vendredi 9 mai 2008

ÉVOLUTION


ÉVOLUTION

Sur Terre, il y a soixante-cinq millions d’années. Alors que les dinosaures règnent en maîtres sur le monde, un petit mammifère appelé Purga lutte pour survivre. Sa principale occupation est de trouver de la nourriture pour elle et ses petits. Cela aurait pu continuer ainsi pendant plusieurs millions d’années, mais la chute d’un météore va tout bouleverser. L’écosystème subit de grandes mutations, les dinosaures s’éteignent, l’évolution est en marche... La fabuleuse histoire de l’humanité, comme vous ne l’avez jamais lue !


Évolution
Auteur : Stephen Baxter
Type d'ouvrage : Science-Fiction
Première Parution : 30 novembre 2002
Edition Française : 9 janvier 2008
Titre en vo : Evolution
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Dominique Haas
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 1000

Mon avis : Indéniablement, ces dernières semaines auront été marquées par Stephen Baxter ; l’auteur, connu pour ses œuvres dites de « hard-science », c’est-à-dire, une science-fiction précise, probable et où l’on sent le coté scientifique de la chose, très loin des poncifs du genre, et qui, au demeurant, peut en rebuter plus d’un qui jugera tout cela particulièrement chiant et pénible à lire, nous entraine cette fois ci, après nous avoir offert avec Les vaisseaux du temps, une belle suite à La machine à explorer le temps, dans la plus fantastique histoire qui ne fut jamais compter : la nôtre ! En effet, ici, Stephen Baxter nous narre l’histoire (romancée) de notre évolution, depuis notre ancienne ancêtre connu, un petit purgatorius du nom de Purga et qui vivait à l’époque des dinosaures, et ce, jusqu'à la dernière de nos descendantes, imaginée par l’auteur, du nom d’Ultima (oui, il ne s’est pas spécialement foulé pour le nom mais après tout, pourquoi pas ?) 500 millions dans le futur. Romancé, donc, comme je vous l’ai dit, mais plausible. Voilà ce qui fait la différence et la réussite d’Évolution. Stephen Baxter nous propose donc de suivre, au fil du roman l’Histoire de l’Humanité telle qu'elle aurait pu être, en nous montrant, à chaque chapitre, des scènes de vie de nouveaux personnages à diverses époques de notre très longue évolution. Ainsi, de la petite Purga, la contemporaine des dinosaures, notre ancêtre la plus éloignée a Ultima, qui vécut dans un lointain futur sur une Terre mourante en passant par Noth, Vagabonde, le vieux Capo, Loin, Galet, l’incroyable et parfois terrifiante Mère, Jahna et tant d'autres, c'est un long fil conducteur évolutif qui nous narre des évènements aussi importants que la survie à la fin du Crétacé suite à la catastrophe qui mit fin au règne des dinosaures, le règne des mammifères qui s’en suivit, les bouleversements climatiques, la séparation entre les lignées qui donnèrent les singes actuels et les hommes, les premiers outils, l'invention de la religion, de la parole mais aussi, le début des inégalités, de la mainmise de l’homme sur l’environnement etc. Mais, car Stephen Baxter n’en reste pas là, également, une fin possible pour notre civilisation. Celle-ci, forcément, est imaginée, et certains pourront tiquer quant à ce qu’il nous propose : la fin de notre civilisation et la dégénérescence qui suivit pour nos descendants. Cependant, elle n’en reste pas moins plausible, et ce, même dans ses caractéristiques les plus extravagants de prime abord. Et, justement, c’est cela la grande force de Stephen Baxter : la plausibilité de son récit. Car l'auteur, s'il s'est bien documenté sur nos ancêtres, et sur la préhistoire en général, n'en n'oublie pas qu'il nous propose un roman et non une thèse comme il le rappelle lui-même à la fin du récit et il se permet quelques libertés avec les connaissances actuelles tels que les majestueux Cachalots des airs, les derniers dinosaures vivant en Antarctique, mais surtout sur une espèce de dinosaures évolués du Jurassique qui chassaient les grands sauropodes avec des lances, comme les Mammouths purent l’être il y a quelques milliers d'années par l’Homme. Ces « inventions » de Stephen Baxter, déplairont à bon nombre de lecteurs ainsi qu’aux spécialistes de la préhistoire, cependant, ces fameuses libertés, aussi incroyables sont-elles, demeurent du domaine du possible ; ne serais ce que, finalement, il faut bien que nous nous mettions une bonne fois dans la tête que nous ne saurons jamais tout sur les diverses espèces qui nous précédèrent et que la plupart resteront toujours dans l'oubli... Stephen Baxter joue bien évidement là-dessus, mais doit-on pour autant lui en tenir rigueur ? Après tout, comme il le précise lui-même : Évolution est un roman et non une thèse scientifique. Évolution est donc, vous l’avez compris, un très bon livre. J’ai eu énormément de mal à décrocher avant les dernières lignes et si, les divers personnages, très nombreux et variés, ne sont pas tous au même échelon, niveau charisme, au final, non seulement ils s'avèrent tous nécessaires pour l’intrigue, mais qui plus est, attachants de par leurs faiblesses et leur simplicité : après tout, la seule chose que souhaitent Purga, Capo, Mère ou Galet, ce n’est que de vivre le moins péniblement possible et transmettre leurs gènes. A présent que cela fait quelques jours que j'ai achevé sa lecture, j'ai encore énormément de mal à oublier certains chapitres qu' y m'ont très marquer comme, par exemple, celui qui est peut être le principal, Purga et la disparition cataclysmique des dinosaures après la chute du météore, « la queue du diable » ; mais également celui sur la fin de l'Empire Romain, certes court mais qui, par ce qui en ressort, nous apparait comme tellement contemporain, sans oublier, bien entendu, le dernier, avec la disparition des derniers êtres vivants tandis que les bactéries quittent notre planète agonisante allant apporter la vie, ailleurs, dans l'Univers.... Une fin très poétique pour une œuvre inoubliable à mes yeux et qui m’a redonner envie de me replonger dans mes vieux livres sur la préhistoire...


