samedi 15 novembre 2008

THE VISITOR


THE VISITOR

Professeur d'économie dans une université du Connecticut, Walter Vale, la soixantaine, a perdu son goût pour l'enseignement et mène désormais une vie routinière. Il tente de combler le vide de son existence en apprenant le piano, mais sans grand succès...Lorsque l'Université l'envoie à Manhattan pour assister à une conférence, Walter constate qu'un jeune couple s'est installé dans l'appartement qu'il possède là-bas : victimes d'une escroquerie immobilière, Tarek, d'origine syrienne, et sa petite amie sénégalaise Zainab n'ont nulle part ailleurs où aller. D'abord un rien réticent, Walter accepte de laisser les deux jeunes gens habiter avec lui.

Il m’aura fallu deux semaines pour trouver enfin le temps de vous proposer ma petite critique du dernier film que j’ai eu l’occasion d’aller voir au cinéma (dire qu’il y a quelques mois, je vous disais que les occasions d’y aller étaient rares, on peut dire que je me suis légèrement rattraper cette année), The Visitor.
Bien évidemment, comme d’habitude, ce jours là, je n’étais pas vraiment très motivé pour voir un film, d’ailleurs, pour être franc, aucune des séances ne m’attiraient, et, The Visitor pas plus que les autres, loin de là (mais inutile de revenir sur mes éternels a priori sur certains films, après tout, il vous suffit de relire le début de ce post : http://feanor-journal.blogspot.com/2008/09/l-empreinte-de-l-ange-alors-quelle.html pour que vous vous fassiez une petite idée de la façon dont je peut être exécrable lorsque j’ai à choisir un film…).

Comme vous l’avez compris, ce fut donc en traînant les pieds que je du me résoudre a aller voir ce film et, alors que je n’en attendais pas grand-chose, en sortant de la salle, près de deux heures plus tard, je n’étais pas loin d’avoir le sentiment d’avoir tout bonnement regarder « le » film de l’année ; rien que ça !
Bien entendu, avec ce genre de phrases en préambule d’une critique, il est inutile de se demander si j’ai aimé ou détester The Visitor. Il me semble que la réponse est évidente. Mais alors, qu’est ce qui a put me faire changer d’avis aussi radicalement ?

A la base, on ne peut pourtant pas dire que le synopsis du film sois vraiment aguichant pour le profane : un type rentre chez lui et, oh surprise, s’aperçois qu’un couple à emménager dans son appartement à son insu. Franchement, pour quelqu’un qui n’avais jamais entendu parler de ce film, il était impossible de se faire une idée claire et précise sur le contenu même de celui-ci.
Or, ce qui pouvait apparaître comme un défaut (d’où le fait que je râlais, m’attendant a m’ennuyer ferme devant une énième comédie a l’américaine) s’avéra, à mes yeux plutôt positif puisque, du coup, la surprise n’en fut que plus agréable.
Et en parlant de surprise, The Visitor en est pourvu tout au long du déroulement de son intrigue. Certes, nous ne nous trouvons pas devant un film d’action ou les rebondissements sont légions (et c’est tant mieux), mais ils existent bel et bien, mais ce, de façon bien plus subtile et, a chaque fois, nous entraînant nous, spectateurs, et les protagonistes de l’œuvre dans des directions totalement imprévisibles auquel l’on ne se serait pas attendu quelques minutes plus tôt.
Car effectivement, a moins d’avoir lu des critiques détaillées avant le visionnage, qui aurait pu se douter une seconde de ce qui allait arriver a ce vieux professeur désabusé et aigri et ce jeune couple de clandestins qui occupaient son appartement.
Évidement, l’on se doute bien que des liens vont se créer entre eux, et que certaines mentalités vont s’adoucir. Et d’ailleurs, la première partie du film pourrait être qualifiée d’agréable divertissement, sans plus.
Mais c’est à la suite d’un événement a priori anodin et inattendu que tout bascule pour nos personnages et que The Visitor dévoile alors toute sa qualité indéniable : car ce qui n’étais alors que des jours heureux et simples, se transforme petit a petit en véritable cauchemar d’on l’issue, pourrait bien être fort cruelle.
Alors on veut bien espérer jusqu’au bout, surtout que quelques éclaircies amoureuses pointent le bout de leur nez, et du coup, on ne peut qu’avoir de plus en plus peur pour le destin de ces quelques personnes qui, au début tout séparait et qui se sont vite liées d’amitié (et plus) uniquement par le simple fait de s’être rencontrés.

Mais pour ce qui est de vous dévoiler la fin de l’histoire, ne comptez pas sur moi (déjà que je ne vous ai pas dit grand-chose sur l’intrigue même…), cela serait vous gâcher tout le plaisir que vous aurez a coup sur en allant voir ce fort beau film, très bien jouer par d’excellents acteurs qui, sans être vraiment connus auront réussis a me toucher, sincèrement.
Un film intelligent et juste, qui donne énormément à réfléchir sur certaines réalités de nos sociétés actuelles (en particulier, vous l'aurez devinez, sur le sort peu enviable des clandestins) et sur la seule chose que souhaite un homme ou une femme qui quitte son pays d’origine pour un ailleurs qu’il espère forcement meilleur : tout simplement travailler et vivre tranquillement sa vie, sans faire de mal à personne.
Mais un film qui nous narre également les sentiments et les liens qui peuvent naître entre des gens issus de cultures et de milieux que tout pourrait opposer, une oeuvre qui nous pousse a nous ouvrir aux autres et a oublier nos préjugés envers ceux qui sont différents.

The Visitor, vous l’avez compris, est un film à voir absolument, pour moi, c’est incontestablement le film de l’année 2008.
Un film qui m’a presque fait pleurer (j’ai bien dit « presque ») et, surtout, pour la première fois de ma vie, la vision d’un drapeau américain, vers la toute fin, ne m’a pas donner les nausées habituelles, car, pour une fois, le symbolisme était bien loin de ce à quoi l’on nous a trop souvent habituer (le pays de la liberté etc...), et, du coup, ce fut la petite cerise sur le gâteau car les États Unis ne sortent pas grandis avec ce long métrage, mais l'on pourrait en dire autant de n'importe quel autre pays occidental.
Cependant, comme tout n'est ni blanc, ni noir, il est indéniable que, en sortant du cinéma, le spectateur ne peut que réfléchir sur les différents thèmes abordés (immigration clandestine, détention avant l'inévitable expulsion du territoire, machine judiciaire implacable et parfois inhumaine) et se dire que, incontestablement, la ou les réponses ne sont pas simples a trouver (pour citer Michel Rocard, "peut on accueillir toute la misère du monde ?")...

Je vais me répéter mais, pour une fois, oubliez les éternels films d’actions bidons qui se ressemblent tous, oubliez les films français, oubliez les films « comiques » ou d’horreur et allez donc voir un film intelligent et passionnant : The Visitor.

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