vendredi 15 janvier 2010

LA VOIX DES MORTS


LA VOIX DES MORTS

Après l’assassinat de sa femme Sarah, l’architecte Jonathan Rivers a sombré dans un profond désespoir. Lorsque s’offre à lui une chance inespérée de communiquer avec la disparue, Jonathan n’hésite pas et rejoint les milliers d’adeptes de l’EVP (Electronic Voice Phenomenon) qui à travers le monde s’efforcent de capter la voix des morts. Sa tentative est couronnée de succès et Anna lui confie une mission : élucider le mystère autour de sa soudaine disparition. Jonathan décide de consacrer tous ses efforts à cette tâche qui tourne vite à l’obsession. Mais le monde de l’EVP, peuplé d’entités maléfiques, recèle de dangers qu’il est loin de soupçonner. A son insu, Jonathan entame une descente dans des abîmes dont il risque fort de ne jamais revenir…

Il y a une quinzaine d’années environ, je découvrais alors que j’atteignais l’age adulte, ce que l’on appelle communément la transcommunication instrumentale. A l’époque, ce que j’appris m’avait assez emballer puisque depuis des décennies, des chercheurs, mais aussi des gens comme vous et moi passaient une bonne partie de leurs journées leur magnétophone en main, enregistrant tout et n’importe quoi, le poste de télévision allumé, sur un canal ne recevant aucune chaîne, dans l’espoir de capter la voix de nos chers disparus. Bien évidement, arrivé là, la majeure partir d’entre vous doivent sourire doucement et ce dire que tout cela n’est que d’agréables foutaises ; cependant, même si je suis plus prudent et réservé quand a la provenance exacte du phénomène que je ne put l’être quand j’avais un peu moins de 20 ans, je suis loin de le nier : des clichés troublants existent, des enregistrements de voix également et si tout cela ne signifie pas que la vie après la mort existe et que se sont bel et bien les morts qui communiqueraient avec nous, rejeter le phénomène ne serait pas la bonne méthode a effectuer car après tout, il serait bien intéressant, selon moi de l’étudier, ne serais ce que pour le comprendre. Après tout, ce que l’on nomme bien souvent les phénomènes paranormaux ne sont que des phénomènes que la science ne peut expliquer, pour le moment ; rien ne dit qu’un jour, cela ne soit pas le cas. Bref, tout cela pour vous dire que la transcommunication instrumentale, quelque soit l’origine du phénomène, était un sujet que je connaissais bien, et qui m’intéressait.

Ainsi, il y a quelques années (en 2005 pour être précis), lorsque j’appris qu’un film traitant du sujet était sortit, cela éveilla immédiatement mon intérêt et, bien évidement, je m’étais dépêcher de me procurer le DVD. La voix des morts, puisqu’il s’agit de l’œuvre qui nous intéresse aujourd’hui m’avait légèrement déçu à l’époque, mais, avec le temps, et surtout un certain oublie quand à sa qualité, l’envie de le revoir me repris, ce qui fut chose faite ce matin. Et sincèrement, si mon opinion à propos de ce film n’était pas des plus enthousiaste jusqu'à alors, depuis, celle-ci s’est indéniablement dégradée.

Franchement, La voix des morts est l’exemple type de ce que le cinéma américain peut nous pondre de plus détestable. Prenez un sujet intéressant, ou qui du moins, mériterait que l’on le traite dans un film, de façon originale, un sujet peu connu du grand public comme la transcommunication instrumentale, qui, ce même public en est rester aux boules de cristal et aux coups tapés dans le mur, bref, tous les ingrédients pour en faire, pas forcement une réussite absolue, mais au moins, un long métrage qui brillera par son sujet, peu commun. Prenez donc le tout et Hollywood nous pondra un vulgaire machin, sorte de mélange entre le film a suspens et l’épouvante, où le suspens prend complètement le pas sur le sujet du film, qui est, faut il le rappeler, la communication avec les morts, et où des scénaristes visiblement peu inspirés, se sont cru obligés de dénaturer celui-ci pour faire du personnage principal, sobrement joué par un Michael Keaton sous anesthésiants, un espèce de voyants qui voit les scènes de crime et de danger avant que celles-ci ne surviennent… Pathétique selon moi, tout simplement et, du coup, une énorme déception renforcée par le fait que le début du film, sans être d’une extraordinaire originalité (la compagne du héros prend sa voiture et disparaît, celui-ci est triste, les semaines passent, le héros est triste, mais il continu a se plonger dans son travail car c’est un bon américain) laissait entrevoir une suite plus captivante, surtout au moment où un gus vient annoncer a notre brave Michael Keaton que sa femme est morte, puisqu’elle lui a annoncer, et que, par la suite, il lui explique en gros ce qu’est la transcommunication. A partir de là, deux choix se posaient pour les scénaristes : sortir des sentiers battus et nous parler du phénomène, avec tous les doutes, positifs et négatifs que l’on peut avoir quand a sa réalité, mais aussi de l’obsession que peuvent éprouver ceux qui ont perdus un proche pour essayer coûte que coûte, de rentrer en contact avec celui-ci, au point parfois d’entendre ce que l’on veut entendre (d’ailleurs, la phrase est prononcée dans le film, avant que cela ne dérape malheureusement). Bref, de quoi faire un excellent film, certes plus contemplatif et plus porté sur la réflexion mais qui aurait donné la part belle a la transcommunication mais aussi a la souffrance de ceux qui survivent. Le deuxième choix, ne chercher pas plus loin, c’est celui que nous avons eu au final (après tout, nous sommes a Hollywood les gars !) : le phénomène des voix malfaisantes, occasionnelle dans la transcommunication est poussé non seulement a son paroxysme, mais par-dessus le marché, ces « morts malfaisants » sont bigrement dangereux puisqu’ils n’hésitent pas a tuer, a pousser au suicide, a dévaster un appartement et, cerise sur le gâteau du grand guignolesque, a pousser un type a enlever, séquestrer et tuer des femmes ! Bigre, rien que ça ! De plus, comme si cela ne suffisait pas, plus on avance dans le film, plus on rentre dans le grand n’importe quoi, surtout lorsque le héros est prévenu par sa femme décédée de tel événement et qu’il court les rues pour essayer de sauver des vies… Non mais franchement, de qui se moque t’on ?... Je m’abstiendrait de vous parler du final, ridicule a souhait ; après tout, on ne tire pas sur une ambulance…

La voix des morts est une terrible désillusion, incontestablement. D’un sujet peu banal, voir jamais utilisé dans le cas de la transcommunication instrumentale, qui avait le potentiel pour en faire un film marquant, le spectateur aura droit au final a une espèce de mauvais film où se mêlent le suspens, l’horreur et le fantastique et où, tout le « folklore » lié à l’EVP (comme disent nos amis anglo-saxons) n’est la que pour servir de décor et de prétexte : remplacer les télés et les magnétos pas une table de Ouija et le résultat sera le même. Bref, un film très moyen, très consensuel, sans aucune surprise ni prise de risque, un film a oublié de toutes urgences !

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