mercredi 9 décembre 2009

SLEEPY HOLLOW


SLEEPY HOLLOW

A la veille du XIXe siècle, dans une bourgade de la Nouvelle-Angleterre nommée Sleepy Hollow, trois crimes affreux ont été perpétrés en moins de quinze jours. Les trois victimes ont été retrouvées le corps sans tête, les têtes ayant disparu. Lorsque la justice de New York l'apprend, elle envoie sur les lieux un de ses plus fins limiers : l'inspecteur de police Ichabod Crane. Lorsque celui-ci arrive à Sleepy Hollow, il apprend des villageois que ces crimes auraient été commis par un terrifiant et redoutable cavalier sans tête qui serait mort dans les bois du Ponant, aux alentours du village, vingt ans plus tôt et qui serait revenu des enfers dans le but de faucher des têtes. Ne croyant pas à ces histoires de fantômes, l'inspecteur est bien décidé à percer le mystère de cette sombre affaire avec l'aide du jeune Masbath et de la ravissante et étrange Katrina Van Tessel. Alors que l'enquête se poursuit, les meurtres quant à eux se multiplient...

Après vous avoir proposer la critique d’un film, The Reader, avec mon actrice préférée, Kate Winslet, en voila une autre, mais avec mon acteur fétiche, Johnny Depp et, petite cerise sur le gâteau, le grand Tim Burton dont je suis un grand fan depuis fort longtemps. Bref, vous l’avez compris, à priori, ce Sleepy Hollow, fortement inspiré de la nouvelle de Washington Irving, La Légende de Sleepy Hollow possédait tous les atouts pour me plaire. Pourtant, comme souvent, les choses ne sont pas aussi simples et je dois reconnaître qu’il m’aura fallut revoir cette œuvre pour la énième fois pour qu’elle soit, à mes yeux, entièrement réhabiliter. Pourtant, il y a près de dix ans, lorsque je vis ce film pour la première fois, j’avais été immédiatement enchanté par celui-ci ; oh, pas forcement le meilleur du duo mythique Depp/Burton, mais suffisamment plaisant et possédant bon nombre de qualités pour un faire un excellent divertissement comme seul Tim Burton sait nous en proposer et le fait avec talent depuis bien des années. Pourtant, au fil des années, en quelques sortes, Sleepy Hollow connut une sorte de malédiction à chaque fois que je l’ai revu : indéniablement, à un moment ou un autre, je m’endormais (le plus souvent, vers le milieu), ce qui nuisait fortement (forcement) à la compréhension de l’intrigue, surtout que, vu que cela arrivait tout le temps, j’avais finit par me convaincre que cela était du au fait que le film n’était pas si terrible que ça. Cruelle erreur à son égard, et cette fois ci, après l’avoir revu de bout en bout (c’était pas gagné), mon opinion sur celui-ci à le tout naturellement été revue à la hausse et c’est donc avec un certain plaisir que je peux affirmer que Sleepy Hollow mérite amplement le détour.

Tout d’abord, je pense que la plupart d’entre vous ont, un jours ou l’autre, entendu parler de cette fameuse légende (américaine, ce qui est rare) au sujet d’un cavalier sans tête qui parcourt les bois et les champs de bataille du nord est des USA en quête d’une tête de remplacement. Forcement, une telle « fable » ne pouvait qu’intéresser un réalisateur comme Tim Burton et le résultat final de son travail est tout bonnement excellant : tant par son ambiance générale comme ce village a l’architecture a la fois attirante et inquiétante, ces teintes sombres, ce brouillard quasi omniprésent tout au long du film, cette foret que l’on aurait pas aimer parcourir seul, la nuit et que n’aurait pas renier un Lovecraft (qui d’ailleurs, n’aimait pas les sous bois). Ou ses personnages, tous inquiétants et comiques, chacun à leur manière, les notables, ridicules d’apparence mais qui en savent beaucoup, l’inspecteur Ichabod Crane, rationaliste convaincu, inventeur loufoque à ses heures mais qui cache en lui bien des secrets sur son passé et dont les certitudes seront souvent remises en question et les femmes, toutes les femmes de cette histoire qui ont le dont de flirter allègrement avec d’antiques croyances païennes et qui savent si bien manipuler et ensorceler (au sens propre comme au figurer) ces monsieur si surs d’eux d’apparence mais rapidement effrayés par les événements. Et le chevalier, véritable fantôme ou simple imposteur : assez rapidement, le spectateur en aura le cœur net, mais pour ce qui est des buts de celui-ci, tout ne sera pas aussi simple et c’est bel et bien a une enquête policière que Tim Burton nous invite, comme le pensait des le départ le sérieux (trop ?) et fantasque inspecteur Crane, même s’il devra tout de même mettre en cause son coté cartésien. D’ailleurs, Sleepy Hollow nous montre une belle opposition entre la raison et le surnaturelle avec, d’un coté, les prémices des enquêtes policières dites sérieuses, les autopsies (a une époque ou cela était très mal vu pour ne pas dire interdit), personnifiées par l’inspecteur Crane, une espèce de Sherlock Holmes en conflit ouvert avec sa hiérarchie avant l’heure, aux croyances païennes, a la religion omniprésente dans un pays fortement marqué par des collons que l’on qualifierait aujourd’hui de fanatiques de part leur rigueur et leur fondamentalisme. Mais comme on s’en apercevra assez rapidement, le merveilleux et le fantastique prendront rapidement le pas sur la raison (qui justement, devra se faire une raison… désolé pour ce jeux de mot plus que facile), ce qui fera vaciller un temps notre très cher inspecteur, mais juste un temps comme il se doit. Alors bien sur, les aigris trouveront toujours à redire entre ceux qui trouveront le scénario un peu simpliste ou les autres qui n’y verront qu’un divertissement banal, comme Hollywood nous en pond par centaines par an (et ce, uniquement en raison de la poursuite finale), voir, pire, ceux qui affirmeront que Burton fit bien mieux avant et après (ce qui est peut être exact mais fort réducteur). Tant pis pour eux car Sleepy Hollow, entre son ambiance, ses acteurs inspirés, ses multiples clins d’oeils aux vieux films d’horreur de la Hammer est plus qu’un simple divertissement, c’est un « Burton inspiré », tout bonnement, et il me semble que cela suffit pour que l’on comprenne qu’il vaut largement le détour.

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