mardi 5 mai 2009

MONSIEUR MARDI-GRAS DESCENDRES : BIENVENUE !


MONSIEUR MARDI-GRAS DESCENDRES : BIENVENUE !

Mais où est donc tombé Victor Tourterelle ? Une glissade fatale sur la petite voiture que son fils avait oubliée dans la salle de bains, et voici Victor Tourterelle expédié sans transition de l'autre côté du miroir, au beau milieu d'un désert de craie, sous un ciel noir comme l'encre. Pas un bruit, pas une âme. De son nouvel état, Victor se réjouit d'avoir encore toute sa conscience, qui est bien plus claire que sur Terre ! Mais de son corps, il ne reste que les os. Hagard, le trépassé n'imagine pas qu'il est à l'aube de l'aventure la plus folle qu'aucun défunt n'ait jamais tentée une fois débarqué dans l'autre monde.

Il y a quelques semaines, alors que je me promenais dans les rayons d’une grande enseigne culturelle (La Fnac pour ne pas la citer), j’étais tomber par hasard sur une curieuse bande dessinée au titre pour le moins aussi curieux que son contenu : « Monsieur Mardi-Gras Descendres » où l’on suivait les pérégrinations d’un squelette dans un au-delà pas franchement engageant. Tombant immédiatement sous le charme, je me suis dis alors que, lorsque j’irais mieux financièrement, cette saga en quatre volumes vaudrait largement un petit investissement. Ce qui est chose faite (du moins, pour ce premier tome), comme vous avez probablement compris.

Sincèrement, c’est avec des oeuvres comme ce « Monsieur Mardi-Gras Descendres » que l’on se dit que l’Univers de la Bande dessinée peut nous apporter autant que le cinéma où la littérature, et ce, à sa façon. Car il faut être franc, là où un monde rempli uniquement de squelettes fonctionne parfaitement bien dans la BD, cela aurait été une autre paire de manches au cinéma (sauf avec pas mal d’effets spéciaux ou en animation, mais sans être sur du résultat final) ou dans un roman (imaginez donc les protagonistes squelettiques). Après tout, que ressemble le plus à un squelette qu’un autre squelette ? Pourtant, dans cette œuvre, l’auteur réussit l’exploit à apporter, parfois par de simples touches infimes, d’autres de façon plus évidentes, des différences entre les divers protagonistes, au point que l’on les reconnaît assez facilement, ce qui n’était pas évidant de prime abord. De plus, la quasi absence de couleurs (l’édition original était en noir et blanc, ce qui n’est pas le cas de celle-ci, je commenterais donc la plus récente) aurait put rendre la tache plus ardue mais au contraire, cela colle parfaitement à l’ambiance de cet au-delà cauchemardesque et désertique où, parfois, une ville gigantesque à l’architecture digne de Metropolis, surgit, pointant ses hautes tours vers un ciel étoilée. Alors, l’on se plait à suivre les premiers pas de ce nouveau venu, qui, tout juste après son décès pour le moins loufoque (il a glisser sur la voiture de son fils et s’est briser le cou ! Je me méfierais désormais), découvre un au-delà pour le moins inattendu, où règne une profonde tristesse et où ses innombrables habitants errent sans but, tels des âmes en peine. Bien évidemment, tout cela cache un mystère et notre brave Mardi-Gras jouera un rôle dans la découverte de celui-ci, mais cela, nous en saurons plus dans les tomes suivants, qui, je l’espère, serons de la même qualité tant graphique que scénaristique que ce premier. Alors, si vous souhaitez passer un agréable moment, découvrir ce qui arrive aux morts et sourire aux péripéties d’un « héros » raleur et peu satisfait de son sort (mais qui le serait), n’hésitez pas une minute et procurez vous donc cette sympathique BD.

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