lundi 1 décembre 2008

L’HISTOIRE SECRÈTE – LE CRÉPUSCULE DES DIEUX


L’HISTOIRE SECRÈTE – LE CRÉPUSCULE DES DIEUX

Juillet 1943, Sicile : un petit groupe de mafiosi s’affère dans les ruines d’un vieux monastère. Ils remontent, bientôt, du sous-sol du bâtiment, ni plus ni moins que la mythique Arche d’alliance qui y reposait depuis plusieurs siècles. Mais les hommes n’ont pas le temps de savourer l’instant, puisqu’un commando nazi attaque les siciliens et s’empare de la relique. Cette mission est l’œuvre de Guillaume de Lecce, l’archonte noir, qui préfère savoir l’arche à ses côtés et ainsi avoir toute latitude pour assoir ses projets : le règne d’un ordre nouveau couchant l’humanité à ses pieds ou plutôt ce qu’il en resterait. Itzak, un joueur d’ivoires allié à la maison des épées, est lui aussi en Sicile, infiltré comme agent de l’OSS, derrière les lignes ennemies. Il attend un petit groupe de soldats américains qui doit lui apporter son soutien pour une mystérieuse mission… Pour commencer, il rencontre dans le petit village de Corleone, le puissant « I nostru calcagnu », le parrain des parrains de « Cosa Nostra ». Le vieil homme lui apprend que Guillaume de Lecce tire une partie de sa vitalité de la fameuse Arche d’alliance : s’en emparer mettrait fin définitivement à sa puissance. Le sicilien demande alors à Itzak de rejoindre ses hommes d’honneurs qui ont du déterrer l’objet… sans savoir bien sûr que Guillaume est déjà passé par là. Ce dernier, d’ailleurs, de mettre au point une arme surpuissante compromettant ainsi fortement les chances du débarquement des forces alliées en France…


L'histoire Secrète – Le Crépuscule des Dieux
Editeur : Delcourt
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Len O'Grady
Couverture : Manchu, Olivier Vatine
Genre : Fantastique, Etrange, Historique, Mondes décalés
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 novembre 2008
Nombre de pages : 48

Mon avis : Moins de deux mois après vous avoir proposé la critique du douzième volume de L’Histoire Secrète, Lucky Point, tome que l’on pouvait qualifier de… hum, comment dire… moyen bon, nous arrivons a un nouveau tournant de la série puisque, contrairement a ce qui était annoncé lorsque paru Les Sept Piliers de la Sagesse, le prochain, qui devait être une encyclopédie, sera un volume normal ; bref, vous l’avez compris, cela fait deux fois que le sieur Pécau nous fait le coup – après Notre-Dame des Ténèbres – et je pense ne pas me tromper en affirmant que l’on aura droit a un troisième cycle… Mais avant d’y arriver, intéressons nous donc un peu au sujet du jour, ce fameux treizième tome : Le Crépuscule des Dieux. Ici, nous avons droit aux dernières années de la Seconde Guerre Mondiale et d’entrée de jeu, les choses commencent mal puisque, si la présence de l’Arche d’Alliance en Sicile passe encore (après tout, pourquoi pas si l’on veut suivre les idées parfois folles du scénariste), les explications données par le parrain local de la mafia a Itzak (encore une fois, je ne l’avais pas reconnu) sont pour le moins confuses : en effet, ici, Jean-Pierre Pécau s’emmêle littéralement les pinceaux au sujet de Frédéric II, Guillaume de Lecce et la découverte de l’Arche, le premier étant censé la découvrir, d’après ce qui est dit, avant même sa naissance !? Bref, une belle petite coquille qui aurait put tout gâcher et qui nous prouve que, a force de vouloir lier le moindre événement historique aux Archontes et aux Ivoires, même Pécau s’y est perdu… alors je ne vous dit même pas bon nombre de lecteurs qui ont abandonné les frais depuis longtemps. Fort heureusement, la suite, elle, est plus intéressante et si ce tome souffre des mêmes défauts que le précédant, c’est-à-dire, un survol rapide des événements avec de petits sauts dans le temps toutes les trois ou quatre pages, force est de constater que l’intrigue en elle-même n’en reste pas moins plutôt réussie : que ce soit l’utilisation des mégalithes afin de contrôler le climat, les origines de la mafia, la visite du président Roosevelt au roi d’Arabie Saoudite, les recherches atomiques des deux camps et l’utilisation, justement, des bombes par les américains afin d’en finir avec Guillaume de Lecce, tout cela n’est pas dénué de non-sens, même si, je le reconnais, c’est par moments un peu tiré par les cheveux… De son côté, Igor Kordey, lui, retrouve enfin un niveau pour le moins excellent et livre une prestation quasi-sans fautes (en dehors d’une page singulièrement loupée) voir même superbe, si l’on aime son style, par moments. Bref, un tome qui, malheureusement, souffre un peu des mêmes défauts que les deux précédant mais qui, malgré tout, apporte une bonne conclusion a ce second cycle de la saga… enfin, conclusion, je m’avance un peu trop rapidement ; après tout, ce n’est pas finis…


Points Positifs :
- Un tome dans la lignée de ses prédécesseurs et qui vaut particulièrement pour les tentatives, parfois judicieusement choisies, de Jean-Pierre Pécau, de lier tout un tas d’événements divers ayant eu lieu au cours du conflit a son histoire parallèle. C’est parfois tiré par les cheveux, a en croire Pécau, tout, absolument tout est lié, mais une fois que l’on a accepté ce fait, cela passe plus ou moins bien.
- Deux protagonistes majeurs perdent la vie (apparemment) dans ce tome : Itzak et, à la fin, Guillaume de Lecce.
- Bien aimé l’idée de l’utilisation des mégalithes pour créer une arme climatique.
- Un Igor Kordey en excellente forme et qui livre un travail, pour une fois, quasiment irréprochable.
- Retour d’une couverture digne de celles des débuts, c’est-à-dire, réussie – c’était un peu moins le cas depuis quelques tomes…

Points Négatifs :
- Mais quelle immense coquille que nous a pondu Pécau avec ses explications sur la présence de l’Arche d’Alliance en Sicile : chronologiquement, c’est n’importe quoi et vous vous doutez bien que Frédéric II ne pouvait pas trouver l’Arche avant même de naitre !?
- Cela fait trois tomes que ça dure mais après avoir survoler l’histoire pour s’attarder sur des détails – marque de fabrique du premier cycle – désormais, Jean-Pierre Pécau le fait sur un album, deux ou trois années pouvant s’écouler a chaque fois : on est noyé dans les références, on n’arrête pas de faire des petits bonds dans le temps toute les quatre pages, bref, on passe parfois du coq a l’âne et l’ensemble fait un peu décousue…
- Trop de protagonistes tuent les protagonistes, du coup, il n’y a pas de place pour tout le monde et je ne vous parle même pas de ceux que l’on ne voit plus depuis des lustres ; n’est ce pas Dyo !?

Ma note : 6/10

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