Points Positifs :
- Avec Évolution, Stephen Baxter ose se lancer dans une épopée plutôt casse-gueule – après tout, il s’agit, ni plus ni moins, que de l’Histoire de notre espèce qui va de notre plus lointain ancêtre a notre ultime descendant – or, non seulement on est rapidement captiver par le récit et les nombreuses histoires qui le parsèment, mais en plus, tout cela est traiter de façon si sérieuse qu’on finit presque par y croire, ce qui, ma foi, est une gageure.
- Justement, les connaissances du sujet de l’auteur permettent que l’on obtienne au final un ouvrage certes romancée mais qui n’en reste pas moins sérieux et crédible.
- Baxter nous offre une multitude de portraits tout au long du roman et même si toutes ne marquent pas autant les esprits, force est de constater que l’on s’attache rapidement aux nombreux protagonistes qui vont et qui viennent dans la longue, très longue histoire de l’humanité.
- Une petite préférence pour Purga, notre plus ancienne ancêtre, mais bon, dans l’ensemble, quasiment tous les personnages possèdent un petit quelque chose qui fait qu’on s’y attache.
- Particulièrement apprécier le chapitre sur la chute de l’Empire Romain et qui nous renvoi tellement a notre société occidentale décadente…
- Stephen Baxter ose quelques inventions, propose des hypothèses pour le moins osées, cependant, force est de constater que celles-ci passent plutôt bien.

Points Négatifs :
- Il se peut que certains n’apprécient guère les quelques inventions de l’auteur comme les dinosaures évolués qui chassent les sauropodes, la dégénérescence de l’espèce humaine, etc.
- L’intrigue sensée se déroulée plus ou moins a notre époque et que l’on suit en parallèle des autres est, de mon point de vu, bien moins intéressante.
- Reconnaissons que Évolution est une œuvre un peu spéciale à lire et que certains risquent de ne pas accrocher à ses multiples sauts dans le temps.

Ma note : 8,5/10

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