lundi 9 février 2009

LES ANNALES DU DISQUE MONDE : VA-T-EN-GUERRE


LES ANNALES DU DISQUE MONDE : VA-T-EN-GUERRE

Une île a surgi entre Ankh-Morpork et le royaume de Klatch. Mais à qui appartient ce nouveau territoire ? La tension monte entre les deux peuples qui veulent se l’approprier. Les tentatives de négociation échouent, l’ambassadeur du Klatch est assassiné à son arrivée chez ses voisins. La guerre sera-t-elle la seule solution ? Le commissaire Vimaire tremble sous cette menace inédite et fera tout pour empêcher le conflit. Mais la folie s’est emparée des citoyens et des dirigeants d’Ankh-Morpork : haine, violence, meurtres… La peur de l’inconnu ? Vimaire est bien seul dans la tourmente. Enfin, il a toujours son équipe du Guet…

Nous retrouvons avec plaisir, dans le vingt et unième tome des Annales du Disque Monde, le commissaire Vimaire et ses fins limiers du Guet qui ont tendance à se faire de plus en plus présents ses derniers temps, comme si Terry Pratchett ne pouvait plus s’en passer. Cependant, si l’on pouvait craindre une certaine lassitude, il n’en est rien (une fois de plus devrais je ajouter) et ce « Va-t-en-guerre » est du même calibre que ses prédécesseurs, ce qui prouve que l’auteur sait toujours se réinventer au fil des années. Cette fois ci, l’enquête que le Guet va devoir élucider n’est pas des plus banales : en effet, alors qu’une île mystérieuse a jaillit des eaux à mi chemin d’Ankh-Morpork et du royaume de Klatch, une guerre entre la Cité Etat et son voisin du désert est sur le point d’éclater, vu que les deux revendiquent ce nouveau territoire comme étant le sien. Et, alors que la tension couve, l’ambassadeur Klatchien est victime d’un attentat, ce qui met les feux aux poudres. Forcement, pour Vimaire, il est évidant que le crime ne peut profiter qu’aux fameux « Va-t-en-guerre » des deux camps, qui font tout pour pousser au conflit armé. Mais qui en est le responsable ? Ankh-Morpork, Klatch, les deux ? C’est que ce que le Guet va essayer trouver, et ce, avant que le conflit n’éclate.

C’est donc sous une intrigue ou se mêlent conflits politiques, complots et visés impérialistes que le lecteur plonge sur la trace de Vimaire et ses hommes. Forcement, comme à son habitude, Pratchett sait nous entraîner sur de fausses pistes et des révélations surprenantes, même si, depuis le temps, l’effet de surprise est passé et que l’on se trouve en terrain connu. Si « Va-t-en-guerre » tient toutes ses promesses, il serait difficile de le qualifier néanmoins de « grand livre », en effet, tout au plus le lecteur lira un nouveau tome des Annales, écrit à « la manière du Guet », ce qui n’est pas désobligeant vu que la recette fonctionne toujours aussi bien. Mais bon, il est certain que l’on a déjà vu bien mieux. Allons, je m’aperçois que je ne suis pas très tendre avec « Va-t-en-guerre » alors que celui-ci mérite tout de même le détour, ne serais ce que par les thèmes abordés, jusque la quasiment absents de la saga, comme la guerre, et tout ce qui l’entoure : haine de l’adversaire que l’on peut qualifier de racisme, propagande, volonté d’en découdre, non respect des coutumes de l’autre, forcement barbares etc. Et, finalement, le lecteur se trouve devant un tout petit pamphlet « anti-guerre » sans prétention mais qui vise juste au cœur du problème : la guerre n’a rien de noble et surtout, profite toujours a certains. Le thème du racisme, déjà aborder dans « Le Guet des Orfèvres » est lui aussi présent, comme la place de la femme, thème récurent de la saga et qui, dans cet ouvrage nous revient d’une bien curieuse façon (mais je n’en dis pas plus). Et si, sans surprise, nos agents du guet sont fidèles a eux-mêmes, le lecteur aura le plaisir de voir, pour la première fois en action (et pas uniquement en paroles), le célèbre Patricien, accompagné d’un curieux sosie de notre Léonard de Vinci.

Finalement, si « Va-t-en-guerre » n’est pas un grand livre, il n’en est pas moins indispensable pour les fidèles de la saga, qui retrouverons avec plaisir des personnages qu’ils connaissent bien désormais, et sur lesquels ils peuvent compter. Peut être un peu trop, puisque, finalement, l’effet de surprise est parti depuis longtemps. Mais cela n’enlève en rien l’humour propre à la saga, et à des récits toujours aussi passionnants. Et comme en plus, au fil des pages, le lecteur à parfois l’impression de se retrouver dans « Laurence d’Arabie », il serait vraiment injuste de s’en priver…

Aucun commentaire:

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...