vendredi 23 mai 2008

PAVANE


PAVANE

Si la reine Elisabeth Ière avait péri en 1588 sous le couteau d'un assassin, si l'Invincible Armada avait triomphé de la tempête et vaincu, l'Histoire aurait suivi un autre cours où la papauté l'aurait emporté, où le progrès technique aurait été condamné comme démoniaque. Au XXème siècle, des locomotives à vapeur tirant jusqu'à cinq wagons disputent les routes aux cavaliers; les nouvelles sont transmises par des réseaux de sémaphores; on chasse les sorcières et les seigneurs féodaux appuient leurs révoltes sporadiques de sciences impies et hérétiques comme l'électricité et la chimie. Mais l'Histoire, imperturbable, entraîne dans sa pavane peuples et rois, humbles et riches, filles et garçons.


Pavane
Auteur : Keith Roberts
Type d'ouvrage : Uchronie
Première Parution : 26 octobre 1968
Edition Française : 16 avril 2008
Titre en vo : Pavane
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Frank Straschitz
Editeur : Le Livre de Poche
Nombre de pages : 384

Mon avis : Très beau livre que ce Pavane. Comme la danse du même nom, nous voila face a une œuvre qui avance lentement, prenant le temps de s'arrêter sur des extraits de vie de plusieurs personnages, qui, a première vue, n’ont aucun lien entre eux alors que l'on se rend compte, au fil de la lecture, que c'est tout le contraire, tant chaque chapitre a son importance dans le dénouement et la compréhension du récit. Certains y voient un assemblage de courtes nouvelles, dans un univers ou l'Église Catholique a maintenue toute sa splendeur et sa puissance depuis sa création ; je ne vois pas la chose ainsi. Tout d'abord, des liens existent entre la plupart des protagonistes, des liens familiaux pour certains, et ce, dans un déroulement du récit étalé sur plusieurs décennies. Mais, ceux qui a priori n'ont rien à voir (et je pense la, par exemple a Rafe Bigland), justifient leur présence dans le texte par les descriptions du mode de vie de cet univers, ou pour narrer des moyens de transports ou de communications qui lui sont propre. Œuvre tragique et triste, on se prend facilement d’affection pour ces héros, bien malgré eux, qui se contentent de vivre leur vie, pour certains, ou de marquer l'Histoire, de part leur prise de positions. Dans cette Uchronie ou règne l'Église Catholique, l'ancien peuple n'a pas disparut et sa présence se fait sentir, comme si, sans les lumières et la raison du 18em siècle, elfes, fées ou lutins n’avaient aucune raison de disparaître puisque les hommes croient encore en eux. Pour ce qui est des avancées scientifiques, elles sont très limités, Rome y veillant, et le Moyen Âge semble ainsi se prolonger indéfiniment. Mais, pour ceux qui y verraient un rôle néfaste de l'Église, les dernières lignes les feront peut être changé d'avis, surtout si l'on compare l'Histoire de cet univers, a notre vingtième siècle et a ses boucheries et a ses génocides. Indéniablement, Pavane est une œuvre a part : on n'y sauve pas le monde, les personnages principaux n'aspirent qu'a vivre et ont des préoccupations a priori banales, mêmes si ce dont de doux rêveurs. Mais l'on en tombe amoureux, tout simplement, un peu sans comprendre et par surprise. Et cela est le plus important....


Points Positifs :
- Le genre uchronique peut accoucher du pire comme du meilleur et, indéniablement, il me parait évidant qu’avec Pavane, Keith Roberts nous a offert l’un des plus beaux fleurons du genre : le point de divergence est bien trouver (l’assassinat de la Reine Elisabeth ce qui entraine le retour en force du catholicisme en Grande-Bretagne), une histoire différente de la notre et que l’on découvre par le biais de la vie quotidienne de plusieurs personnages et, la surprise du chef, a la fin, lorsque l’on se rend compte que malgré les apparences, cet autre monde serait probablement plus enviable que le notre…
- Justement, le fait que les personnages de ce roman n’aient pas de monde à sauver ou autres platitudes du même genre est indubitablement un bon point. Ce sont des gens du commun qui se contentent de vivre leur vie, et c’est tant mieux, surtout pour l’histoire du monde qui devient le sujet principal de cette œuvre.
- Par le biais de l’Eglise, le monde de Pavane n’a pas évolué autant que le notre ?! Certes, mais comme je l’ai dit, au final, le prétendu « grand méchant » aura empêché bien des tragédies…

Points Négatifs :
- Je reste tout de même dubitatif quand a l’intérêt de la présence du peuple féerique. Certes, celui-ci n’est pas gênant en soit, mais bon, on se serait parfaitement passés d’eux sans le moindre problème.
- L’Eglise est tout de même présentée, malgré le final, comme un empêcheur d’inventer en rond ; un peu réducteur tout de même !
- La lecture de Pavane pourra gêner certains lecteurs, principalement dut au fait qu’il n’y a pas de véritables héros mais plutôt une foule de protagonistes qui se succèdent, sans que ces derniers soient véritablement marquants.

Ma note : 8/10

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