mercredi 9 septembre 2009

SEPT ANS AU TIBET


SEPT ANS AU TIBET

A la fin de l'été 1939, l'alpiniste autrichien Heinrich Harrer, premier vainqueur de la face Nord de l'Eiger et qui rêve de conquérir le Nanga Parbat, sommet inviolé de l'Himalaya, accepte de l'argent nazi pour y planter le drapeau à croix gammée. La guerre éclate. Prisonnier des Britanniques à la frontière de l'Inde, il s'évade. Commence alors la véritable aventure de sa vie: une longue errance qui se termine a Lhassa, résidence du jeune dalaï-lama avec qui il se lie d'amitié.

Me voilà bien embeter au moment de vous écrire une critique de Sept ans au Tibet. Sincèrement, alors qu’en temps normal, je n’ai pas vraiment de difficultés à le faire, que cela soit pour un film, un roman ou un disque, et ce, que ceux-ci m’aient plu ou non, dans le cas présent, je dois reconnaître que je suis un peu perdu et que je me demande bien ce que je vais pouvoir écrire au sujet de ce film, qui lors de sa sortie, provoqua une petite polémique qui, faut il le rappeler, n’avait strictement rien à voir avec la qualité même du film, mais qui, encore au jour d’aujourd’hui, fait que, celui-ci soit considérer comme raté pour bon nombre de spécialistes, dans un jugement un peu hâtif et peu représentatif de la réalité.

Sept ans au Tibet, sans être un film exceptionnel et inoubliable, n’en est pas moins pourvus de qualités qui font que, l’on prend toujours un certain plaisir à le regarder. Justement, c’est peut être pour cela que, après maintes rediffusions, j’ai hésiter ce dimanche à le revoir : non pas que je ne l’aime pas (le contraire serait plus exact), mais plus par lassitude. Sentiment compréhensible au bout de six ou sept fois, d’où, probablement, mes doutes au début de cet article : que dire de plus ? Ce film, je le connais par cœur, et je l’aimais bien plus il y a dix ans qu’aujourd’hui. Mais cela est normal, je l’ai trop vu. Beaucoup trop. Cependant, après quelques appréhensions, j’avoue que je replongeai vite, au bout de quelques minutes dans l’intrigue, assez captivante bien qu’assez simpliste et sans surprises, comme tant d’œuvres hollywoodiennes. Mais bon, pourquoi sans priver ? Cette histoire de rédemption, d’un personnage principal, Brad Pitt, assez détestable au départ, et qui va changer du tout au tout au contact de la culture tibétaine est assez prenante, voir touchante par moments et possède tous les éléments pour retenir toute l’attention du spectateur. Alors oui, cela ne suffit pas à en faire un grand film. Mais, et je pèse mes mots, Sept ans au Tibet n’est pas un navet. Loin de là.

On aurait put critiquer la simplicité et les nombreux raccourcis du scénario, éloignées de l’œuvre principale, l’autobiographie d’ Heinrich Harrer, Sept ans d'aventures au Tibet, qui, elle-même, était déjà suffisamment aseptiser vis-à-vis de la réalité puisque celle-ci aurait été légèrement romancée. On aurait put contester bon nombre de détails historiquement faux, et ils sont nombreux dans le film. On aurait put regretter ce coté hollywoodien, ou ce bouddhisme tibétain, tellement à la mode et porter aux nues mais qui n’est pas exempt de défauts ? Mais non, la principale critique à l’encontre de Sept ans au Tibet est au-delà de toute considération artistique, et ce, parce que Heinrich Harrer fut, en son temps, un nazi. Voila, le mot est lâché, alors forcement, porter sur grand écran la vie d’un homme qui, à un moment donné de sa vie, cru, comme tant d’autres à une idéologie condamnable et ce, même si par la suite, au fil de ses voyages et de ses rencontres, il évolua positivement, cela ne pouvait être qu’un blasphème. Forcement, un nazi ne peut pas changer. Mais était il un dirigeant, un ardent militant, un fanatique du régime hitlérien ? Pas vraiment. Mais Harrer fut un SA, puis un SS, et cela, ne se pardonne pas (un peu comme pour Ratzinger, membre des jeunesses Hitlériennes). Et voilà pourquoi le film fut critiqué, qu’il y eut des menaces de boycott et que, dix ans plus tard, certains le regardent avec dédain. Non pas parce que Sept ans au Tibet soit mauvais, mais tout simplement car on y voit un ancien nazi évolué, modifier sa vision des choses, et changer. Comme si un homme, qui eut comme principal défaut de croire en une idéologie détestable, mais sans en être un acteur (ce n’étais qu’un alpiniste), ne pouvait pas changer. Je ne viens pas, par l’entremise de cet article, me faire l’avocat d’ Heinrich Harrer, qui ne devait pas être un saint, mais qui, à contrario, ne méritait probablement pas d’être diabolisé, tout comme le film. Film, d’ailleurs, qui aurait mériter un traitement plus impartial, et qui, romancé ou non, aurait dut être juger d’un point de vue cinématographique, et non politique.

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