lundi 16 juin 2008

LA LUNE SEULE LE SAIT


LA LUNE SEULE LE SAIT

Printemps 1889. Un vaisseau hybride de chair et de métal fait irruption dans le ciel de Paris, stupéfiant la foule venue célébrer la clôture de l'Exposition universelle. L'humanité entre en contact avec les extraterrestres Ishkiss et découvre une technologie qui surpasse ses rêves les plus fous. Dix ans plus tard, l'Europe s'est transformée grâce à l'alliance rendue possible entre la vie et le métal. Pourtant, la révolte gronde, menée par les artistes et les écrivains exilés en Amérique. La science fabuleuse apportée par les créatures d'outre-espace est devenue un instrument d'oppression entre les mains de l'Empereur français. Les droits des peuples sont bafoués, les opposants déportés grâce à la nef Ishkiss vers le nouveau bagne que Louis Napoléon vient d'inaugurer dans les entrailles de la Lune. Quels sont les véritables desseins des alliés du maître de l'Empire ? La réponse offre la clé de l'éternité. Un seul homme sur Terre est peut-être capable de l'entrevoir : celui dont les rêves à présent dépassés ont à longueur de pages fasciné ses semblables…

La SF francophone est décidément promise a un bel avenir avec des auteurs comme Thomas Day, Xavier Maumejean ou, dans le cas qui nous intéresse ici, Johan Héliot qui signe, avec cette La Lune seul le sait une œuvre remarquable qui nous transporte de plein pied dans l'aventure avec un grand A, celle de Jules Verne auquel l'auteur rend un brillant hommage. Uchronie, Steampunk, peut importe les termes que l'on utilise (et puis, qu'est ce que le Steampunk qu'une Uchronie se déroulant au 19em siècle avec de la vapeur ?), ce qui transparaît le plus dans cette œuvre, c'est sa ressemblance avec celles du plus grand auteur de littérature fantastique Français, l'un des pionniers de la SF avec Wells. Au point de faire de lui le personnage principal du récit; chose qui m’avait un peu rendu perplexe au départ mais qui finalement, s’avéra être une bonne trouvaille. Après tout, qui d' autre que le grand Jules Verne pouvait mieux nous retranscrire ce voyage sur la Lune et cette technologie venue d' ailleurs? En parlant de celle ci, il ne serait pas faux de dire qu'elle est des plus exotiques et je dois avouer qu'au fil de mes innombrables lectures, j’ai rarement trouvé plus étrange. Mais comme cela pouvait être le cas dans Voyage au centre de la terre, 20 000 lieux sous les mers ou bien De la Terre a la Lune, on se doute bien que ce que l'on nous décrit n'est pas possible, mais l'on y croit, et c'est la un tour de force que Johan Héliot réalise avec ses descriptions détaillées de ces vaisseaux-organiques qui naviguent dans l'espace, ces insectoides porteurs de messages ou de cavaliers ou bien, cet espèce de poulpe qui permet aux humains de pouvoir sortir sans encombre a la surface de notre satellite. Mais si Jules Verne est incontestablement le héros de ce livre, d’autres personnages plus ou moins réussis nous accompagnent au fil des pages et si certains sont réels comme Louise Michel, Victor Hugo ou Napoléon III, les autres, sortis tout droit de l'imagination de l’auteur ne sont pas en reste, même si je les ais trouvé légèrement caricaturaux. Pour en revenir a Napoléon III, si souvent décrié, raillé (Napoléon le petit) et jugé comme un faible, c'est une belle surprise de le retrouver métamorphosé en tyran impitoyable qui domine l’Europe d’une poigne de fer, même s'il n’a plus vraiment toute sa tète ni tout son corps d' ailleurs (mais chut, j’en aie trop dit...)

L’oeuvre en elle même peut être divisée en deux parties; une première assez longue ou les personnages, l'intrigue et ses éléments se mettent doucement en place et ou Johan Héliot fait la part belle aux nombreuses descriptions nécessaires de cette toute fin de 19em siècle si diffèrent du notre. La deuxième est certes plus courte mais les évènements s’emballent alors a une vitesse folle au point que l'on a énormément de mal a lâcher le livre tant que l’on n’est pas arrivé a la dernière page. Évènements que l'on suit alternativement sur la Lune, la ou se déroule la majeure partie de l’action mais également sur Terre et je peux vous certifier que si certains peuvent trouver le début du livre un peu longuet, sa fin est suffisamment haletante pour satisfaire tout a chacun.

Avant de finir, j'avais écrit un peu plus haut que cette œuvre était un bel hommage a Jules Verne et a ses œuvres, mais il l' est aussi aux Communards dont la révolte en 1848 est a mes yeux un petit peu oublié de nos jours, comme si, nos manuels scolaires faisant la part belle a 1789, avaient oubliés que le 19em siècle qui s'ensuivit fut émaillé de multiples révolutions en France. Quoi qu’il en soit, nous voila au final avec une bonne petite Uchronie qui aura su me faire passer un agréable moment. A voir a présent si sa suite, La Lune n’est pas pour nous est dans la même veine?

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