’une mère pour son fils et met à jour ceux prêts à tout pour la faire taire.

Malgré le fait que depuis de nombreuses années, le grand Clint Eastwood soit plus connu pour ses talents indéniables de réalisateur que d’acteur, à mes yeux, ce nom sera toujours synonyme des vieux westerns de Sergio Leone comme, pour ne citer que le plus connu, Le bon, la brute et le truand, et ce look indémodable de ce brave Clint, nonchalant, un poncho sur l’épaule et mordillant un vieux cigare. Pourtant, Clint Eastwood, ce n’est pas que cela, loin de là, et, comme je le disais, depuis quelques années, c’est en tant que réalisateur que son nom est associé, nous offrant régulièrement, selon la critique, de très bons films. Le problème, pour moi, c’est en fait, je suis passé complètement à coté de cette production (ce sont des choses qui arrivent), au point que je suis très mal placé pour jugé son œuvre, ou pour comparer, par exemple, ce film qui nous préoccupe aujourd’hui, L’échange, avec ces autres productions. Selon ma femme, j’en aurais déjà vu un, mais vu que je ne m’en souviens pas vraiment (ne me parlez même pas du titre, j’ai une mémoire de poisson rouge), on fera comme si j’étais un parfait néophyte de l’œuvre du « maître », et que cette critique, ne se fera du coup que sur le film en lui-même, sans allusions aux autres réalisations de Clint.

En toute objectivité, j’ai trouvé que L’échange était un bon film, et ce, malgré un sujet peu original (disparition d’un enfant, forces de l’ordre forcement corrompus a une époque où elles l’étaient, euh, comment dire, souvent, grands sentiments du personnage principal malgré les coups durs du destin etc.). S’inspirant apparemment d’un fait réel qui eut lieu à la fin des années 20, début des années 30 (c’est fou le nombre de films soit disant « inspirés » de faits réels, il faudrait un jour que je vérifie tout cela et a quel point les faits proposés à l’écran retransmettent ces fameux faits réels), L’échange nous montre donc une femme, interprétée par Angelina Jolie, célibataire, dont le fils disparaît mystérieusement un jour, et qui se voit en but a l’hostilité et a l’incompétence des forces de l’ordre après que celles-ci aient apparemment retrouvé celui-ci, un enfant qui visiblement n’est pas le sien. Le postulat de base étant lancé, le spectateur se voit donc embarqué pour deux heures suffisamment captivantes, voir passionnantes par moments, dans la grande tradition des films hollywoodiens où le public en a pour son argent, même si, après coup, on se dit que tout cela n’était pas aussi parfait que l’on le pensait sur le moment. Disons le tout de suite, cela nous évitera de tourner longtemps autour du pot : il n’y a rien de neuf avec cet Echange ; certes, c’est un bon film, certes, en toutes franchises, il m’a plut, mais bon, cela ne pas empêcher de ne pas avoir cette impression de « déjà vu » propre, comme dit plus haut, a ce fameux cinéma hollywoodien. Reconnaissons tout de même la grande force de celui-ci : ils sont véritablement doués pour nous offrir d’excellents films a profusion, avec de superbes décors, des acteurs inspirés et toute une ambiance qui fait que le spectateur « préférera » un film US a la concurrence étrangère (parfois a tort d’ailleurs, mais bref). Car L’échange, même s’il est incontestablement un bon film, n’en est pas moins porteur de nombreuses tares (oui, je n’ai pas peur des mots) que l’on retrouve régulièrement dans les œuvres américaines : franchement, les personnages, vous ne les trouvez pas caricaturaux au possible ? Entre le flic au regard méchant, borné au possible et capable du pire, l’autre flic, bourru mais juste, qui pense avant tout à son travail (ouah la, celui la, il est dans neuf films sur dix), le super avocat incorruptible qui ne perd jamais un procès contre la ville et qui, grand seigneur, accepte de défendre la jeune mère bénévolement, cela fait un peu trop, et ce n’est que quelques exemples. Mais j’ai laissé le meilleur pour la fin : la mère, justement ! Il lui arrive tout à cette pauvre maman : le fils disparaît, on lui ramène un enfant, présenté comme le sien mais qui est un parfait inconnu, elle se voit refouler par les forces de l’ordre (corrompues et méchantes, forcement) qui l’a font petit a petit passer pour une mauvaise mère, une hystérique et une folle… et hop, un petit tour a l’hôpital psy, véritable boutique des horreurs où tant de femmes subissent les sévices de médecins et d’infermières tout bonnement sadiques ; mais bon, cela finira bien pour tout ce petit monde et justice sera rendue ! Ouf, la morale est sauve ! Je caricature ? Non, même pas, ce sont les faits, uniquement. Alors, encore heureux qu’Angelina Jolie est en grande forme et qu’elle joue superbement, au point d’en être touchante dans sa souffrance (au moins, cela change de la nanardise absolue qu’a put être en son temps les divers Tomb Raider), mais bon, comme au même moment, John Malkovich (accessoirement, un acteur que j’apprécie énormément) ne semble pas vraiment concerné par son rôle et s’ennuie ferme, la performance de l’une est contrebalancée par la pauvresse de l’autre. Vraiment dommage.

Oui, vraiment dommage car au final, que peut on retenir de L’échange ? Sincèrement, même deux jours après l’avoir vu, j’ai du mal a me faire une idée juste et précise. D’un coté, ce film m’a procuré un bon moment et j’ai pris un certain plaisir à le regarder, et, incontestablement, c’est un bon film. Mais « bon » comme tant d’autres finalement car celui-ci ne possède pas la petite touche qui fait qu’il se démarquera de la masse, il n’a pas ce petit quelque chose qui en fait un incontournable. Regardez L’échange et vous regarderez un film agréable, captivant, mais sans surprises aucune, et qui sera vite relégué aux oubliettes comme tant d’autres tant il ressemble a la production habituelle, avec ses qualités, mais aussi ses défauts. Tenez, un dernier exemple flagrant pour finir : le final. Arrivé aux tous derniers instants du film, le spectateur aura deviné le sort du pauvre enfant, pourtant, Clint, dans un grand moment hollywoodien, forcement, réussi a nous pondre un happy-end… Franchement, j’en suis encore perplexe…

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