dimanche 1 novembre 2009

LE RUBAN BLANC


LE RUBAN BLANC

Un village protestant de l'Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale (1913/1914). L'histoire d'enfants et d'adolescents d'une chorale dirigée par l'instituteur du village et celle de leurs familles : le baron, le régisseur du domaine, le pasteur, le médecin, la sage-femme, les paysans... D'étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d'un rituel punitif. Qui se cache derrière tout cela ?

Lorsque j’entendis parler pour la première fois du Ruban blanc, lors du dernier Festival de Cannes, les cours extraits que j’avais put voir m’avait immédiatement accroché, de même que le synopsis, sombre, inquiétant et renforcé par le choix du noir et blanc. Bref, tout pour me plaire et ma conviction fut renforcée par le fait que le film de Michael Haneke, dont ma femme me disait le plus grand bien, reçu la Palme d’or. Puis, le temps passant, je dois avouer qu’il me sortit complètement de ma tète, et ce, jusqu'à il y a quelques semaines, alors que la date de sa sortie en salle approchait. Après avoir dit la phrase idiote par excellence « Ce film me dit quelque chose, j’ai déjà dut le voir ? », puis m’avoir rendu compte de ma stupidité, une fois ma mémoire de poisson rouge revenue, je m’étais dit que, si l’occasion se présentait, il me fallait voir ce film. D’où ma séance cinéma de cette après midi (profitons en, cela n’arrive que deux ou trois fois dans l’année). Cependant, malgré toutes ses promesses, mes sentiments à son égard sont légèrement mitigés…

En fait, il me semble que le ruban blanc à été tout bonnement, à mes yeux s’entend, victime de ce que j’appellerais le syndrome du « trop de », trop de promesses, trop de certitudes, en fait, les louanges furent si nombreuses qu’en fait, je m’attendais à une œuvre tout simplement inoubliable, ce genre de films que l’on ne voit que trop rarement. De même, je m’attendais tellement à ce que cette œuvre soit si inquiétante, si horrible, que du coup, je suis rester un peu sur ma faim. Le ruban blanc, un chef d’œuvre ? Non, un très bon film, incontestablement, mais c’est tout (ce qui pourrait être pas mal mais pas lorsque l’on s’attend à un monument).

Pourtant, je dois reconnaître que malgré ma petite déception, le film en lui-même n’est pas à remettre en cause, après tout, n’ais je pas pris du plaisir lors de sa projection ? Bien évidemment que oui, et pas qu’un peu. Comme convenu, le choix du noir et blanc, si rare de nos jours, fut une idée lumineuse esthétiquement parlant, renforçant le coté sombre et inquiétant d’une intrigue lourde, où des événements dramatiques, a priori au départ sans grand liens les uns avec les autres vont se succéder immanquablement, renforçant la méfiance et la paranoïa entre les habitants du village, pour la plupart porteurs de lourds secrets. Car du simple paysan au baron, en passant par le pasteur, la sage femme ou les écoliers, aucun des protagonistes n’est tout à fait clair, bien au contraire et chacun pourrait être, à des degrés divers, responsable des drames. Cette atmosphère oppressante, déjà soulignée par le noir et blanc, est sublimée par la présence de longs plans séquences, qui viennent marquer certaines scènes, ainsi que par des choix de caméras fixes, où l’on devine plus que l’on ne voit, ce qui renforce encore l’ambiance, pas forcement guillerette du film. Mais si les divers protagonistes sont tous inquiétants à leur manière, y compris les plus « innocents », les pires sont incontestablement les enfants qui pourraient bien être derrière tous les événements, ou du moins, une partie non négligeable d’entre eux. Des enfants dont l’éducation religieuse et sévère semble avoir métamorphoser en êtres cruels et insensibles. Une certaine idée du fanatisme ?

Alors, la fin, qui pourra en surprendre quelques uns, de part les questions sans réponses restées en suspens, survint, un peu de façon imprévue tandis que le narrateur nous apprend que la Grande Guerre à débutée, à l’issu des diverses déclarations de guerre. Certains se préparent à partir, la fleur au fusil, tandis que le spectateur, lui, se perdra en conjonctures sur l’identité des véritables coupables (même si personnellement, j’ai de forts doutes sur eux). Et le ruban blanc s’achève, sur ces questions, bien sur, et sur une curieuse impression où se mêlent des sentiments contradictoires comme la satisfaction d’avoir vu un bon film et la déception car, à force de trop en attendre, je l’avais imaginé autrement. Mais bon, malgré tout, une œuvre à ne pas rater, car ma semi-deception est plus venue de mon imagination d’avant film que de celui-ci en lui même qui mérite le détour.

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