samedi 18 juillet 2009

LES ANNALES DU DISQUE MONDE : CARPE JUGULUM


LES ANNALES DU DISQUE MONDE : CARPE JUGULUM

Jour de fête au pays de Lancre : Vérence (ex-membre de la Guilde des Fous) et Magrat (ex-sorcière), le couple royal, vont baptiser leur petite fille. Vérence a invité bon nombre de familles nobles du coin mais il a commis une erreur de taille en conviant les Margopyr, vieille famille de vampyres du royaume voisin. Lassés de leur vieux château, ces vampyres amateurs de vin rouge ont bien l’intention de s’installer à demeure à Lancre. Les sorcières Mémé, Nounou et Agnès sont décidées à leur faire la peau. Mais comment combattre des vampyres qui mangent des petits fours à l’ail et se baignent dans l’eau bénite ?

Après quelques mois, ce fut avec un plaisir non dissimulé et une certaine impatience que je m’attelais a la lecture du vingt quatrième tome des célèbres Annales du disque Monde de l’inimitable Terry Pratchett. Pour être franc, cela faisait longtemps que j’attendais ce moment, février plus précisément, alors que, depuis juin 2008, j’avais dévorer l’intégralité de la saga parue en livre de poche. L’effet de manque fut indéniable, surtout au début, et même si d’autres ouvrages de qualité me firent plus que patienter, la sortie de Carpe Jugulum fut pour moi une petite délivrance : j’avais vraiment hâte de retrouver cet univers loufoque a souhait et ses personnages attachants et hauts en couleurs. De plus, le fait que ce nouveau tome ait pour protagonistes principales les sorcières de Lancre était pour moi la cerise sur le gâteau tant je les apprécie depuis leurs débuts dans l’inoubliable Trois Soeurcières.

Pourtant, après avoir lu les dernières lignes de ce Carpe Jugulum, la perplexité et les sentiments contradictoires se bousculait en moi, au point que je n’arrive pas vraiment, une semaine après, à me faire une opinion précise sur la valeur de cet ouvrage. Bon, intransèquement, il serait fort exagéré de prétendre que les aventures de nos sorcières préférées sont ratées, cela serait faux : la qualité propre a la saga est toujours présente et si l’humour est moins présent qu’au début de celle-ci, cela fait bien longtemps que les Annales ont évolué des Monty Pithons a un humour plus fin et qui privilégie les relations entre les personnages, bien plus travaillés qu’aux débuts. Bref, tout ceci pour vous dire que ce n’est sûrement pas pour cela que Carpe Jugulum n’atteint pas les sommets excomptés. De plus, l’histoire en elle-même est assez plaisante et plutôt original malgré un sujet maintes fois abordés dans la littérature ou le cinéma : le vampirisme. Car Pratchett, fidèle à lui-même, nous offre avec ces vampyres (comme ils aiment à se faire appeler dans le livre) un magnifique hommage au genre plus que connu en nous ressortant toutes les légendes connues, que dis-je, archiconnues sur les morts-vivants les plus célèbres au monde : tout y passe, comme l’ail, les pieux, les cercueils, les serviteurs bossus au point de ridiculiser les vampires en règle général et leur habitude de laisser traîner chez eux tous les moyens de les vaincre ; en se croirait dans un film de la Hammer, ce qui n’est pas pour me déplaire. Et c’est donc avec un certain plaisir que l’on les découvre, essayant, de faire main basse sur le royaume de Lancre face a des sorcières pour le moins en grandes difficultés. Car ces vampyres ne sont pas des rigolos, bien au contraire, et rien que pour voir finalement Mémé Ciredutemps en mauvaise posture, cela valait le coup.

Or, la, patatras, tout ce bel agencement s’effondre alors que Carpe Jugulum avait tout pour réussir. Les vampyres, qui promettaient tant, s’avèrent finalement bien peu charismatiques et peu développés alors que l’on attendait énormément d’eux (et il y avait de quoi faire). Mémé est en danger ? Hum, oui et non, après tout, on la voit juste marcher pendant la quasi-totalité de l’histoire, soutenue par un prêtre de Om, heureusement bonne trouvaille du livre. Et que dire de la présence des Nac Mac Feegle, dont on se demande encore a quoi ils ont véritablement servis dans l’intrigue ? Le problème de Carpe Jugulum est surtout le suivant : de très bonnes idées a la base, mais pas forcément développées comme elles auraient put l’être, des personnages peu charismatiques voir amorphe, ce qui est plutôt inhabituel chez Pratchett. Bref, une petite déception, indéniable, alors que, sincèrement, tout ceci avait vraiment de quoi être énorme. Vraiment dommage tout de même… Mais bon, malgré tout cela, les fidèles de la saga ne se priveront pas de quelques bons moments, et de ses vampyres si originaux…

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