dimanche 26 juillet 2009

LE LABYRINTHE DE PAN


LE LABYRINTHE DE PAN

Espagne, 1944. Fin de la guerre. Carmen, récemment remariée, s'installe avec sa fille Ofélia chez son nouvel époux, le très autoritaire Vidal, capitaine de l'armée franquiste. Alors que la jeune fille se fait difficilement à sa nouvelle vie, elle découvre près de la grande maison familiale un mystérieux labyrinthe. Pan, le gardien des lieux, une étrange créature magique et démoniaque, va lui révéler qu'elle n'est autre que la princesse disparue d'un royaume enchanté. Afin de découvrir la vérité, Ofélia devra accomplir trois dangereuses épreuves, que rien ne l'a préparé à affronter...

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tenais à me ridiculiser un petit peu en préambule de cette critique mais bon, comme qui dirait, celui qui pose une question peut paraître idiot cinq secondes tandis que celui qui se tait l’ait toute sa vie, de même, personne ne possède la science infuse est ce qui peut paraître évidant à beaucoup de personnes ne l’est pas forcement à d’autres, et inversement. Alors oui, je passe pour un con en vous révélant que pendant près d’une semaine (en fait, entre dimanche soir dernier et vendredi matin, jours de la révélation), je me suis demander si Guillermo del Toro et Benicio del Toro étaient la même personne, ou plutôt, pour être exact, si Benicio existait réellement, faisant de Guillermo a la fois un réalisateur et un acteur ??? Moquez vous de moi autant que vous le voulez, cela ne me gène pas le moins du monde, mais sincèrement, sur le coup, j’ai eu un gros doute, finalement résolut quelques jours plus tard (ah, d’accord, ils sont deux, et même pas frères ou cousins…), comme quoi, comme vous pouvez le constater, je suis très loin d’être parfait ou d’avoir la science infuse (mais cela, les mauvaises langues ne m’auront pas attendus pour me le faire savoir) mais bon… Enfin, je papote, je papote et je m’aperçois surtout que je ne parle absolument pas du sujet qui nous préoccupe aujourd’hui (déjà que j’ai une semaine de retard, en plus, je ne suis pas pressé de me lancer), c'est-à-dire, le film.

Ce n’était pas la première fois que je regardais le Labyrinthe de Pan, mais le plaisir, près de deux ans après l’avoir découvert à l’écran, n’a pas changer d’un iota, bien au contraire. Ce fut donc avec un certain enthousiasme que je me lançais donc dans ce fort beau film, de Guillermo (donc) del Toro, emprunt d’un onirisme enchanteur dans un univers mêlant à la fois le fantastique, le conte de fées, a la réalité la plus brutale, la fin de la guerre civile espagnole. Il est assez rare que des genres aussi différents que le merveilleux et la guerre soient mélangés dans des films, mais force est d’admettre que ceux-ci fonctionnent à merveille dans cette œuvre qui ravira plus les amateurs de contes de fées que de guerre, cela est incontestable. En effet, l’élément « militaire » n’est là qu’en toile de font de l’intrigue, celle-ci se déroulant quelques années après la guerre civile espagnole, après la victoire des troupes franquistes alors que de rares poches de résistance républicaines poursuivent vainement le combat. C’est donc dans ce contexte de guerre, de brutalité et de mort que la jeune Ofelia, héroïne de l’histoire, se retrouve après avoir, en compagnie de sa mère en ceinte, rejoint son beau père, le cruel commandant du camp, le terrible Capitaine Vidal (magnifiquement interprété par un Sergi López bigrement inspiré et diabolique a souhait, que l’on aime détester dans ce film). Et alors, la jeune fille va sans cesse osciller entre ce réel, si dur et cruel, et ce merveilleux, a la fois enchanteur et inquiétant mais à la violence bien codifiée (l’ogre, sublime, le crapaud géant) dont on ne sait, tout au long de l’histoire si celui-ci doit être pris pour argent comptant ou si, tout ceci n’est issu que de l’imagination de la jeune adolescente qui trouve ainsi, telle une Alice, un moyen d’échapper a sa triste réalité. Et c’est justement là que réside l’une des grandes forces du film, ce vas et vient constant entre deux mondes très différents et ou seul Ofelia semble aller, de l’un à l’autre, au point que le spectateur ne peut que se dire que, forcement, tout ceci n’est que le résultat d’un imaginaire particulièrement devélopé. D’ailleurs, personnellement, c’est bien ce que je pense, ou, du moins, ainsi que je vois cette œuvre avec néanmoins un petit bémol, un petit doute que je ne peut m’empêcher d’avoir vers la toute fin, lorsque la jeune fille s’évade. N’y aurait il pas une part de réel dans tout ceci ? Probablement pas, sûrement même. Cependant….

Et donc, si l’intrigue est incontestablement une belle réussite, si les acteurs sont tous excellents, n’oublions pas la bande son et le visuel, donnant à l’ensemble un coté enchanteur et oppressant à la fois. A la réalité de la guerre répond un univers certes de contes de fées, mais pas le genre auquel l’on s’est habitué, celui de Disney, si fade et sans grand intérêt. Non, l’univers du Labyrinthe de Pan renvoie aux contes d’entant, de ceux qui plaisaient aux enfants tout simplement parce qu’ils étaient effrayants. Et incontestablement, le film de Guillermo del Toro (et pas Benicio lol) l’est, effrayant, ne serais ce que par une violence parfois très crue et non cachée, mais aussi et surtout grâce a ce décor inquiétant, oppressant, sombre et ces personnages qui ne le sont pas moins, comme le Pan du titre, ce faune a la fois attirant et repoussant (ne sent-il pas la terre, la chèvre, comme le dit Ofelia, mais n’est il pas, dans le fond, bien plus « humain » qu’un Vidal ?). Et cette bande son, qui tout au long du long métrage, nous accompagne, véritable ode aux films du genre (gothique, fantastique avec des petits relents du jeu Medievil, il faudra que je revérifie cela d’ailleurs…) ? Bref, difficile de trouver des défauts a un film a prioris sans grande prétention, mais qui, indéniablement, ne pourra que plaire aux amateurs du genre et qui est une belle réussite. Certes, les gros bourrins et les amateurs d’hémoglobine et d’action passeront leur chemin, ne trouvant aucun intérêt a ce soit disant conte pour enfants mais cela n’est pas important, après tout, le Labyrinthe de Pan n’est pas pour eux, ce qui n’est pas plus mal. Quand au conte de fée, oui, mais pour grands enfants…

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