dimanche 28 décembre 2008

LITTLE MISS SUNSHINE


LITTLE MISS SUNSHINE

L'histoire des Hoover. Le père, Richard, tente désespérément de vendre son "Parcours vers le succès en 9 étapes". La mère, Sheryl, tente de dissimuler les travers de son frère, spécialiste suicidaire de Proust fraîchement sorti de l'hôpital après avoir été congédié par son amant. Les enfants Hoover ne sont pas non plus dépourvus de rêves improbables : la fille de 7 ans, Olive, se rêve en reine de beauté, tandis que son frère Dwayne a fait voeu de silence jusqu'à son entrée à l'Air Force Academy. Quand Olive décroche une invitation à concourir pour le titre très sélectif de Little Miss Sunshine en Californie, toute la famille décide de faire corps derrière elle. Les voilà donc entassés dans leur break Volkswagen rouillé : ils mettent le cap vers l'Ouest et entament un voyage tragi-comique de trois jours qui les mettra aux prises avec des événements inattendus...

Ah, qu’il est bon de passer une agréable soirée dans son lit, devant un petit DVD sympathique, plutôt que d’aller faire la queue au cinéma, de voir peut être un bon film, mais sans le même confort. Devant un tel dilemme (mais en étais ce un ?), mon choix était vite fait, surtout que, à y regarder de plus près, cela revient moins cher de rester à la maison, et en plus, les avantages sont légions, comme le confort (déjà cité), la possibilité de faire des pauses etc. Mais le but de ce post n’étant pas de faire un comparatif entre le grand et le petit écran, il serait temps de s’atteler à la tache.

« Little Miss Sunshine » est un petit film sans grande prétention, mais qui se regarde avec plaisir. Pétri d’humour, celui-ci possède l’immense avantage de n’être pas bête, mais assez corrosif, car en nous faisant accompagner les tribulations d’une famille pour le moins curieuse à travers les USA, le spectateur à droit à une petite dénonciation de nombreux travers de la société américaine (et, n’ayons pas peur de le dire, occidentale en règle générale).Tout d’abord, la fameuse famille est tout un programme à elle seule : entre le père et sa théorie de la réussite en 9 points, qui ne supporte pas les perdants (tout en étant un terrible looser), le grand père véritable obsédé sexuel et héroïnomane indécrottable, l’oncle a tendances suicidaires, l’ado muet fan de Nietzsche et qui déteste tout le monde, il y a de quoi faire. Seul la mère et la petite Olive semblant a peu près normales. Mais quand tout ce jolie monde embarque pour une virée à travers le pays, afin d’emmener la petite fille à un concours de Miss pour enfants, c’est le début des ennuis, et, pour nous, le début des réjouissances, car a partir de ce moment précis, on ne cessera pas de rigoler jusqu’au générique de fin, devant les péripéties ubuesques qui tombent sur les protagonistes, et ce, malgré des moments dramatiques. Car la grande force du film est là : certes, c’est une comédie, mais tant de travers de la société américaine sont mis en avant, que malgré les fous rires, le spectateur ne peut s’empêcher de réfléchir, en particulier sur les fameux concours de beautés pour enfant et toutes les horreurs (oui, je n’exagère pas) qui traînent autour. Personnellement, même en sachant que c’était un film, les concurrentes ont réussis à me mettre mal à l’aise, probablement parce que je sais pertinemment que cela se passe de la sorte. Mais « Little Miss Sunshine » tire également à boulet rouges, tout en gardant son humour intact, sur cette manie typiquement américaine (mais qui malheureusement à franchis l’atlantique) de la réussite à tous prix et de mépris des « perdants » qui l’accompagnent. Une manière de pensée qui fait du père de famille, un odieux personnage, avant que les événements, je vous rassure, viennent remettre un peu d’ordre la dedans.

Agréable au possible, cette œuvre vous fera passer un très bon moment, et possède l’intérêt de ne pas être stupide, comme c’est trop souvent le cas dans les comédies. Et puis, si chaque personnage est attachant et drôle à sa manière, rien que pour le grand père, il mérite le détour : le vieux bougre vous fera vous torde de rire a chacune de ses interventions. Alors, « Little Miss Sunshine » n’est pas le film le plus connu de ces dernières années (franchement, jusqu’à hier, il m’était entièrement inconnu), mais entre son humour assez fin, sa famille de loosers magnifiques et les thèmes abordés, il mériterait une exposition médiatique que bon nombre de « daubes monumentales » possèdent…mais l’on ne refera pas le monde, vous vous en doutez.

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