samedi 13 décembre 2008

LES ANNALES DU DISQUE MONDE : LE GUET DES ORFEVRES


LES ANNALES DU DISQUE MONDE : LE GUET DES ORFEVRES

Ça chauffe dans les rues d'Ankh-Morpork. Entre les dragons qui explosent, les meurtres inexpliqués et les feux d'artifice, ça sent le roussi. Le hic, c'est que Sam Vimaire, le chef du Guet, prend sa retraire et se marie avec la richissime Sybil Ramkin. Il doit rendre sa plaque à midi pétante et va avoir besoin d'un petit remontant en voyant ses nouvelles recrues : l'agent Détritus (le troll, très intelligent quand les nuit sont fraîches), l'agent Bourrico (le nain) et l'agent Angua (la belle qui a tout de même un petit air...lupin !) qui viennent grossir les rangs du Guet de nuit pour sa dernière enquête. Celles-ci sera ardue : des morts bizarres, des gens qui le sont encore plus, un petit chien nauséabond doué de parole et une arme mystérieuse. Et le Patricien qui s'en mêle... Il va falloir la jouer fine !

Le quinzième tome des Annales du Disque Monde voit le retour, pour notre plus grand plaisir, du Guet municipal d'Ankh-Morpork. Nous avions laissé le capitaine Vimaire et ses agents, à l’issu de « Au Guet ! », alors qu’ils avaient réussis à débarrasser la plus grande citée du disque de la menace d’une organisation secrète et d’un dragon. Mais après tant d’exploits, nos agents municipaux du guet de nuit pouvaient ils retourner à la routine quotidienne ? Pas aussi simple que cela, comme il fallait s’y attendre. L’histoire débute peu de temps avant que Samuel Vimaire ne quitte son poste afin d’épousée sa bien aimée, Dame Sybil Ramkin, ce qui ne semble pas l’enchanter outre mesure. En effet, celui-ci à énormément de mal à se faire à l’idée qu’il ne doive plus travailler, et, de plus, son guet tant aimé, accueille de nouvelles recrues issues des minorités visibles de la ville : un nain, un troll et une femme ( !). Mais comme les ordres du Patricien ne se discutent pas, les agents « historiques » du Guet doivent faire bon gré mal gré, sauf, comme il fallait s’y attendre, le caporal Carotte (oui, il à été promu entre-temps), toujours aussi enthousiaste. Cependant, des meurtres étranges commencent à avoir lieu, apparemment sans lien au début, mais quelques indices vont rapidement mettre la puce à l’oreille du futur ex capitaine Vimaire et de ses hommes, qui soupçonnent la Guilde des Assassins, de détenir une arme terrifiante : le mystérieux Fousi….

Si, par manque de temps, la lecture de ce « Guet des Orfèvres » fut bien plus longue que d’habitude, ce qui nuit légèrement à l’intrigue, je dois tout de même reconnaître que nous tenons là, une fois de plus, un excellent volume du Disque. Dommage que je n’ai pu le lire d’une traite, comme j’en ai l’habitude, je l’aurais davantage apprécié, mais ce n’est pas une raison pour ne pas le reconnaître à sa juste valeur. Car une chose est certaine, cette deuxième apparition de Vimaire et de ses hommes est tout aussi bonne que la précédente. Terry Pratchett, dans ses œuvres, à l’habitude de dénoncer énormément des travers de notre monde réel, le tout sous couvert d’humour et de personnages loufoques. Et s’est là la preuve de son incommensurable talent : faire rire le lecteur avec des sujets graves. Et ce quinzième tome des Annales n’en manque pas, en commencant par le racisme. Forcement, ici, ce n’est pas de la couleur de peau ou d’origines qu’il est question, mais d’espèces : Humains, Nains, Trolls. Auxquels j’ajoutent les femmes, minorité parmi les minorités dans ce monde fantastique où elles n’ont le choix qu’entre deux professions : épouses ou « couturières » (je vous laisse deviner ce qui se cache sous cette appellation…). Et si, tout au long de l’intrigue, la question du rapport à l’autre est régulièrement mis en avant, avec les éternels préjugés d’abord, l’acceptation de la différance ensuite, d’autres thèmes n’en sont pas en reste, en particulier celui des habitudes d’une communauté, représenté ici par les fameuses guildes, ainsi que la façon d’on ses membres voient et son jugés par le monde extérieur. Et si, il ne faut pas perdre de vu que le principal intérêt de ce « Guet des Orfèvres » est de passer un agréable moment avec une enquête passionnante riche en rebondissements, les thèmes abordés sont si bien présentés et sont tellement imbriqués dans l’histoire, que ceux-ci viennent l’enrichir, incontestablement. Surtout que les sujets présentés plus haut ne sont pas les seuls : opposition entre riches et pauvres pour Vimaire, sentiment de puissance absolue pour le porteur du Fousi et amour à priori impossible entre Carotte et Angua. Alors, c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on se plonge, une fois de plus dans les rues d'Ankh-Morpork, sur les traces du mystérieux meurtrier avec un Guet qui ne ressemble plus vraiment à ce qu’il fut, mené de main de maître par un Carotte royal.

Ce quinzième tome des Annales du Disque Monde ne vous décevra pas, vous avez ma parole. A la fois sérieux et intense, il garde néanmoins l’humour habituel de la série, et ce, malgré des événements dramatiques, car le Guet n’en sortira pas indème, et plus rien ne sera comme avant à l’issu de cette histoire. Un très bon Pratchett qui réussi encore à nous étonner et qui évite de sombrer dans la routine.

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