mardi 9 décembre 2008

JOYEUX NOËL


JOYEUX NOËL

Lorsque la guerre surgit au creux de l'été 1914, elle surprend et emporte dans son tourbillon des millions d'hommes. Nikolaus Sprink, prodigieux ténor à l'opéra de Berlin, va devoir renoncer à sa belle carrière et surtout à celle qu'il aime : Anna Sörensen, soprane et partenaire de chant. Le prêtre anglican Palmer s'est porté volontaire pour suivre Jonathan, son jeune aide à l'église. Ils quittent leur Ecosse, l'un comme soldat, l'autre comme brancardier. Le lieutenant Audebert a dû laisser sa femme enceinte et alitée pour aller combattre l'ennemi. Mais depuis, les Allemands occupent la petite ville du Nord où la jeune épouse a probablement accouché à présent. Et puis arrive Noël, avec sa neige et son cortège de cadeaux des familles et des Etats majors. Mais la surprise ne viendra pas des colis généreux qui jonchent les tranchées françaises, écossaises et allemandes...

Au cours de ses recherches, Christian Carion avait lu l'histoire d'un chat qui circulait d'une tranchée à l'autre et qui, accusé d'espionnage, a été arrêté par l'armée française, puis fusillé en application du règlement. Le cinéaste avait voulu montrer cela dans son film, il a donc tourné cette séquence très dure d'exécution, malgré le refus de certains figurants d'être du peloton. Ayant eu beau leur expliquer que cette scène s'était vraiment déroulée pendant la guerre (et qu'ils tireraient à blanc), ils n'ont pas cédé. Finalement, au montage, le cinéaste a décidé de ne pas garder cette mise à mort. "C'était trop, explique-t-il. Les spectateurs auraient décroché, ils n'y auraient jamais cru alors que c'est arrivé !"

C’est par cette petite anecdote que j’ai trouvée en lisant les secrets de tournage de ce film, que j’ai décidé de commencer la critique de « Joyeux Noël ». A quelques semaines de la fête la plus célèbre au monde, et la plus attendue par les enfants (et les parents), ce sympathique long métrage, véritable co-production européenne, tombait à ravir. Evidement, ce n’est pas la première fois que je l’ai vu. Mais je ne pouvais pas m’empêcher, après une énième diffusion (cinéma, DVD puis télé dimanche dernier), de vous proposer mes impressions personnelles au sujet de ce film.

L’histoire est simple, et avait tout pour me plaire : celle-ci traite des scènes de fraternisation qui eurent lieu, en de multiples endroits du front, la veille de Noël 1914, alors que la Première Guerre Mondiale avait débuté depuis quelques mois. D’ailleurs, si les protagonistes du film sont bien entendus fictifs, toutes les scènes sont réelles, à l’exception de celle de la cantatrice, même si, comme il fallait s’y attendre, elles n’eurent pas toutes lieue au même endroit. Etant un passionné d’Histoire, en règle générale, et m’intéressant depuis fort longtemps à la grande guerre, le film me plut immédiatement, puisqu’il traitait d’un sujet dont j’avais entendu parler, mais qui était véritablement occulté des manuels d’histoire, ou à peine esquissé. Et sincèrement, peu importe que ce soit un film « gentillet », rempli de bons sentiments, peu importe que ce ne soit pas un grand film, une de ces œuvres indiscutables qui marquent l’histoire du septième art. Les acteurs sont néanmoins plutôt bons et surtout, et c’est cela à mes yeux le plus important, ce « Joyeux Noël » nous remémore des événements, qui eurent lieu au milieu de ce qui fut l’une des plus effroyables boucheries de l’histoire de l’humanité, des événements certes surréalistes, mais comment ne pas être émus par ces scènes de fraternisations entre hommes bien plus proches et semblables que ce que la propagande de l’époque prétendait. « Joyeux Noël » est peut être un film sans grande prétention, mais qui vaut largement bon nombre de films dits de guerre, tellement pétris d’héroïsme et de haine de l’ennemi qu’ils en deviennent parfois abjectes. Alors, malgré ses quelques défauts (et encore, être gentil est il un défaut ?), c’est un film à voir, bien évidemment…

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