dimanche 6 décembre 2009

THE READER


THE READER

Allemagne de l'Ouest, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Un adolescent, Michael Berg, fait par hasard la connaissance de Hanna, une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Commence alors une liaison secrète et passionnelle. Pendant plusieurs mois, Michael rejoint Hanna chez elle tous les jours, et l'un de leurs jeux consiste à ce qu'il lui fasse la lecture. Il découvre peu à peu le plaisir qu'elle éprouve lors de ce rituel tandis qu'il lui lit L'Odyssée, Huckleberry Finn et La Dame au petit chien. Hanna reste pourtant mystérieuse et imprévisible. Un jour, elle disparaît, laissant Michael le coeur brisé. Huit ans plus tard, devenu étudiant en droit, Michael assiste aux procès des crimes de guerre Nazi. Il retrouve Hanna... sur le banc des accusés. Peu à peu, le passé secret de Hanna est dévoilé au grand jour...

Bon, avant de me lancer dans la critique de The Reader, je dois avouer que je ne suis pas très objectif vis-à-vis de celui-ci, la faute (ou grâce) à la présence de Kate Winslet, qui, depuis que je l’ai découverte il y a maintenant une grosse poignée d’années et tout simplement mon actrice préférée. Et oui, j’ai bien le droit d’être fan de quelqu’un, et dans le cas présent, j’éprouve toujours un plaisir certain à retrouver dans une œuvre cinématographique celle qui fut révélée au monde par Titanic (aux cotés de qui vous savez), même s’il faut bien reconnaître que sa présence au grand écran est parfois trop rare à mon goût (enfin, ces temps si, elle semble être un peu plus présente). Enfin, je ne suis pas objectif, certes, mais même ainsi, ce qui compte le plus, c’est que le film lui-même soit bon et le jours où celle-ci tournera dans un navet, Kate Winslet ou pas, je n’hésiterais pas à le signaler. Mais pour ce qui est de The Reader, dans quelle catégorie se classe t’il ? Incontestablement, du moins selon mois, dans celle des très bons films.

Oui, je sais, j’aime les films de « bonnes femmes » comme dirait quelqu’un que je connais très bien ; je ne peux m’empêcher d’être attiré par ces belles histoires d’amour le plus souvent impossible et à l’issu tragique (mais bon, je n’ai rien contre le fait que cela finisse bien) et à ce sujet, j’ai remarquer que très souvent, les films ou apparaît Kate Winslet finissent pas forcement bien : on est bien loin de la comédie sentimentale hollywoodienne, très loin même. Amour impossible (une femme d’une trentaine d’années/un adolescent auquel il faut rajouter le fait, non négligeable à l’époque où à lieu l’intrigue que celle-ci fut une ancienne SS), amour contrarié, incompréhensions mutuelles, The Reader s’éloigne très rapidement de la simple histoire d’amour pour nous entraîner nous, les personnages, dans une intrigue bien plus complexe où prédomine la tristesse mais où des sentiments aussi complexes que le rôle de chacun dans le second conflit mondial (la scène où les accusées sont traitées de nazis par une foule plutôt âgée est révélatrice de cela : quelles étaient les opinions politiques de celles-ci lorsque Hitler était au pouvoir ? Et m’a fait penser à ce qui arriva en France lors de la libération où soudainement, la population se prétendit « résistante »), le fait de savoir ou non, bref, la responsabilité de tout un peuple devant un acte, horrible, la Shoah, et le fait de juger des gens, dont la responsabilité est certaine, mais qui apparaissent aussi comme des boucs émissaires. Une œuvre, donc, que l’on peut diviser en deux parties : une première, qui nous narre les premiers émois amoureux d’un adolescent avec une femme plus âgée, qui lui apprend tout des jeux de l’amour, puis, une seconde partie bien plus sombre, quelques années plus tard, lorsque celui-ci à grandi et se fait homme, et qu’il apprend l’horrible vérité au sujet de celle qui, malgré tout, restera comme le grand amour (voir l’unique) de sa vie. Tout cela, incontestablement fait de The Reader un film bouleversant, qui donne à réfléchir sur bien des sujets, dont certains assez graves, et sublimé par le jeu d’acteurs tout simplement excellents ; Kate Winslet, bien entendu, tout simplement parfaite dans un rôle à la fois ambigu et triste (après tout, elle préfère cacher au monde le fait qu’elle soit analphabète que se défendre) mais aussi, et bien plus que Ralph Fiennes (égal à lui-même, c'est-à-dire bon, mais à la présence limitée finalement), au jeune David Kross qui pour moi fut la révélation de ce film. Bref, vous l’avez compris, à mes yeux, The Reader est l’un des films de l’année, et je le conseille vivement aux amateurs du genre tout en leur donnant cette petite mise en garde : cette œuvre est très loin de n’être qu’une banale histoire d’amour contrariée.

Pour finir, je ne pouvais ne pas m’indigner devant l’avis de certains critiques (pour ne pas les citer, le journal Le Monde, les américains dans leur grand ensemble) qui ont osés prétendre que ce film serait… antisémite ! Mais où vont-ils chercher de telles aberrations, je me le demande ? Est-ce parce que, malgré la révélation du passé de Hanna (Kate Winslet), l’amour pour elle perdure ? Est-ce parce que, les crimes de celle-ci, qui ne sont aucunement niés tout au long de l’histoire, pourraient avoir une infime explication par le fait qu’elle soit analphabète et que sa honte l’ai souvent amener à fuir, y compris rejoindre les SS ? Est-ce que parce que, à un moment donné, l’un des étudiants ose affirmer que ce procès, justifié vu les crimes, l’est moins par le fait que ces femmes doivent payer, en tant que boucs émissaires, pour les fautes de tout un peuple ? Si c’est le cas, et bien, je n’aurais aucun problème à le dire : une telle accusation est parfaitement ridicule, tout simplement. Et à force de crier à l’antisémitisme pour tout et n’importe quoi, l’on fait plus de mal que de bien…

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Jette un oeil aussi à Eternal Sunshine Of The Spotless Mind de Michel Gondry si tu est fan de Kate Winslet car il vaut le détour.

Karim

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