jeudi 26 février 2009

DARWINIA


DARWINIA

Mars 1912, l'Europe et une partie de l'Angleterre disparaissent subitement, remplacés par un continent à la faune et à la flore non terrestres que l'on ne tarde pas à nommer la Darwinie. Pour le jeune Guildford Law, cette tragédie n'a rien d'un miracle ou d'une punition divine; plutôt une énigme que la science pourra un jour résoudre. Fort de cette certitude, il va tout sacrifier pour faire partie de la première grande expédition d'exploration destinée à s'enfoncer au coeur du continent inconnu; une expédition qui, de mort violente en mort violente, le mènera plus loin qu'il ne pouvait l'imaginer... Nominé au prestigieux prix Hugo en 1999, Darwinia est une oeuvre d'une singulière ambition, qui évoque l'époque glorieuse où les savants étaient aussi explorateurs et aventuriers.

Quelle formidable déception que ce « Darwinia », et ce qui me chagrine le plus, c’est que ce livre avait véritablement le potentiel pour être excellant, d’où un sentiment de gâchis indescriptible qui ne fait que renforcer mon impression finale. Pourtant, celui-ci débutait fort bien : au début du vingtième siècle, en une nuit, l’Europe disparaissait, ou, du moins, celle que l’on connaît, remplacée par un continent sauvage et singulier. D’ailleurs, les premières pages du roman sont fort bien écrites, et le lecteur plonge rapidement, par le biais des personnages, dans la découverte invraisemblable de la catastrophe survenue au « vieux monde ». Fort d’un début prometteur et qui laissait espérer une suite du même calibre, l’histoire fait un bon d’une décennie en avant, et, se poursuit par ce qui fera le gros du récit, l’exploration du continent européen par une équipe d’expédition américaine. Jusque là, comme dirait l’autre, tout va bien : les conséquences de la disparition des nations européennes et de ses millions d’habitants sur le reste du monde sont crédibles, ainsi que la tentative de survivance de l’Empire Britannique et la volonté US de faire la main mise sur de nouvelles terres à leur unique profit. De même, l’on suit l’expédition avec un certain intérêt dans son avancée et le fait que la faune locale ne sois pas digne d’un quelconque monde perdu, est plutôt une excellente chose : dans trop d’œuvres fantastiques, on aurait eu droit à une avalanche de dinosaures ou de monstres qui auraient donner du fil à retorde aux scientifiques ; là, ce n’est pas le cas et c’est tant mieux. Cependant, comme dans toute bonne jungle impénétrable qui se doit, nous avons droit à une citée antédiluvienne aux dimensions cyclopéennes, et, sans être d’une grande originalité, sa découverte est captivante. « Captivant », ainsi pourrais je résumer les deux tiers de ce « Darwinia », même si les divers récits parallèles ne sont pas forcements indispensables car, il faut bien reconnaître que la vie de la femme de Guildford Law est d’une utilité fort discutable vu que cela n’apporte rien au récit. Mais bon, malgré ce petit défaut, cette grosse moitié du roman est suffisamment passionnante, entre l’exploration et la recherche d’une explication au sort du continent Européen, pour que le lecteur ait un mal fou à décrocher.

Hélas, mille fois hélas, la suite est une véritable catastrophe. Tombant rapidement dans un délire pseudo Matrixien complètement ridicule, l’auteur nous entraîne dans une sois disante guerre entre des entités immortelles et des pseudos dieux qui, agissant tels des virus informatiques, tentent par tous les moyens de recréer le monde à leur image, faisant table rase du passé. Une guerre sensée se déroulée dans le futur, mais aussi dans le passé de ce même futur, avec une Terre à la fois réelle et irréelle puisque reconstitution (comme le restant de l’Univers) des souvenirs des entités qui ont créer les Archives, base de donnée monumentale sensée regrouper les souvenirs de tous les êtres vivants ayant un jour, vécu dans chaque galaxie… Vous vous y perdez ? Normal, ce fut mon cas également tant le récit par dans le grand n’importe quoi. Et, du coup, les personnages, jusque là pas franchement charismatiques mais néanmoins corrects, se perdent dans le grand guignolesque et perdent du coup toute la profondeur qu’ils avaient jusque là. Et si la lecture était captivante au départ, elle en devient tout simplement pénible au point que, les dernières pages de l’œuvre soient un véritable supplice pour le lecteur. Car « Darwinia » promettait tant au départ, que l’aberration qui prend sa place vers le dernier tiers du roman ne fait que regretter que l’auteur n’en sois pas rester à des révélations moins abracadabrantesques, incompréhensibles et ridicules que la bouillie informe avec laquelle il achève son ouvrage. Bref, une énorme déception à mes yeux, tant pas son coté « SF de série Z » à la sauce Matrix de bas étage, que par la sensation que, avec une fin digne du début, « Darwinia » aurait put être un excellant livre. A la place, hélas, on se retrouve donc avec un beau plantage comme on en voit rarement.

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