jeudi 29 janvier 2009

LES ANNALES DU DISQUE MONDE : PIEDS D’ARGILE


LES ANNALES DU DISQUE MONDE : PIEDS D’ARGILE

A Ankh-Morpock, le Guet a de nouveau fort à faire. Deux vieillards ont été assassinés tandis que le Patricien est victime d'un empoisonnement. Pour l'équipe de police (troll, nain, louve garou et autres non humains), le mystère est total, le coupable insaisissable. Les différentes guildes de la ville profitent de la panique générale pour comploter... Et chose étrange, les golems se mettent soudain à se comporter d'une drôle de manière. Comme s'ils étaient vivants. Et contrôlés par un mystérieux maître... Mais le commissaire Samuel Vimaire en a vu d'autres et son équipe a fait de remarquables progrès...

Le Guet est de retour dans ce dix neuvième volume des Annales du Disque Monde qui nous entraîne donc, une fois de plus, dans une enquête trépidante et tout autant passionnante que dans les deux tomes, « Au Guet ! » et « Le Guet des Orfèvres », où les hommes de Vimaire étaient les protagonistes principaux. Et si, l’on pouvait craindre, à juste raison, une certaine lassitude, au final, et comme cela arrive, par exemple, avec les Sorcières de Lancre, Terry Pratchett réussit, sans se réinventer ou être original (depuis le temps, on a l’habitude), à nous captiver avec une histoire solide, tout en distillant quelques petites comparaisons acerbes avec notre « monde réel ».

« Pieds d’argile » débute avec, apparemment, deux énigmes différentes : l’assassinat étrange de deux vieillards, peut être lié au comportement plutôt suspect des golems, ainsi que, l’empoisonnement du Patricien. Bien évidemment, comme il fallait s’y douter, les deux sont liées, et le complot s’avère être assez diabolique, mêlant à la fois notables de la cité, lignées nobles et guildes. Alors, même si l’on se doute que les « hommes » du Guet finiront par trouver la solution, tout l’intérêt repose sur le « comment » et le « pourquoi », et pas sur le « qui », puisque, assez rapidement, l’identité du coupable est dévoilée, du moins, pour les lecteurs attentifs. Mais si le genre « polar/fantasy » auquel on commence à avoir l’habitude fonctionne tout autant que dans les précédents volumes, et que l’humour, propre à la série n’est jamais bien loin, l’intérêt de ce « Pieds d’argile » est ailleurs : la relation entre les personnages, en particulier autour d’Angua et de ses problèmes de cœur, mais également, et surtout avec le Caporal Peticul (dont je ne vous révèle rien afin de ne pas vous gâcher la surprise mais qui tient une place importante dans l’intrigue), et, les différences de classes sociales, déjà abordées grâce à Vimaire, mais dont le développement est cette fois ci poussé à son paroxysme. Car, forcement, notre Commissaire Divisionnaire éprouve une sainte horreur pour la haute bourgeoisie de la ville et pour tous les nobles qui se pavanent avec leur « prestigieuses » lignées et leur mépris des gueux. Et dans ce dix neuvième volume des Annales, notre irascible Vimaire sera gâté. A ce propos, notons que celui-ci nous revient en grande forme, après une légère éclipse dans « Le Guet des Orfèvres » et que les fans du personnage (dont j’en fais parti) seront ravis.

Cependant, comment écrire une critique de « Pieds d’argile » sans vous parler des golems ? Car ceux-ci, de part leur implication et leur présence, sont indissociable de l’intrigue qui tourne énormément autour d’eux : ce qu’ils sont, ce qu’ils représentent, leurs buts dans la « non vie » et, surtout, comment les autres (bref, les êtres dits vivants, qu’ils soient morts ou non) les perçoivent. Et là-dessus, Pratchett s’en donne à cœur joie, au point que l’on croirait parfois lire du Asimov : golem/robot, même combat ? Parfaitement, puisque tous les considèrent que comme de vulgaires machines.

Alors certes, « Pieds d’argile » est loin d’être le meilleur des volumes des Annales ; si ses qualités sont nombreuses, il n’est pas exempté de quelques défauts mineurs, et, il faut bien l’avouer, il est loin d’être follement original. Mais bon, malgré cela, l’histoire est captivante, surtout après un départ, assez longuet, et l’ensemble se lit avec un certain plaisir. De plus, les comparaisons entre les golems et les robots, la dénonciation des classes sociales, et le machiavélisme du complot contre le Patricien donnent à l’ensemble une consistance fort agréable et font que, une fois de plus, la qualité est toujours aussi présente dans cette longue saga.

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