samedi 10 janvier 2009

LES ANNALES DU DISQUE MONDE : LES TRIBULATIONS D’UN MAGE EN AURIENT


LES ANNALES DU DISQUE MONDE : LES TRIBULATIONS D’UN MAGE EN AURIENT

L'Université de l'Invisible a reçu un message de la plus haute importance venu d'Aurient : l'empereur de la Cité interdite demande un mage, ou plutôt le «Grand Maje». Chez les Hong, au pays de la grande Muraille, c'est en effet la zizanie suite à la parution d'un petit livre rouge : ce que j'ai fait pendant mes vacances. Et le seul vers qui l'on peut se tourner à Ankh-Morpork, c'est bien entendu le roi de la poisse, Rincevent. À la tête de l'armée Rouge, il devra bientôt affronter Cohen le Barbare (un mètre cinquante avec des semelles) et sa horde d'Argent (80 ans de moyenne d'âge) bien décidés à faire un casse... Rincevent, qui ne rêvait que de tranquillité après toutes ses mésaventures, va finalement devenir un héros ! Peut-être...

Le dix septième tome des Annales du Disque Monde voit le grand retour du mage le plus incompétent de l’univers, Rincevent, que l’on avait perdu de vu depuis un bail, où plutôt depuis le déjà lointain « Eric ». Curieusement, si celui-ci m’avait mauser lors de la lecture des premiers tomes, je dois avouer qu’il ne me manquait pas tant que ça, après tout, entre les aventures du Guet, de la MORT et des Sorcières de Lancre, plus la mise en avant des mages de l’Université de l’Invisible, l’homme qui portait un chapeau où était écrit « Maje » finissait par apparaître légèrement terne. Forcement, ce fut donc avec une certaine perplexité que je me lançai dans la lecture de ses nouvelles tribulations.

Perplexité vite oubliée car ce tome est un véritable petit bijou. Déjà le titre, hommage non dissimulé aux « Tribulations d’un Chinois en Chine » de Jules Verne. Et, le lieu de l’action : la Chine, où plutôt ce qui fait lieu de l’Empire du Milieu sur le Disque Monde, le fameux continent Contrepoids d’où était originaire Deux Fleurs, le touriste optimiste des deux premiers volumes de la saga. L’histoire, hilarante de bout en bout débute suite à un message parvenu à Ankh-Morpork ; le Patricien demande à l’Archichancelier de l’Université de l’Invisible d’envoyer le mystérieux « grand maje » en Aurient. Un peu perplexe, Riddcule envoie ce pauvre Rincevent, porté disparu depuis des années et qui n’en demandais pas tant. C’est le début de l’aventure, ou des ennuis (selon que l’on soit Rincevent ou pas ?) pour notre mage incompétent qui retrouve sur place le plus grand héros du Disque, le légendaire Cohen le Barbare, accompagné cette fois ci de la Horde d’Argent, ses compagnons de fortunes, tous au moins aussi âgés que lui, qui s’apprêtent à fondre sur l’Empire Agattéen pour ce qui pourrait bien être leur plus grand coup de leur carrière.

Et c’est dans un Empire, qui restitue parfaitement plusieurs périodes de l’Histoire de la Chine (Empire, Communiste), où se mêlent intrigues, complots, meurtres et révolutions que Rincevent et Cohen vont devoir jouer serrer s’ils veulent s’en sortir, surtout que leur adversaire, le sombre et machiavélique Seigneur Hong, est une espèce de Patricien local qui à des visés de conquêtes mondiales, pas moins que ça. Mais si l’on rie souvent, au cours des pages et des diverses péripéties de nos héros, la grande force de Terry Pratchett, dans cet ouvrage, est d’avoir su retranscrire avec une rare justesse la façon de vivre et de pensé d’un peuple (forcement le Chinois), trop longtemps habitué à vivre sous des traditions millénaires et à l’obéissance devant l’autorité, ce qui à pu bloqué, à un moment donné de son histoire, son évolution, alors qu’il avait tout pour lui. De même, la révolution communiste n’est pas oubliée, et à divers moments de l’intrigue, on croirait presque entendre des slogans de la Révolution Culturelle.

Œuvre très amusante, où les fous rires sont nombreux, « Les tribulations d’un mage en Aurient » est bien plus profond qu’il n’y parait de prime abord. De même, Rincevent, qui apparaissait lassant sur le long terme (un lâche, ça marche cinq minutes, mais pas évidant de se renouveler) en sort grandi de même que l’intérêt pour ce personnage, certes sympathique et attachant, mais plutôt pathétique si l’on est objectif. Un très bon Pratchett, sans contestation possible.

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