dimanche 18 janvier 2009

LES ANNALES DU DISQUE MONDE : MASQUARADE


LES ANNALES DU DISQUE MONDE : MASQUARADE

Agnès Crettine a décidé de fuir le pays de Lancre pour enfin assouvir sa passion : l’opéra. Une belle voix, des rondeurs parfaites pour la scène, Agnès arrive à Ankh-Morpok pleine d’enthousiasme. Sauf que l’opéra est sens dessus dessous depuis que des meurtres ont été commis en coulisse… Tandis que Nounou Ogg et Mémé Ciredutemps viennent rendre visite à leur petite protégée car on leur a offert des billets. Et les deux fameuses sorcières doivent également rencontrer Biqueberger, l’éditeur de leur immense best-seller, Les Plaisirs de la chère, des recettes de cuisine aphrodisiaques torrides… Alors que le fantôme sévit, déjouant la vigilance défaillante du Guet, Agnès mène l’enquête…

Avant d’aller plus loin, je tenais à vous préciser que je suis un quasi néophyte en matière d’opéra, mais bon, après tout, je ne pense pas être le seul dans ce cas là. Mes connaissances se limitaient, jusque là, à (ne rigolez pas) la Castafiore dans Tintin, la scène culte de Final Fantasy 6 avec Celes et, quelques minutes sur ARTE, lorsque les programmes des autres chaînes sont encore pires (ce qui arrive souvent). Bref, pas grand-chose. Du coup, ce fut donc avec une certaine curiosité que je m’attaquais à la lecture du dix-huitième tome des Annales du Disque Monde, me demandant comment Terry Pratchett allait s’en sortir (mais bon, quand on réussit à écrire un livre sur le rock dans un univers médiéval fantastique, pourquoi ne pas faire de même avec l’opéra ?).

« Masquarade » nous permet de retrouver les sorcières de Lancre qui se retrouvent bien embêtées puisque, depuis le mariage de la jeune Magrat Goussedail, elles ne sont plus que deux, et, comme chacun sait depuis « Macbeth », les sorcières vont forcement par trois. Une remplaçante existe, Agnès Crettine, déjà entraperçue dans « Nobliaux et Sorcières », cependant, celle-ci, s’en est allé rejoindre la grande ville d’Ankh-Morpok afin de se lancer dans sa grande passion (et accessoirement, échapper à sa vie tristounette), l’opéra. Forcement, l’on se doute bien que Mémé Ciredutemps et l’inimitable Nounou Ogg ne l’entendent pas ainsi, et qu’elles vont se lancer sur ses traces. Si le synopsis de base n’est pas d’une originalité extraordinaire, la suite est d’un tout autre niveau et se classe tout de suite dans les toutes meilleures productions de l’auteur britannique. En effet, celui-ci nous entraîne dans une histoire à la fois captivante et hilarante où l’atmosphère ubuesque de l’opéra est parfaitement retranscris. En effet, tout en faisant avancer l’ouvrage grâce à deux intrigues parallèles, les pérépities de nos sorcières à Ankh-Morpok (et comment convaincront elles Agnès/Perdita de les rejoindre) et le mystère qui plane sur l’opéra et des crimes qui y seraient commis par un étrange fantôme, Terry Pratchett nous entraîne dans un maelstrom où se mêlent tous les clichés sur l’opéra et sur toutes les contradictions qui lui sont liés. Et la dessus, on passe incontestablement de très bons moments, où l’on se surprend à rigoler franchement tout en se demandant qui peut bien être ce fameux fantôme, tant les suspects et les fausses pistes sont légions. Et le final, à lui tout seul, vaut bon nombre d’ouvrages complets tant il est réussit ; en effet, l’on y retrouve toute la folie de l’opéra dans toute sa gloire, son coté grandiloquent et absurde, ce qui le rend tout bonnement inoubliable. D’ailleurs, il est curieux de constater, après coup, que le véritable personnage principal de cet ouvrage n’en sois pas vraiment un, puisque l’opéra est tellement mis en avant, que même nos charismatiques sorcières, malgré touts leurs talents, apparaissent bien fades à ces cotés.

Si Terry Pratchett à déjà, objectivement, fait mieux, « Masquarade » est une incontestable réussite, hilarant au possible et qui retranscrit si bien l’atmosphère de l’opéra que l’on n’a qu’une seule envie lorsque l’on achève la dernière page : filler sur ARTE et en voir un vrai (tout en rigolant). Et l’on sent que celui-ci s’ait fait plaisir à l’écrire, tant il est captivant, comme quoi, même au bout de tant d’années, les Annales n’ont rien perdues de leur charmes ni de leurs intérêt, se bonifiant presque avec le temps.

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