vendredi 18 avril 2008

TANÂTOS – L’ANNÉE SANGLANTE


TANÂTOS – L’ANNÉE SANGLANTE

L’homme aux mille visages… Le crime comme raison de vivre, La mort pour alliée... Tanâtos, surnommé « Le fils de la mort » ou encore « L’homme aux mille visages », entre en scène en décembre 1913 alors que Raymond Poincaré est président de la République, Gaston Doumergue, président du Conseil. Les socialistes, conduits par Jean Jaurès, qui croient encore pouvoir éviter la guerre, combattent les ardeurs belliqueuses du gouvernement. Le malfaiteur souhaite se servir de ce climat favorable à la guerre pour devenir l’homme le plus riche du monde. Sa science du déguisement, ses moyens illimités, son intelligence exceptionnelle, sa totale absence de compassion, lui permettent d’imaginer crimes et machinations avec une parfaite indifférence pour ses victimes. Deux hommes, Bernin, commissaire de la Police Judiciaire, et Louis Victor, brillant détective de l’agence Fiat-Lux, se dressent avec courage face à celui qui veut devenir le Maître du Monde…


Tanâtos – L’Année Sanglante
Scénario : Didier Convard
Dessins : Jean-Yves Delitte
Couleurs : Frédérique Avril
Couverture : Jean-Yves Delitte
Editeur : Glénat
Genre : Polar, Science-Fiction, Uchronie, Steampunk, Historique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 10 octobre 2007
Nombre de pages : 54

Mon avis : C'est a la lecture de ce premier volume de Tanâtos, œuvre de Didier Convard et de Jean-Yves Delitte, dont l'action se déroule a l’orée de la première guerre mondiale, que je me dis que, incontestablement, j'ai depuis quelques temps une préférence pour la bande dessinée dite franco-belge au détriment des comics et des mangas (une préférence, je ne nie pas les qualités de ceux-ci). Certes, ce n'est pas la première fois que je m'en rends compte mais il me plaît à me le rappeler, surtout après une si agréable lecture. Tout d'abord, je dois avouer que ce fut une bonne surprise, je ne connaissais ni le scénariste (c'est par la suite que je me rendis compte qu’il s'agissait du créateur du Triangle Secret), ni le dessinateur et, pour ce qui est des critiques, je n'en avais lu aucune. Quelques pages feuilletées, un « génie du mal » digne de Fantômas vêtu comme un personnage de comics, une action se situant à une époque qui a toujours éveillé mon intérêt, il n'en fallait pas plus pour me décider. Et je n'ai aucun motif de le regretter. L’histoire n'est peut être pas des plus originale mais elle tient bien la route avec des petits cotés Steampunk-Uchroniques non négligeables et j'avoue m'être passionné a suivre l'intrigue mêlant personnages réels et complots politico-industriels. Ce Tanâtos n'est certes qu'une copie conforme du déjà nommé Fantômas (mais avec un soupçon de Batman) : art du déguisement, base secrète, engins perfectionnés pour l'époque, folie des grandeurs, mais, il a tout de même un certain charisme et il gagnerait à être un peu plus connu. A part le fait qu'il dispose d’importants moyens pour son organisation et que son but dans la vie est d'amasser le plus d'argent possible, on ne sait rien de lui. Mais bon, parfois, il est peut être préférable que les personnages mystérieux le restent, ce qui évite le syndrome Wolverine chez Marvel, et ainsi garder tout leur intérêt. Pour ce qui est des autres protagonistes, Bernin et Louis Victor, en quelques sortes les héros de l’histoire, sont bien évidement les plus travaillés même s’ils ne sont pas vraiment charismatiques. Il y a également « Tue la peur », l'un des sous fifre de Tanâtos, qui joue un rôle important et qui n'a pas grand chose a leurs envier, quoi que je le trouve un peu trop stéréotypé a mon gout. Coté dessins, rien à redire, sauf peut être une trop grande ressemblance entre certains personnages, ce qui peut être gênant parfois mais rien de dramatique. De plus, le Paris de l'avant guerre est assez bien représenté donnant l'impression au lecteur de s'y plonger dans un merveilleux voyage dans le temps. Il y a bien quelques anachronismes, certes, mais ceux-ci sont assumés, scénaristiquement parlant. Après, cela reste un premier album avec tous les défauts et les qualités que l’on peut s’attendre a trouver lorsque débute une œuvre, c’est-à-dire, que pour le moment, l’auteur met son intrigue en place, présente ses personnages et qu’il faudra se faire une idée précise du potentiel de cette BD par la suite, mais bon, au final, malgré quelques petits détails insignifiants, Tanâtos est une œuvre réussie, à l'intrigue prometante et qui mérite que l'on s'y intéresse par ses petits cotés Brigade du Tigre contre Fantômas...


Points Positifs :
- Un énième génie du mal, vous trouvez cela peu original ? Certes, cependant, force est de constater que ce bougre de Tanâtos possède un sacret potentiel : mélange de Fantômas et de Batman, expert en déguisements en tous genres, possédant une science en avance sur son temps et agissant dans l’ombre, nous avons là un méchant comme on les aime !
- Le lieu, l’époque, ce qui va arriver – car on se doute bien que les plans de Tanâtos ont quelque chose a voir avec la première guerre mondiale – d’entrée de jeu, l’intrigue promet beaucoup et on a hâte de découvrir la suite !
- Mine de rien, il y a tout de même un sacré travail de recherche de la part des auteurs : personnages, dialogues, ambiance générale, publicités, objets, on s’y croirait presque !
- Dans l’ensemble, Jean-Yves Delitte livre des planches assez correctes voir excellentes par moments.

Points Négatifs :
- Tanâtos brille tellement que les autres protagonistes ont bien du mal à exister face a lui car bon, comment dire, on ne peut pas dire, pour le moment, que Louis Victor soit franchement charismatique…
- Je ne suis pas sur qu’une bande dessinée soit l’endroit où il faut régler ses comptes. Dans le cas présent, Didier Convard en veut énormément (a tord ou a raison, je m’en moque) a pas mal de personnes et tire dans tous les sens dans les cases qui nous montrent des journaux. Procédé, selon moi, limite ridicule.
- « Un homme à sodomiser son chien » Mouais, c’était censé être de l’humour !?
- Les expressions d’époque sont tellement nombreuses que par moments, celles-ci peuvent gêner un peu la lecture ; mais bon, mieux vaut cela que de l’anachronisme.
- Certes, Jean-Yves Delitte se débrouille bien mais bon, pour ce qui est des visages des personnages, je trouve qu’ils sont un peu trop ressemblants.
- Hum, en 1913, Jaurès avait une barbe et des cheveux aussi noirs ?!

Ma note : 7/10

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