jeudi 26 février 2009

L’ÉTRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON


L’ÉTRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON

"Curieux destin que le mien..." Ainsi commence l'étrange histoire de Benjamin Button, cet homme qui naquit à 80 ans et vécut sa vie à l'envers, sans pouvoir arrêter le cours du temps. Situé à La Nouvelle-Orléans et adapté d'une nouvelle de F. Scott Fitzgerald, le film suit ses tribulations de 1918 à nos jours. L'étrange histoire de Benjamin Button : l'histoire d'un homme hors du commun. Ses rencontres et ses découvertes, ses amours, ses joies et ses drames. Et ce qui survivra toujours à l'emprise du temps...

L’affaire va être vite entendue et je ne laisserai pas planer le suspens trop longtemps : après avoir vu « L'étrange histoire de Benjamin Button », je me demande franchement pourquoi les médias ont tellement encensés ce film, chantant ses louanges et la performance de Brad Pitt au point de faire de celui-ci le favori pour l’Oscar du premier rôle masculin (ce qui n’arriva pas d’ailleurs) ? Car, si je n’étais pas vraiment motivé pour aller le voir, après coup, je ne peux que confirmer que mes doutes étaient amplement justifiés et que ce long métrage ne m’a pas convaincu. Cependant, malgré tout, je n’affirme pas que ce « Benjamin Button » sois un quelconque étron inintéressant au possible, cela serait faire preuve d’une mauvaise foi totale, mais que, il est très loin de justifier tout le tapage médiatique de ces dernières semaines.

Pour commencer, le postulat de base du film ne m’a pas repoussé, ce qui serait un comble vu mes goûts en matière de fantastique et de science fiction, où pilulent vaisseaux spatiaux, extraterrestres, dragons et créatures cauchemardesques à la Lovecraft. Après tout, nous n’avons là que la « simple » histoire d’un type né vieux et qui vit sa vie à l’envers, rien de bien transcendant ni de choquant pour les habitués du genre. Curieusement, la plupart de mes doutes à l’encontre de « Benjamin Button » venaient précisément de ce qui aurait du le moins me gêner, le coté fantastique du film, et c’est la que le bat blesse, et pas qu’un peu. Les amateurs de science fiction connaissent probablement le légendaire « Hypérion » de Dan Simmons, qui est à la SF ce que « Le Seigneur des Anneaux » est à la Fantasy. Et, tous ceux qui l’on lu un jour auront compris de quoi je parle : en effet, l’un des personnages du roman, Sol Weintraub vit un drame terrible puisque sa fille, Rachel, victime d’une curieuse maladie, se met soudainement à rajeunir, années par années, revivant sa vie à l’envers, jusqu’à redevenir un bébé, au moment où débute le récit. Et, malgré les différences, il est impossible de ne pas faire de comparaisons entre Rachel et ce brave Benjamin. Et justement, c’est là le fond du problème : le drame de la famille Weintraub est si bien écrit, qu’il en ressort une infinie tristesse qui me bouleversa profondément à l’époque où je découvrit « Hypérion ». Et, il faut bien le reconnaître, l’émotion est littéralement absente de cette « étrange histoire de Benjamin Button » ce qui est problématique pour ce genre d’œuvres cinématographiques a grand spectacle. Car autant le triste destin de Rachel me toucha, autant celui du père Button me laissa froid, et pas qu’un peu. Pourtant, les deux histoires ne sont pas si éloignées que ça l’une de l’autre. Mais là où dans Hypérion, l’émotion était à son comble, celle-ci est quasiment absente dans « Benjamin Button », sauf, vers la toute fin du film, quand, un Brad Pitt visiblement peu concerné par la chose et étonnement terne, prend la décision de quitter sa famille, ainsi que, dans les dernières minutes, il meurt dans les bras de celle qu’il a toujours aimé. Et si ces deux scènes m’ont touchés, cela fait bien peu vu la longueur du film (près de trois heures) et, personnellement, cela ne rattrape en rien l’ensemble que j’ai trouvé tout juste sympathique à regarder, mais sans plus : émotions absentes, personnages stéréotypés, scénario sans grande surprise et sans prise de risque : on se croirait devant une espèce « Forrest Gump » à la sauce fantastique (mais à peine), ou des scènes sont ajoutées sans aucune autre justification que de nous montrer ce que fut le vingtième siècle pour les américains : fin de 14/18, seconde guerre mondiale, moto et blousons en cuir, Beatles, conquête spatiale (hop, une fusée décolle tandis que Brad Pitt et Cate Blanchett roucoulent) et, puisque l’histoire se déroule à la Nouvelle Orléans, on finit avec Katrina (l’ouragan, vous vous souvenez ?). D’ailleurs, à ce propos, j’ai trouvé cette inclusion littéralement inutile, voir limite ridicule, vu qu’elle n’apporte rien au déroulement de l’intrigue, mais bon, on connaît nos amis d’outre atlantique, la moindre petite catastrophe à la mode (locale, cela va de sois, parce que, lorsqu’il y a 300 000 morts en Asie du sud-est, tout le monde s’en moque) se doit d’être montrée un peu partout. Dans le même ordre d’idée, ce serait comme si un film français, se déroulant sur plusieurs générations dans la ville de Toulouse, se ferait écho de l’explosion de l’usine AZF, mais sans aucun lien avec les personnages et le scénario. Ridicule ? C’est ce que je pense. Mais bon, ce qui sauve un tout petit peu (mais de façon infime) cette « étrange histoire de Benjamin Button », c’est peut être ce savoir faire hollywoodien, et l’habitude qu’ils ont de réaliser ce genre de films à grands spectacles vu et revus depuis des lustres. Et encore, dans le genre, personnellement, il y a bien mieux. Alors, que reste t’il au final ? Et bien, tout juste Cate Blanchett, qui, contrairement à un Brad Pitt amorphe et méconnaissable (mais pas par les prouesses numériques mais par son talent d’acteur visiblement en congés ce jour là), est crédible, du début à la fin, qu’elle ait 18 ou 80 ans, on y croit dur comme fer. Et, finalement, de part son talent et son implication, elle est l’une des rares à surnager dans ce marasme peut être légèrement sympathique à regarder sur le coup, mais que l’on oubliera bien vite, tout en se demandant, question ô combien cruciale, pourquoi et comment les médias et les critiques ont pu le porter aux nues ? Cela restera à mes yeux un mystère insondable et incompréhensible…

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